La délégation de l’Université de Montréal compte 40 membres. Elle est la plus nombreuse à se rendre dans la Grosse Pomme cette année.

Le goût du Japon... à New York

Exit les geishas, les cerisiers et les sushis. C’est à coups de politique internationale, de traités et d’ententes que deux jeunes femmes de la région se mettront dans la peau de Japonaises. Elles feront partie de la Délégation de l’Université de Montréal à New York qui prendra part, du 24 au 28 mars prochains, à la prestigieuse simulation annuelle de l’Organisation des Nations Unies.

Il s’agit d’une troisième participation en tout autant d’années pour Élisabeth Dionne, candidate pour le Parti vert du Québec dans Brome-Missisquoi à l’élection provinciale de l’an dernier. Une expérience qui l’a menée à prendre part à des négociations, à débattre ainsi qu’à rédiger et prononcer des discours devant des centaines de personnes.

Cette fois-ci, la Bromontoise titulaire d’un baccalauréat en études internationales sera à la tête de la délégation comptant 40 membres, la plus nombreuse à se rendre dans la Grosse Pomme cette année.

«C’est vraiment une belle expérience, explique Élisabeth. De manière générale, ça te permet de mettre en pratique ce que tu apprends dans le cadre de tes cours. Tu appliques la théorie apprise en relations internationales, les différentes conventions...»

La Césairoise Michelle Hurdle est aussi du groupe, elle qui sera de l’aventure pour une toute première fois. «Je viens y chercher une expérience pratique et du travail d’équipe pour aller au-delà de mes cours, explique l’étudiante en relations internationales. Ça pourrait m’être utile dans mon futur choix de carrière, surtout si je choisis de m’orienter vers la diplomatie.

Préparation intensive

La National Model United Nations est une simulation qui se déroule chaque année depuis des décennies dans les bureaux de l’ONU, à New York. Il s’agit de l’une des plus grandes et prestigieuses simulations des Nations Unies et la seule officiellement parrainée par l’ONU. Les pays membres et différentes organisations non gouvernementales y sont représentés par environ 6 500 étudiants provenant de plus de 440 collèges et universités du monde entier.

Chaque délégation représentera un pays lui étant assigné. En duos, les membres prendront part à différents sous-comités et devront préparer la prise de position de leur pays sur trois sujets préalablement retenus.

Michelle, par exemple, siégera sur le comté ECOSOC, qui traitera d’économie, d’environnement, de pauvreté, des conditions de vie des femmes, de technologie et de l’égalité des chances dans divers pays du monde. «C’est un comité qui touche à tout et qui me permet d’apprendre sur plusieurs sujets auxquels je ne me serais pas nécessairement intéressée par moi-même», commente-t-elle.

Préparation intensive
Alors qu’en 2017 et en 2018, la délégation de l’UdM avait représenté les États-Unis et la Russie, c’est le Japon qu’incarneront les Québécois. «On voulait se tourner vers un pays d’Asie, un pays qui était très impliqué dans la coopération internationale et qui représentait les valeurs de la délégation.

Seuls trois membres de la délégation sont déjà allés au Japon. Afin d’être prêts à rendre les positions du pays du soleil levant, d’innombrables heures de recherche ont été nécessaires. «Il fallait devenir familiers, même des experts du Japon!» lance Élisabeth.

La délégation est allée rencontrer le consul général du Japon à ses bureaux de Montréal pour en savoir davantage sur la culture et les politiques de cette contrée lointaine. De plus, les étudiants se rencontrent à raison de trois heures chaque semaine pour simuler ce qu’ils vivront en mars. En prévision de ces rencontres préparatoires, ils doivent également faire des recherches sur plusieurs thématiques et rédiger des prises de position en ligne avec celles qu’émettrait le Japon sur ces sujets.

«Ça influence notre manière de travailler, indique Michelle. Par exemple, l’an dernier, le fait d’incarner la Russie était plus ardu au niveau des relations diplomatiques.»

C’est sans compter le temps investi dans plusieurs collectes de fonds et la quête de commanditaires. Car pour financer son voyage, la délégation doit amasser la coquette somme de 42 000$.

«Le 15 février, on doit faire un premier déboursé de 36 000$ américains, indique Élisabeth. En mars, on paiera ce qu’il reste pour les autobus.»

Michelle Hurdle, de Saint-Césaire, sera du groupe pour une toute première fois.

Une page GoFundMe (https://www.gofundme.com/delegation-de-l039udem-a-l039onu) a été mise en place pour réunir les quelques milliers de dollars restants pour atteindre l’objectif.