Dans son dernier bouquin intitulé La lionne sortie de la pénombre, Anny Schneider s’ouvre sur son histoire unique d’ex-hippie assoiffée de liberté, d’Alsacienne immigrée et de junkie devenue auteure, conférencière, herboriste respectée et poétesse.

Le côté félin d'Anny Schneider

De la générosité et de l’authenticité, des traits qui la caractérisent, Anny Schneider en a semé partout dans son dernier bouquin. Après dix ans de labeur, l’auteure, conférencière, herboriste et poétesse lance cette semaine La lionne sortie de la pénombre. Une autobiographie « loin de l’ego trip » dans laquelle elle dévoile son histoire insolite. Un parcours atypique qui témoigne de la possibilité d’apprendre de ses erreurs. Même les plus destructrices.

« Loin du prêchi-prêcha, par mes essais-erreurs bien intégrés, mon histoire est celle d’une combattante hors normes qui aimerait, en toute modestie, contribuer à éviter bien des épreuves inutiles à mes semblables, des enfants aux aînés souffrants », écrit-elle en amorce.

Avec le franc-parler, l’humour et le naturel qu’on lui connaît, Anny Schneider a décidé de raconter son récit « pour la suite du monde ». Pour ses enfants et petits-enfants. Comme un héritage. « Pour faire bouger ce qui peut s’améliorer », ajoute-t-elle.

« Si les gaffes qui j’ai fait peuvent aider les autres, tant mieux. La drogue m’a enlevé 20 ans de ma vie consciente, car quand tu es gelée, tu procrastines. On peut dire que je commence vraiment à aimer la vie, là, aujourd’hui. » Anny Erna Schneider-Siegrist aura 62 ans en avril.

Aucun répit
La vie d’Anny Schneider n’a rien d’un long fleuve tranquille. Élevée dans une famille dysfonctionnelle, « une vraie maison de fous », écrit-elle alors qu’elle décrit l’ambiance de sa demeure ancestrale alsacienne où se mêlaient haine, jalousie et mesquinerie, elle a passé son adolescence à voyager pour fuir les adultes qui l’entouraient et étancher sa soif de liberté.


«  Je pense que de bons anges étaient toujours là pour moi, au bon moment.  »
Anny Schneider

Son désir d’inédit et d’authenticité, lié à de mauvaises fréquentations, lui a toutefois fait vivre l’enfer. Peu de temps après son premier joint de hasch à l’âge de 16 ans, la jeune Anny a vite goûté au LSD, puis à l’héroïne. Des substances qui lui ont souvent fait frôler la mort et sous lesquelles elle a été violée à trois reprises. Par exemple, lors d’un périple à Londres, elle avait alors 20 ans, elle a été attaquée par une lionne que gardait dans son appartement un grand Jamaïcain travesti, chanteur dans un cabaret ! La bâtisse où il habitait abritait de nombreux junkies. C’est d’ailleurs dans ce même endroit qu’elle pense avoir contracté la maladie qui pèse sur elle comme une épée de Damoclès depuis des années, l’hépatite C.

« Oui, y’a du stock là-dedans ! », lance l’auteure en riant quand on lui fait remarquer à quel point elle ose, dans ce livre, dévoiler des pans fort troublants de sa vie.

« Ton destin peut basculer très vite après une très mauvaise décision, fait-elle remarquer. Je pense que de bons anges étaient toujours là pour moi, au bon moment. Malgré tout, il faut réfléchir aux conséquences de nos gestes. »

Ce genre de conseils, de réflexions, de citations et de paroles remplies de sagesse, l’auteure en a semé dans tous les chapitres de son livre. Tantôt elle s’adresse aux femmes, tantôt aux parents. Elle y parle d’alcoolisme, de dépression, de plantes, d’environnement, d’argent, de sommeil, d’amour, de spiritualité, etc.

