Mélisande Corriveau, directrice artistique de l’Harmonie des Saisons.

Le Requiem de Mozart en cadeau

Après avoir interprété, l’an dernier, le grandiose Messie de Haendel, l’Harmonie des Saisons a choisi, cet automne, une autre oeuvre magistrale et de circonstance : le Requiem de Mozart.

Le Requiem est non seulement la dernière œuvre sur laquelle s’est penché Wolfgang Amadeus Mozart avant sa mort, elle est aussi l’une de ses plus célèbres. « Parmi les grandes messes chorales, c’est, je crois, la plus connue et la plus exécutée. On ne fait pas dans l’originalité ! », lance la directrice artistique de l’Harmonie des Saisons, Mélisande Corriveau, avec un sourire dans la voix.

Peut-être, mais l’Harmonie ne fait pas non plus dans la facilité. Année après année, son choix musical est dicté par la minutie et le goût du défi. Pour le Requiem, par exemple, les musiciens utiliseront des instruments d’époque, avec l’intention avouée de recréer le son et l’ambiance qui prévalaient en 1791, l’année où Mozart a composé son œuvre. Les trompettes, les timbales, les trombones, les clarinettes, les archets... tous seront d’origine. Même la note « la » sera plus basse, comme on la jouait à cette époque.

« La qualité de son est différente. Ce n’est pas brillant comme un orchestre, qui est fort et percussif. C’est beaucoup plus moelleux, plus doux. C’est un beau cadeau de recréer cette œuvre dans les conditions et les instruments du temps, affirme Mme Corriveau. Ça donne un cachet splendide. Il y a quelque chose de charmant et de très poétique à se rapprocher du compositeur en se servant de ces instruments rares... Ça ressemble à un voyage dans le temps. »

L'Harmonie des Saisons et ses invités l'an dernier.

45 personnes sur scène

Dans ce voyage, le public sera accompagné de 25 musiciens professionnels d’ici et d’ailleurs, des solistes Hélène Brunet, Caroline Gélinas, Marc Boucher et Mark Bleeke, ainsi que de 16 choristes triés sur le volet par l’Harmonie et rompus au répertoire ancien.

Dirigés par le chef Eric Milnes, ils ont mis près d’une année pour perfectionner ce récital, avec le support du Festival Classica.

Le résultat remplit déjà Mélisande Corriveau de fierté. Elle mentionne que la puissance du Requiem, interprété par des musiciens et choristes « en pleine possession de leurs moyens » n’est pas bien loin d’une expérience spirituelle. « C’est un moment de grâce. » Et présenter le Requiem au beau milieu du mois de novembre n’est pas le fruit du hasard, indique-t-elle. « C’est le mois des morts, un mois d’introspection, c’est le moment parfait pour ça. » La concertiste refuse toutefois d’y accoler une atmosphère de tristesse. « Au contraire, c’est chatoyant et riche. Il n’y aura rien de déprimant dans ce concert, croyez-moi ! »

Le Requiem de Mozart fera l’objet d’une tournée automnale qui l’amènera à Saint-Lambert, Granby, Saint-Constant et Boucherville.

Le récital granbyen sera présenté le samedi 17 novembre à 14 h à l’église Sainte-Famille.