Danielle Saint-Jean, contremaîtresse aux parcs et terrains de jeu à la Ville de Granby et Francine Charland, directrice de l’Atelier 19.

Granby teintée par l’art

Amener de la beauté, de la poésie et de l’art sur les bâtiments de Granby et dans ses espaces publics est l’une des missions poursuivies par l’Atelier 19. Grâce à une collaboration qui dépasse toute espérance avec la Ville, l’organisme ne cesse de l’embellir. Le dernier endroit où des artistes, des bénévoles, des jeunes, des aînés et des employés municipaux sont intervenus est le terrain vacant jouxtant la station de pompage le long de l’Estriade. La métamorphose du lieu est totale.

Francine Charland, directrice de l’Atelier 19, et Danielle Saint-Jean, contremaître des parcs et terrains de jeu à la Ville de Granby, partagent une passion commune, celle de l’aménagement des espaces publics. La première est une artiste. La seconde, architecte du paysage.

« Nous nous sommes donné les moyens de créer ensemble ! », s’est réjoui Mme Charland, alors que le soleil éclairait de ses derniers rayons le « parc ABC », appelé à être officiellement baptisé (d’un vrai autre nom) cet hiver.

« On a rêvé l’espace et cheminé dans un processus créatif, ajoute-t-elle. C’est juste Wow ! »

« Ça a été très excitant, a pour sa part souligné Danielle Saint-Jean. Je recommencerais n’importe quand ! Souvent, la création se fait seule dans notre bureau. Là, elle s’est faite selon divers besoins, dans un esprit et un but précis. »

Une initiative, dit-elle, qui a permis aux employés municipaux, entre autres, de vite trouver un sens à leur travail. « C’était très valorisant, poursuit la contremaîtresse aux parcs et terrains de jeu. Aussi, on voit clairement la plus-value de la démarche. Ça ajoute à un lieu. C’est rempli d’œuvres d’art. »

Des poubelles et des bancs faisant partie du mobilier urbain de la Ville de Granby ont eu droit à une deuxième vie grâce au travail de jeunes, d’aînés, d’artistes et d’employés municipaux.

Projet intergénérationnel teinté de recyclage

L’endroit, qui fait face au lac Boivin, côté sud, accueille ainsi le Cercle de rencontre, un kiosque de bois qui fait office de salle d’exposition à ciel ouvert, de nombreuses murales et œuvres collectives, Soupir de Gaïa, une sculpture de l’artiste Joane Leduc, un jardin de pluie et divers végétaux. 

Le Cercle de rencontre, qui se veut un lieu où les passants s’arrêtent pour aller à leur propre rencontre ou celle des autres, est composé de 125 pavés de mosaïque réalisés par des jeunes. Il compte aussi sept bancs de parc — faisant autrefois partie du mobilier urbain de Granby —, recyclés et sur lesquels on peut lire des extraits du poème Prendre le temps, de Francis Pelletier.

Quatre poubelles y ont été transformées en jardinières et une tortue, sculpture réalisée par l’artiste Yvan Brûlé, trône au centre de l’aménagement artistique. À celle-ci se joindra une dizaine de bébés tortues ce printemps, souligne Francine Charland. Notons que dans le kiosque, des photos de Bernard Valiquette faisant état de la rivière Yamaska sont exposées, accompagnées de panneaux explicatifs.

« C’est le résultat d’une approche artistique qui a des fonctions citoyennes, écologiques, environnementales et fonctionnelles », insiste la directrice de l’Atelier 19.

Un phénomène qui rejoint la vision de François Méthot-Borduas, directeur des travaux publics à Granby. « Le projet s’intègre parfaitement au paysage, dit-il. C’est un lieu qui impose le respect, où on se sent bien. On veut que les gens se l’approprient. »

L’architecte du paysage souligne également que tout a été mis en place pour « augmenter la qualité du lac ». « On contrôle en amont, indique-t-il. Nous avons créé un espace réussi et intégré qui répond vraiment à tous les besoins. La multidisciplinarité, c’est ce qui produit les meilleurs aménagements. »

À cette œuvre collective ont aussi participé la Fondation pour la Sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska (SETHY), les membres créateurs de l’Atelier 19, l’artisan récupérateur Denis Mercier, les élèves de sixième année de l’école Les Jeunes Explorateurs, la poète environnementaliste Isabelle Tétrault, des élèves de l’école secondaire l’Envolée (PÉI) et divers organismes qui œuvrent en environnement. 

« Toute cette ouverture, cette collaboration, c’est ça qu’on célèbre aujourd’hui », a conclut Francine Charland.

La récupération et l’art sont au coeur de ce qui était auparavant un terrain vacant.