Les sœurs Mélissa et Sonia Lachance n’excluent pas une percée à l’international avec leur application Zoom nutrition.

Faire des choix santé... du bout des doigts

Décoder la liste des ingrédients des aliments avant qu’ils se retrouvent dans votre assiette ne tient désormais plus de l’exploit. C’est du moins la prémisse de Zoom nutrition, une application mobile lancée par les sœurs Sonia et Mélissa Lachance, qui permet de faire des choix éclairés du bout des doigts.

L’une est nutritionniste et vit à Cowansville, l’autre enseignante et réside à Dunham. Au-delà d’avoir la fibre entrepreneuriale, les deux complices ont avant tout un désir de simplifier la vie des gens.

L’idée de le faire via une application mobile a surgi il y a près de trois ans, paradoxalement, en discutant durant un week-end dans un chalet loin de tout réseau cellulaire.

«On a toujours un projet en tête. Mais celui de Zoom nutrition nous tient particulièrement à cœur. Alors qu’on parlait de saines habitudes alimentaires, j’ai demandé à ma sœur, experte en la matière, s’il existait un outil simple, un peu comme un scan à l’épicerie, pour analyser les étiquettes des produits, a raconté Sonia. On en est venu à la conclusion que non. Et voilà, on était lancées dans une nouvelle aventure!»

Or, avoir une idée est une chose. Faire en sorte qu’elle se matérialise est une autre paire de manches. Le tandem a vite réalisé qu’il devrait retrousser les siennes pour atteindre son objectif. Multipliant les rencontres avec des programmeurs lors du démarrage du projet, le duo a finalement trouvé la voie à emprunter.

«On ne voulait pas arriver sur le marché avec une amélioration de ce qui se fait déjà. [Numériser] les codes à barres comme le font d’autres applications existantes était trop complexe. Ça demande une énorme base de données, a expliqué Mélissa. Sans compter l’obligation d’une mise à jour presque quotidienne à cause des nouveaux produits. On voulait plutôt quelque chose d’unique qui va révolutionner la façon de choisir ses aliments.»

Deux temps, trois mouvements
Les entrepreneures ont donc choisi une plateforme qui lit l’étiquette nutritionnelle. Dès que l’on ouvre l’application, téléchargeable gratuitement dans Google Play (Android) et dans Apple Store (iPhone), on nous dirige vers un tableau de 12 catégories d’aliments, allant des biscuits, en passant par les desserts et les boissons. Il suffit ensuite d’appuyer sur l’onglet «prendre une photo» ou d’opter pour une image existante. En quelques secondes, l’utilisateur obtient un verdict sous forme de couleur, soit le vert, le jaune ou le rouge, après l’analyse des nutriments, notamment les lipides, les gras saturés et la teneur en sucres. «Même les enfants comprennent le code de couleurs. C’est universel. En plus, on a le commentaire de la nutritionniste qui vient donner plus de précision», a fait valoir Sonia.

L'application Zoom nutrition souhaite simplifier la vie des gens lors de leur passage à l'épicerie.

Le Plus a fait le test avec une boîte de barres de céréales. «Choix à limiter! Ce produit devrait être consommé avec modération ou pensez à réduire la portion», indiquait le message sur fond d’écran rouge. On pouvait également y voir les trois pastilles (lipides/jaune, gras saturés/vert et sucres/vert).

À noter qu’il faut porter une attention toute particulière aux portions préconisées par le fabricant, a souligné Mélissa.

Tremplin
Les deux sœurs n’excluent pas une éventuelle bonification de la plateforme. «En ce moment, on veut que Zoom nutrition sorte sur le marché pour la faire connaître, a mentionné l’enseignante. Si on voit que les gens l’adoptent en grand nombre, et c’est ce qu’on souhaite le plus au monde, on pourrait ajouter des catégories.» «Ce serait aussi possible d’ajouter un onglet du style «garde-manger» où les gens peuvent répertorier les aliments qu’ils préfèrent. Mais on veut rester dans la même lignée, soit la simplicité», a renchéri Mélissa.

Pour l’instant, l’application est disponible en français, puis en anglais. Une percée à l’international n’est par ailleurs pas exclue. «En utilisant l’étiquette nutritionnelle comme référence, ça ouvre la porte aux États-Unis. Mais aussi au-delà de ça. En fait, il n’y a pas de limites à exporter notre application.»