La place de la relève agricole

CHRONIQUE/ À tout bout de champ, dans le domaine agricole, on demande aux producteurs s’ils ont de la relève. Les fermes agrandissent et les investissements sont dispendieux. Pourquoi?

De nos jours, pour qu’une ferme soit rentable, une équipe de professionnels gravitent autour des producteurs. Comptables, agronomes, ingénieurs, etc. Plusieurs partenaires sont souvent nécessaires pour qu’une ferme puisse évoluer à long terme. Le prix des terres grimpe, les intrants sont chers et, souvent, malheureusement, les revenus sont à la baisse. Comment faire alors pour rester rentable?

Une gestion efficace au champ, un bilan alimentaire étudié, une santé des sols optimale et le confort des animaux sont des exemples de suivis faits par les producteurs. Chaque décision doit être prise en fonction de la rentabilité. Parfois, grossir équivaut aussi à être plus rentable, mais pas nécessairement dans toutes les productions. Par contre, peu importe l’entreprise, les décisions sont également prises en fonction de la présence d’une relève ou non.

Pourquoi alors tant d’investissement pour vendre la terre par la suite?

La relève agricole représente un enjeu important. Elle se fait rare et lorsqu’elle est présente, l’avenir de la ferme n’est pas toujours super alléchant pour elle. Des heures interminables, des semaines de sept jours en continu, peu ou pas de vacancess: ce n’est pas très enviable. On voit de plus en plus de fermes vendre, souvent par manque de relève.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a sorti, tout récemment, son nouveau programme de subventions. Bonne nouvelle, la relève est une de ses priorités (pour la première fois!).

Dans le cadre du programme de services-conseils, par exemple, un programme d’aide pour subventionner le travail de professionnels comme les agronomes, l’aide financière a été bonifiée à 85% pour la relève agricole au lieu de 70%. Un petit coup de pouce pour aider nos jeunes!

Mais pourquoi veut-on garder notre relève?

Pour garder nos belles fermes québécoises. Pour encourager les produits d’ici. Pour encourager une agriculture locale.

Et ce ne sont que quelques exemples.

L’agriculture québécoise est en changement et le fait de garder notre relève ne peut qu’améliorer notre sort. Il faut, par contre, trouver les moyens pour attirer les gens en campagne et garder la relève sur les entreprises.

La partie n’est pas gagnée, mais il y a de l’espoir!

Laurianne Levert-Gauthier, agronome

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA.