Murielle Verreault, c’est DJ Muriel. Souvent, elle anime des soirées dansantes, autant dans les clubs d’âge d’or environnants que dans d’autres organismes et regroupements.

En avant la musique!

Chaque semaine depuis des années, l’hebdo Le Plus annonce les nombreuses soirées dansantes « en ligne, avec partenaire et sociale » organisées dans les divers clubs d’âge d’or et FADOQ environnants. Partout sur le territoire, ces trois styles n’ont plus de secret pour les personnes de 50 ans et plus. Les week-ends, DJ Rita Fontaine, Mario Dulude et Nicole Stratford, Jacques Therrien, DJ Muriel, Brian Horner, Suzanne Parent et Mario Côté enchaînent classiques et nouveautés pour leur permettre de se déhancher. Rencontre avec ceux qui font bouger retraités et personnes âgées.

Les vendredis soirs, il n’est pas rare de voir Murielle Verreault quitter la maison avec son ordinateur sous le bras, ses jeux de lumières, ses haut-parleurs et son mixer. La dame, qui vient tout juste d’avoir 72 ans, est DJ. À entendre son dynamisme derrière son doux accent du Nouveau-Brunswick, on devine qu’avec elle aux commandes d’une soirée dansante, le party doit lever !

L’aventure de DJ Muriel a commencé en Floride, en 2006. À l’époque, elle enseignait la danse. Au fil du temps, elle s’est mise à animer des soirées dansantes, surtout de danse en ligne. Son nom s’est tranquillement mis à circuler dans le milieu, lui amenant divers contrats dans les clubs d’âge d’or et autres organismes et regroupements de la région. Encore aujourd’hui, elle enseigne et anime, autant à Granby que dans les villes environnantes. 

« J’adore danser ! », lance celle qui est d’ailleurs membre de Prodel et de Danse en ligne Québec (DELQ), deux associations qui offrent des ateliers aux chorégraphes et professeurs dans le domaine. 

« J’adore la musique, poursuit la rayonnante DJ. Je peux passer des journées à en écouter. Il arrive que je me couche tard ! »

C’est que la dame en passe du temps à mettre au point ses programmes. Même que souvent, elle chorégraphie différentes danses. Ses styles préférés sont d’ailleurs le cha-cha-cha, le triple swing et le rock’n’roll. 

« J’ai énormément de playlists, ne cache pas la disc jockey. Au total, j’ai 17 236 tounes ! Et j’ai un logiciel pour ralentir ou augmenter le rythme. »

Les critères pour être un bon DJ, selon elle ? Savoir compter et avoir du pep. « Aller danser permet de belles rencontres, insiste-t-elle. C’est tellement agréable. »

Et, à la voir aller, il faut croire que ça garde jeune.

Jacques Therrien veille à faire bouger les gens qui sortent au club d’âge d’or de Roxton Pond lors de soirées dansantes, et ce, depuis 30 ans.

Multi-instrumentiste et fidèle

Les gens de 50 ans et plus de Roxton Pond adorent danser. Et ce qu’ils aiment par-dessus tout, c’est de voir le multi-instrumentiste Jacques Therrien s’appliquer à la tâche. Un boulot qu’il fait pour les gens du troisième âge de la municipalité depuis 30 ans !

Mina Thomas, dynamique présidente du club d’âge d’or de Roxton Pond a accueilli l’annonce de la retraite de M. Therrien du monde avicole avec un large sourire. 

Désormais, l’homme-orchestre (il joue du violon, de la guitare et du clavier), aura encore plus de temps à allouer aux danseurs de son regroupement. « Ah, tout le monde aime la musique à Jacques, insiste-t-elle. Il a tellement un bel outfit ! »

Jacques Therrien baigne dans le monde de la musique depuis un demi-siècle. Celle-ci est entrée dans sa vie à cheval sur un archet alors qu’il n’avait que 12 ans. Dans les années 1970 et 1980, il a joué, entre autres avec Ghislaine Gallant (la sœur de Patsy Gallant) et Marcel Martel, le père de la chanteuse Renée Martel. « Vers 1982, j’avais mon orchestre et quelqu’un m’a dit d’aller frapper aux portes des clubs d’âge d’or, que ça dansait pas mal là-bas », raconte le musicien de Drummondville. 

Et c’est comme ça que, de fil en aiguille, tous les vendredis depuis des décennies, il fait danser les personnes âgées de Roxton Pond, entre autres, qui sortent « veiller ».

« Et ça vire en masse ! », illustre celui qui offre chaque fois une approche hybride entre le musicien et le DJ. « Je chante, je joue et, parfois, je mets la musique en glissant un CD dans mon clavier », explique celui capable d’animer une soirée en cinq langues (anglais, français, espagnol, italien et allemand). 

« C’est 50-50, ajoute M. Therrien. J’ai un clavier très perfectionné. Et je suis assez polyvalent ! J’adore ça. Les gens sont super sympathiques et je suis bien reçu. »

En absence de Mario Côté, c’est DJ Rita Fontaine qui, du haut de ses 77 ans, gère les soirées dansantes organisées au club d’âge d’or Princesse.

Suivre le ryhtme

Suivre le tempo est un élément essentiel quand on anime une soirée de danse en ligne. Que les danseurs du club d’âge d’or Princesse ne s’inquiètent pas : leurs animateurs, Mario Côté et DJ Rita Fontaine, ont le beat dans le sang. 

