Nicole Bachand, secrétaire du conseil d’administration d’Entraide St-Eugène, et Aline Désautels, directrice. Le comptoir vestimentaire fermera ses portes en décembre.

Entraide St-Eugène: la friperie fermera en décembre

Épuisé de le tenir à bout de bras, le conseil d’administration du comptoir vestimentaire Entraide St-Eugène a décidé que le temps était venu de fermer ses portes. En décembre, la maison où loge l’organisme et qui lui appartient sera aussi mise en vente. Un choix difficile, mais inévitable, qui aura des conséquences jusque dans la garde-robe de la clientèle de Transition pour Elles.

«On a fait tout ce qu’on pouvait pour maintenir l’organisme ouvert, mais à un moment donné, il faut être rationnel», a expliqué Nicole Bachand, secrétaire du conseil d’administration d’Entraide St-Eugène, présent dans le paysage granbyen depuis plus de 20 ans.

Selon Mme Bachand, l’organisme n’arrivait plus à boucler son budget. «Depuis trois ans, on devait surveiller nos dépenses de très près», dit-elle.

De trois employés salariés, l’organisme est passé à deux. Le coût de location d’un entrepôt pour loger les dons de vêtements, et les factures à payer, malgré que l’organisme perçoit un loyer pour la location d’un logement au deuxième étage, commençaient aussi à peser lourd dans la balance La compétition entre les nombreuses friperies présentes sur le territoire a également eu un impact sur celle située au 215, rue Robinson Sud, où les vêtements pour enfants se vendaient 2$ le morceau et ceux pour adultes, entre 4$ et 10$.

D’ici la fermeture, prévue le 22 décembre, tout sera vendu 2$ ou moins. L’organisme tient d’ailleurs à informer les gens qu’il n’accepte plus les dons de vêtements, histoire de vider son entrepôt. Ce qui restera au terme de la vente finale sera remis à divers organismes de la région.

Une façon de faire déjà ancrée chez Entraide St-Eugène, comptoir vestimentaire fondé par sœur Marguerite Brissette, de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, pour venir en aide à Transition pour Elles. Au fil des ans, la Croix-Rouge et Le Passant ont, eux aussi, profité de la générosité du comptoir vestimentaire.

Une fois la maison vendue, indique toutefois Mme Bachand, les profits seront versés à Transition pour Elles.

«C’est une grosse perte, car nous avions une très belle collaboration», a souligné Sylvie Martin, directrice de Transition pour Elles, qui offre de l’hébergement à court et moyen terme aux femmes en difficulté.

L’entente entre les deux organisations stipulait qu’en cas de besoin, Transition pour Elles n’avait qu’à faire une demande d’aide financière au comptoir vestimentaire. Ainsi, cette collaboration aura permis à l’organisme spécialisé en hébergement et en relation d’aide de faire nettoyer son système de ventilation et, par exemple, de se procurer un nouvel ordinateur.

«Ça, c’était dans les belles années d’Entraide, raconte Mme Martin. Il nous aidait pour des demandes pointues, précises.»

En parallèle, et c’est à ce niveau que sa fermeture se fera davantage sentir, la friperie permettait aux femmes hébergées chez Transition pour Elles de se refaire une garde-robe digne de ce nom à leur arrivée. Un don qui allait jusqu’à 60$ par femme et que celle-ci pouvait répartir selon la saison et selon la durée de son séjour. «Souvent, les femmes arrivent chez nous avec, en main, juste un sac à poubelles, raconte Sylvie Martin. Cette entente avec Entraide St-Eugène était donc très aidante. Ce n’est pas facile pour la fierté et la confiance quand une femme arrive en hébergement... C’est vraiment triste (la fermeture). Va falloir se faire de nouveaux contacts.»