Infirmière de formation, Faustine Entraygues a quitté son emploi pour lancer une petite entreprise de pâtisseries.

La piqûre des macarons

Petites bouchées sucrées, tantôt croquantes, tantôt collantes, puis fondantes : les macarons ont la cote. Si la délicate pâtisserie a de quoi séduire, il doit être rare que celle-ci pousse les gens à changer de métier. C’est pourtant le cas de Faustine Entraygues! Infirmière de profession et nouvellement établie à Granby, la dame s’est lancée dans le commerce de ce délice en le déclinant ici au bleuet, là au citron, au chocolat, à la fraise-rhubarbe…

« Sur un coup de tête, la France ne nous plaisait plus ! On a voulu changer de vie, mon conjoint et moi», explique Faustine Entraygues, propriétaire de Faustine et Gourmandises.

Le couple a vu un reportage portant sur les quatre saisons du Québec vues à travers les yeux de Français émigrés ici. « On est tombé en amour ! », se souvient Mme Entraygues. Ils ont donc quitté la France en septembre dernier avec leurs deux enfants.Songeant d’abord à s’établir à Sherbrooke, la petite famille a finalement posé valises et cartons à Granby, une ville visitée par hasard lors d’une escale au Zoo.

Et comme si changer de pays ne suffisait pas, Faustine Entraygues a voulu en profiter pour changer de métier.

Celle qui travaillait comme infirmière depuis quelques années évoque l’incompatibilité des horaires avec la vie de famille. Elle confie aussi qu’elle avait plusieurs autres champs d’intérêt, tels la couture et la cuisine.

Or, recommencer à neuf pour suivre sa passion est peut-être inscrit dans ses gènes... Son père, qui était garagiste, s’est reconverti en cuisinier, il y a 20 ans!

« J’en suis venue aux macarons vraiment par hasard. J’ai toujours aimé cuisiner. J’en faisais depuis une dizaine d’années, pour des fêtes, par exemple. Puis, en arrivant ici, j’ai fait des macarons pour le plaisir, pour des voisins. Un jour, une amie qui les aimait beaucoup m’a dit que je devais me lancer! » raconte Mme Entraygues. C’était l’impulsion qu’il lui fallait.

La pâtissière est passée d’amateur à professionnelle le 26 juillet dernier, en recevant son permis du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) après avoir suivi la formation obligatoire en hygiène et salubrité alimentaires.

FABRIQUÉS AVEC SOIN
La propriétaire de Faustine et Gourmandises explique que ses macarons, faits à partir de la version italienne du dessert, demandent beaucoup de matériel et de temps, mais qu’ils ne sont « pas forcément compliqués » à concocter.

Il suffit de préparer un sirop qu’il faut mener à une température précise, puis de le verser chaud sur des œufs qu’il faut battre en même temps. Mais attention: pour former la collerette caractéristique aux macarons, il faut une gestuelle précise où la pâte n’est « ni trop ni pas assez brassée! », dit-elle. Puis, il faut faire sécher les coques plusieurs heures avant de les garnir.

Il faut donc un à deux jours de patience avant de pouvoir se régaler les yeux et le ventre. Mme Entraygues est néanmoins capable de produire 200 macarons de deux saveurs différentes d’un seul coup.

« C’est vraiment tout moi qui fais. Ça, ça me tient à cœur. Je ne veux pas être « industriello ». Puis, si je peux travailler avec des produits québécois, voire locaux, je vais le faire ! », indique-t-elle.

S’il est vrai qu’elle ne peut pas utiliser de produits de la région pour les noix, le chocolat ou les agrumes, elle concocte plusieurs de ses saveurs au gré des saisons, avec des fruits qu’elle a elle-même cueillis ou des ingrédients provenant de commerçants locaux ou du jardin d’un ami.

« C’est important de faire travailler le marchand ou l’agriculteur du coin. En France, on n’encourage pas assez les produits locaux. C’est dommage. C’est important de consommer local pour moi et ma famille et, du coup, pour les produits que je propose. Et c’est valorisant pour [le client] de savoir que ce qu’il mange vient d’ici ! », souligne l’entrepreneure.

Celle-ci a déjà une foule d’idées de nouvelles saveurs à essayer et de coffrets spéciaux à préparer pour Noël, l’Halloween ou la Saint-Valentin.

Mais l’ouverture d’une boutique n’aura pas lieu demain . « C’est sûr que j’ai envie d’être connue, j’ai envie [de faire des macarons] et d’en vivre, mais je ne sais pas si j’ai envie d’avoir une boutique..., souligne-t-elle. Ça reste un rêve quand même, mais les contraintes font que non pour le moment. »

D’ici là, Faustine Entraygues participera au Marché Public de Granby et région, le samedi 22 septembre.

Sachez que la pâtissière fait seulement affaire par l’entremise de sa page Facebook (faustineetgourmandises), où elle annonce les saveurs de la semaine. Il est également possible de la contacter pour des commandes spéciales, mais il faut prévoir un certain délai pour la fabrication « pas compliquée ».