Très connue et appréciée pour ses connaissances en herboristerie, Anny ne cache pas prendre un certain risque en s’ouvrant ainsi au public. « Surtout quand j’aborde ma grande spiritualité, souligne-t-elle. Disons que ce n’est pas très à la mode d’être judéo-chrétienne ! C’est plus out. Mais moi, ça me nourrit. J’ai une foi timide. Une foi, comme on disait jadis, de charbonnière ! Et je n’ai rien à perdre. »

Malgré son passage dans « les ténèbres », celle qui a été, écrit-elle, élevée grâce aux plantes qui nourrissent, piégée par celles qui tuent et, finalement, sauvée par celles qui soignent, aborde également sa tumultueuse vie de mère de famille et d’étudiante sur le tard, sa passion pour la nature, ses relations amoureuses et sa nouvelle vie depuis un burnout. Une dépression qui l’a forcé à mettre les compteurs à zéro et d’où a germé l’idée d’écrire sa biographie.

« Mon histoire est unique, dit-elle. Elle compte plusieurs épisodes flyés et, oui, j’ai traversé beaucoup de décors ! »

Le lancement du cinquième ouvrage d’Anny Schneider aura lieu le samedi 3 mars, chez Zayat Aroma, son lieu de travail, situé au 1339, rue Shefford, à Bromont. La lionne sortie de la pénombre y sera vendu au coût de 20 $. Les gens qui souhaitent y faire la rencontre de l’auteure n’ont qu’à passer entre 16 h et 18 h. Le livre est disponible en librairie depuis ce mercredi 28 février.

Effet domino 

Tout au long de son livre, comme le souligne d’ailleurs très bien son titre, Anny Schneider fait référence à la lionne. Cette image vient du véritable félin qui a failli la tuer il y a 40 ans, Bonnie, mais également de sa mère peu aimante et d’elle-même, fauve consciente très tôt dans sa vie, qu’elle en était à la fois réalisatrice, actrice principale et metteure en scène.


Quand une gardienne du Zoo de Granby a été attaquée par une lionne en août 2016, Anny Schneider avait son histoire spectaculaire dans La Voix de l’Est.


À ce moment, elle avait dévoilé que cette attaque avait inspiré la rédaction de son autobiographie. « La journaliste Karine Blanchard avait partagé son article sur Facebook et ça a eu un effet domino, se souvient Mme Schneider. Léon-Maurice Lavoie, des conférences Se relier avec le coeur du monde à Saint-Césaire, a lu ça et m’a mise en contact avec celui qui est devenu mon éditeur ! La Voix de l’Est est donc un acteur important de ce produit-là. »

La tête toujours remplie de projets

La lionne sortie de la pénombre est le cinquième livre né de la plume de l’auteure Anny Schneider. Bien que plus personnel, elle espère pouvoir en tirer une conférence. Conférence qu’elle aimerait présenter dans les écoles secondaires, aux ados. À ceux et celles dont l’âge est souvent accompagné d’une petite dose de vulnérabilité.

« Ce livre va m’ouvrir d’autres portes, espère Anny Schneider. Souvent, à l’adolescence, on cherche à s’identifier par la quête de divers plaisirs. Moi, je voulais tout, tout, tout découvrir. Mais il faut trouver l’équilibre, la bonne voie pour remplir notre besoin de s’épanouir. »

Ainsi, celle qui trimbale déjà de nombreuses heures de conférences dans sa besace aimerait aller dans les écoles pour échanger avec les jeunes et répondre à leurs questions. « Leur parler de l’importance de faire les bons choix, de se respecter soi-même et d’écouter sa petite voix intérieure. »

L’importance du rôle des adultes

D’ailleurs dit-elle, si la petite Anny avait été valorisée par des parents et des adultes significatifs, elle n’aurait sans doute pas fait ce grand détour dans « les ténèbres glauques de la cité ». « Les parents, les profs, bref les adultes, jouent un rôle important dans la vie des enfants, insiste-t-elle. L’idée, c’est de souffrir le moins possible. »

En plus des conférences qui figurent déjà à son calendrier et les nouvelles à venir, Anny Schneider entend se lancer dans l’écriture d’un recueil de poésie et un autre de slam. « C’est dans mes projets », dit-elle, sourire en coin.

David Goudreault en préface

C’est d’ailleurs au champion du monde de slam de 2011 que la poétesse a demandé de signer la préface de son petit dernier.

« David Goudreault est un romancier incroyable, soutient-elle. C’est un génie de la plume, et ce, dans tous les styles. Un modèle de performer poétique incroyable. Un géant. C’est un honneur qu’il ait accepté de signer ma préface. Il m’a bien déchiffrée. On n’a pas fini d’en entendre parler ! »

Le nouveau livre d'Anny Schneider est déjà disponible en librairie.