La Bromontoise Ève Godin-Rheault est l’un des sept professeurs de chant certifiés par Estill Voice International au Québec.

L’art de s’entraîner vocalement

S’entraîner vocalement pour avoir accès à toutes les possibilités qu’offre notre voix tout en préservant sa santé. Voilà ce que propose la professeure de chant Ève Godin-Rheault, récemment certifiée par Estill Voice International.

« C’est un entraînement vocal reconnu internationalement et basé sur des recherches scientifiques », résume la Bromontoise, qui a obtenu sa certification en avril au terme de deux ans et demi d’études, de pratiques et d’examens. Elle est d’ailleurs l’un des sept professeurs de chant à la détenir au Québec.

La formation lui a permis d’approfondir ses connaissances à plusieurs niveaux, dont l’anatomie, la physiologie, l’acoustique, la production vocale, la gestion du souffle et la compréhension claire du phénomène vocal. Elle peut aussi offrir des solutions efficaces pour surmonter divers défis vocaux.

Plutôt que d’enseigner le chant de façon imagée, elle peut maintenant le faire en se basant sur des découvertes scientifiques. Plusieurs des notions imagées viennent du 18e siècle. « Dans ce temps-là, on n’avait pas d’outils pour voir ce qui se passait à l’intérieur. On voyait le ventre et les côtes bouger. On mettait des miroirs dans la bouche pour voir les cordes vocales, mais à part la luette, on ne voyait pas grand-chose », explique la professeure.

Cette façon de faire est révolue depuis la formation Estill Voice TrainingTM. « Maintenant, quand j’entends une voix, je sais exactement ce que la personne fait et on peut entraîner directement les muscles pour permettre à la personne de faire ce qu’il faut comme changement », dit-elle.

Par exemple, après quelques secondes, Mme Godin-Rheault a fait savoir à la journaliste de l’hebdo Le Plus que ses cordes vocales étaient épaisses et un peu rigides, ce qui laisse fuir l’air. Résultat : la voix a du volume, mais en parlant fort devant un groupe ou en criant, cela représenterait un risque de blessure à sa voix, explique-t-elle.

Chanter et parler
Les techniques s’adressent autant aux chanteurs qu’à ceux qui utilisent leur voix dans le cadre de leur travail, comme les conférenciers ou des enseignants souffrant d’une extinction de voix. « Pour la voix parlée, ça peut être pour parler plus fort ou plus longtemps sans se fatiguer. Dans la voix chantée, c’est d’avoir accès à plusieurs styles différents. Des chanteurs classiques se plaignent parfois de ne pas chanter pop ou jazz, et l’inverse est aussi vrai. Chaque style a sa recette et elle est accessible à tous, car on a tous les mêmes morceaux dans notre anatomie », explique la Bromontoise.

Pour y parvenir, au même titre qu’un athlète qui se fixe des objectifs, il faut s’entraîner. « Quand on comprend pourquoi et en faisant l’entraînement musculaire adéquat pour corriger ça, on arrive rapidement à des résultats significatifs », dit-elle.

Elle cite en exemple une personne dont la voix devient nasale quand elle parle fort. « On va travailler le renforcement du voile du palais vers le haut. Ça peut se passer très vite, comme ça peut prendre un peu de temps, dit-elle. Mais comme c’est un entraînement, plus la personne répète les exercices chez elle, plus ça va vite. »