Julie Prud’homme, de l’Atelier Millefeuilles, s’est lancée dans la gravure d’estampes, entre autres destinées aux enseignants.

Julie Prud’homme, une artiste gravement passionnée

La dernière fois que Le Plus a rencontré Julie Prud’homme, elle peignait et proposait des collages aussi colorés qu’originaux. Une autre fois, elle crochetait. La créativité de l’artiste multidisciplinaire derrière l’Atelier Millefeuilles n’a aucune limite. Ni dans l’approche ni dans le médium. Son dernier dada ? Les estampes. Elle qui cherchait à se réinventer a relevé le défi de joyeuse façon. Comment ? En se laissant guider par sa folle envie de graver le caoutchouc.
Chaque enseignant, qu’il ait les cheveux courts, frisés ou qu’il porte des lunettes ou non, peut se faire faire une estampe personnelle comme celles-ci.

L’idée initiale était de produire une série de toiles dans lesquelles elle allait intégrer des estampes, un art qu’elle rêvait de maîtriser depuis longtemps. Plus encore, elle souhaitait carrément remettre le laminé sur la mappe. 

Finalement, un concours de circonstances a fait en sorte qu’elle n’a même pas eu le temps de sortir ses pinceaux. 

« J’avais en tête l’idée de faire des estampes destinées aux profs, raconte Julie Prud’homme, en coupant des bouts de caoutchouc avec son Exacto. De fil en aiguille, et à la demande d’une amie, j’ai gravé Mme Mylène est fière de toi. Une photo sur Facebook et bang !, le lendemain, j’avais 24 commandes ! »

L’amie en question avait suivi le cheminement de la nouvelle graveuse. Tout a commencé avec des estampes formant les lettres du prénom des filleules de Julie : Sarah et Florence, qui allaient toutes deux avoir quatre ans.

« Ça a pogné au bout ! », raconte la marraine, des étoiles dans les yeux.

Après, elle a créé des cartes, toujours faites à partir d’estampes, que les élèves pouvaient offrir en cadeau à leurs enseignants. Celles-ci étaient vendues au bistro Caféine, rue Notre-Dame, à Granby.

« C’est là que j’ai commencé à graver des estampes Je suis fière de toi, que les profs pouvaient utiliser », poursuit l’artiste de 38 ans. 

Quand sa copine lui a demandé d’en faire une pour l’enseignante de ses enfants, pour Mme Mylène, le potentiel du produit qu’elle tenait entre les mains s’est tout à coup dévoilé. « J’ai compris assez vite, lance Julie en riant ! L’innocence du début n’a pas duré longtemps ! Et avec les réseaux sociaux, c’est malade. Je sais qu’avec les estampes, il n’y a aucune limite. »

Après une formation à distance sur Instagram avec un Chinois spécialisé dans l’estampe « d’une générosité sans borne », insiste Julie, elle s’est donc mise à graver des estampes personnalisées destinées aux enseignants. Ces œuvres émanent de morceaux de caoutchouc un peu plus petits qu’une carte professionnelle conventionnelle.

Chaque enseignant, qu’il ait les cheveux courts, frisés ou qu’il porte des lunettes ou non, peut se faire faire une estampe personnelle comme celles-ci.

Ainsi, après avoir choisi leur type de coiffure (cheveux attachés ou non, frisés ou pas, longs ou courts, etc.) et mentionné s’ils portent des lunettes ou non, les profs peuvent choisir le petit mot d’encouragement qu’ils veulent coller à leur prénom. Trois choix s’offrent à eux : Mme ou M. Untel te dit Bravo, Super ou Génial.

Les dessins sont de Julie. C’est elle qui grave chaque estampe, qui fabrique les jolies boîtes dans lesquelles les offrir, qui veille à l’expédition, etc. « Du dessin, je ne garde que le trait, explique-t-elle. Je fais tout, tout, tout de mes mains ! »

Avec Noël qui approche à grands pas, Julie peut toutefois compter sur l’appui de sa brigade de lutins. Celle-ci est composée de sa mère Bélinda, de ses fils Mathis et Charli, de son amoureux Bruno et de plusieurs ami (e) s qui ont le cœur sur la main. « C’est un projet familial ! », ne cache pas l’artiste aux mille et une idées, qui vient de traverser une année que l’on peut qualifier de «rock’n roll».

Créer, dit-elle, lui permet d’ailleurs de passer à travers les moments plus difficiles. 

« Je peux te dire qu’en peu de temps, j’en ai fait du développement ! », lance-t-elle, fatiguée, mais fière de voir à quelle vitesse son nouveau projet à rejoint le cœur des gens. L’idée des estampes a germé en avril dernier.

À ce jour, il n’y a pas un coin du Québec où elle n’a pas expédié un de ses colis. « Quand ils voient ça, les enfants trippent leur vie ! », se réjouit-elle. 

« Et le vintage revient à la mode ! », fait remarquer l’artiste, pour qui les astres semblent être alignés.

Afin de répondre à la demande toujours grandissante, Julie a d’ailleurs commencé à former deux nouveaux graveurs. « Le projet ne cesse d’évoluer », se réjouit celle qui a la tête toujours pleine d’idées nouvelles et originales. D’ailleurs, s’impliquer davantage dans son art est un des souhaits qu’elle formule pour 2018.