L’Allemagne, vue autrement! (partie 1)

CHRONIQUE/ À quoi pensez-vous quand vous entendez parler des vins allemands ? Pour plusieurs, le Liebfraumilch, la fameuse bouteille bleue si populaire dans les années 1970, est la référence en termes de vins allemands.

Le Liebfraumilch correspond à un vin blanc doux (sucré) composé de 70 % de riesling, de müller-thurgau ou de sylvaner et dont les standards de qualité laissent place à la discussion. Au détriment des autres styles produits, il a été largement exporté au cours du 20e siècle, contribuant ainsi à la mauvaise presse des vins allemands. Il est donc maintenant temps d’ouvrir vos horizons !

Comme la plupart des régions viticoles, l’Allemagne a beaucoup évolué. Depuis une vingtaine d’années, une nouvelle génération de producteurs a élevé les normes de qualité, misé sur les vins secs, ainsi que sur le potentiel du riesling, cépage le plus cultivé au pays.

Dans un premier temps, il faut bien comprendre la législation allemande et savoir lire ses étiquettes. Non seulement tout est rédigé dans une autre langue, celles-ci comprennent aussi plusieurs mentions à décortiquer : la classification, la désignation (vin classique, haut de gamme, 1er cru, etc.), la région, le cépage et les degrés de maturité. L’Allemagne est l’un des pays proposant le plus de niveaux de qualité, donnant ainsi lieu à une diversité incroyable de styles de vins proposés, mais devant lesquels il est facile de s’y perdre.

La classification réfère à ce que nous connaissons comme étant les vins de pays ou les appellations d’origine contrôlées, par exemple. La mention Landwein réfère aux vins de pays. Qualitätswein bestimmter Anbaugebiete (Q.b.A) aux vins de qualité supérieure, et Prädikatsweine aux appellations d’origine contrôlées (A.O.C.). Les deux dernières catégories ont une réglementation plus stricte.

L’Allemagne compte 13 régions viticoles.

Parmi les plus connues, on y retrouve Rheinhessen (la plus grande en superficie), Pfalz, Mosel, Franken, Nahe, Rheingau et Ahr. On y cultive une centaine de cépages, mais le plus important demeure sans aucun doute le riesling, qui fait sa renommée. En blanc, le müller-thurgau, le pinot gris (grauburgunder) et le pinot blanc (weissburgunder) donnent aussi des résultats intéressants lorsqu’ils sont bien exploités. Côté rouge, on en retrouve davantage au sud, sous un style léger, à base de spätburgunder (pinot noir) principalement, et d’autres variétés de cépages indigènes.

La dernière chose à savoir pour comprendre l’étiquette, c’est le « label », qui indique le degré de maturité des raisins lors de la récolte. On lira souvent Kabinett, dont le vin est issu de grappes mûres au style plutôt léger. Spätlese signifie que les raisins ont été récoltés un peu plus tardivement. Auslese que les grappes sont encore plus mûres et que le tri s’est fait de façon plus précise. Beerenauslese signifie que les raisins ont été atteints par le Botrytis (correspondant à un style liquoreux), Trockenbeerenauslese (TBA) que les raisins sont récoltés tardivement et desséchés (passerillés). Finalement, il y a la mention Eiswein, que nous connaissons sous le nom de vin de glace.

Question de compliquer les choses, sachez que les mentions Kabinett et Spätlese peuvent être accompagnées de l’indication Trocken (sec). Celle-ci désigne que la fermentation est complète ou presque, donc que le taux de sucre résiduel devrait tourner autour de 4g/L. Dans le cas des vins demi-sec (un peu plus sucré), l’indication Halbtrocken se trouvera aux côtés du degré de maturité.

Avec ses blancs vifs, fruités et légers en alcool, l’Allemagne est définitivement à mettre dans votre verre pour l’été ! D’ailleurs, depuis cinq ans, le Québec et le Canada la célèbrent avec « Les 31 jours du riesling allemand » qui a lieu tout le mois de juillet. Faites des découvertes. Plusieurs restaurants offriront des promotions, des dégustations et des accords mets et vins entourant le riesling allemand.

Rendez-vous sur le site www.31joursrieslingallemand.ca pour connaître la liste des établissements qui participent.

Pour connaître mes suggestions et mes propositions d’accords mets/vins entourant l’Allemagne, elles viendront dans ma prochaine chronique.

Santé !