Le premier a longtemps possédé une disco mobile et animé de nombreux mariages et showers dans la région. La seconde, du haut de 77 ans, enseigne la danse. Ensemble, ils se partagent les soirées dansantes au club d’âge d’or Princesse. 

« Mme Fontaine anime avec son portable, dévoile Mario Côté, qui s’est lancé dans l’animation de soirées dansantes à l’âge de 19 ans dans les campings avec des copains. Moi, je fonctionne avec des CD dans ma machine de DJ. Elle possède tous les contrôles, etc. La bonne vieille méthode ! »

Peu importe le médium, tous deux invitent les gens à danser en ligne, seuls ou avec un partenaire, sur des airs country, des rumbas, des valses, etc. « Danser est un bon investissement, insiste DJ Rita, qui aime bien, elle aussi, se retrouver sur le plancher de danse. Quand je vais chez mon médecin, je lui dis que je danse la rumba, et il trouve ça merveilleux ! »

Mme Fontaine rappelle que la danse en ligne est aussi très bonne pour la mémoire. Elle permet de briser l’isolement et de faire de belles rencontres. « Il faut se souvenir de nos affaires, de nos passes, dit-elle, fort enjouée. Je le recommande ! Des fois, je suis amorphe. Je vais danser et je reviens toute peppée ! Avoir une activité, bouger, c’est bon pour la santé. »

Après avoir fait tourner de nombreux succès rock, disco, voire métal, Mario Côté a dû s’adapter au rythme et au style qui font vibrer les murs du Centre Laurio Racine les fins de semaine. « C’est différent. Là-bas, il n’y a pas de stroboscope ou de machine à boucane, dit-il en riant. Il ne faut pas que la musique soit trop forte et il faut toujours faire le décompte pour les danseurs : 6, 7, 8... »

« La danse en ligne est arrivée un jour comme bang ! , se souvient l’animateur. On s’est ajusté. Au Princesse, j’utilise 1 % de ma musique d’avant ! »

D’ailleurs, DJ Rita souligne que les morceaux choisis se destinent aux danseurs de tous les niveaux. « On s’ajuste à notre public, dit-elle. On varie ça. »

Le couple formé de Mario Dulude et de Nicole Stratford anime plusieurs soirées où la danse en ligne est à l’honneur.

Semeurs de joie

Les vendredis et dimanches, ne cherchez pas un membre à la FADOQ Granby, ils se reposent après avoir dansé tous les autres jours de la semaine ! Parmi les nombreuses activités offertes là-bas, la danse en ligne occupe le calendrier. Pour répéter leurs pas, les adeptes peuvent compter sur deux couples : Brian Horner et Suzanne Parent, ainsi que Mario Dulude et Nicole Stratford.

Jeune, Brian Horner était musicien. Intéressé par la musique, il s’est vite passionné pour la danse. « Mais un jour, l’élève a dépassé le maître, dit-il en riant. Alors ma femme et moi, on a décidé de donner des cours et les jobs entraient. »

De fil en aiguille, le couple s’est mis à enseigner à la FADOQ Granby, et ce, plusieurs fois par semaine. Toujours la danse en ligne, seul ou avec partenaire. Souvent, le duo veille aussi à l’animation de soirées dansantes. « Dans mon portable, j’ai plusieurs milliers de morceaux », ne cache pas l’enseignant qui n’a pas vu l’engouement pour la danse en ligne s’essouffler depuis 20 ans. « Et c’est partout comme ça ! », insiste-t-il.

Même son de cloche du côté de Mario Dulude. Celui qui joue aussi bien de la guitare que du clavier, fait danser les gens avec sa femme, Nicole, depuis 1996. « Les gens aiment apprendre les différentes danses en ligne et la demande est là », souligne-t-il.

« Par exemple, je peux avoir une liste de 80 danses différentes. Je ne ferai jamais deux fois la même en une soirée, poursuit le sympathique animateur. Et la liste change chaque semaine ! On y va avec les intérêts des danseurs, parce qu’on est là pour eux. »

Son épouse ne le cache pas : « ça grouille à la FADOQ Granby ! »

« C’est extraordinaire de les voir aller, dit celle qui chante depuis des années. C’est beau de voir ça. Ils sont en forme. »

La dame, qui reconnaît avoir « la bougeotte sur un stage », trouve extraordinaire que ce loisir permette aux personnes âgées de garder une bonne santé physique et mentale. « Ça sort de l’isolement, insiste-t-elle. Mon mari et moi aimons ce que nous faisons, parce qu’on apporte de la joie dans la vie des gens. »

Et quelles sont les pièces préférées des danseurs ? « La plus populaire depuis 1991, c’est Que la lune est belle ce soir, dévoile M. Dulude. Une toune qui compte trois accords ! Un soir, j’ai oublié de la faire jouer. Eh bien dans la semaine, quelqu’un m’a appelé pour me le faire remarquer ! »

Selon lui, qui fait aussi danser les gens à la FADOQ de Cowansville, de Waterloo, de Racine et de Valcourt, les vieilles pièces country et les airs latins ont toujours la cote.

Des pièces comme Rider’s Triple, I Only See You et The Shooter sont aussi fort populaires, souligne Brian Horner. « Et Tennessee Waltz Suprise, ajoute-t-il. Ça, ça marche à planche ! »

Brian Horner et sa femme Suzanne Parent donnent des cours de danse et animent les soirées dansantes à la FADOQ
Granby.