La Troupe Musicophonie en répétition.

Deux soirées en famille avec la Troupe Musicophonie

Qu’est-ce qui aide à surmonter les épreuves, même les plus douloureuses ? L’entourage. Après avoir présenté Debout en 2015, les choristes de la Troupe Musicophonie se préparent à faire vibrer le Palace avec le spectacle En Famille. Une suite logique pour sa directrice, Johanne Lussier, et les siens. Ce rendez-vous annuel tout en chansons est une belle façon de se souvenir et de rendre hommage à Louis-Philippe Janvier, son fils, la raison d’être de la chorale, qui a déjà 30 ans.

« Quand on perd son enfant, comme parents ce qu’on ne veut pas, c’est que les gens oublient, témoigne Johanne Lussier. Louis-Philippe a toujours été là dans les shows. Toujours là avec moi. Ça me manque à ce temps-ci, alors que je prépare le spectacle... Mais c’est un réel bonheur de voir qu’il vit toujours à travers Musicophonie. »

Depuis le départ de Louis-Philippe, en 2013, Johanne Lussier a toujours pu compter sur la présence de ses choristes et de son entourage immédiat. D’où le thème de la famille. « Ça prend du courage pour se tenir debout, dit-elle. À un moment donné, tu as besoin des autres. Être dans un groupe où il y a une belle énergie, ça soutient dans l’épreuve. »

Alors quand Mme Lussier parle de « famille », il faut le prendre au sens large du terme. « Avec ou sans lien de sang », souligne-t-elle.

Une histoire de familles

Cette année, l’animation du spectacle sera assurée, et ce pour la première fois, par les deux filles de la chef de chœur, Marie-Ève et Émilie Janvier. Un choix qui s’est fait naturellement chez les deux chanteuses et qui fait chaud au cœur de la maman. « Je ne veux jamais les forcer, insiste-t-elle. C’est vraiment venu d’elles. » Martin Gougeon se joindra au duo pour l’animation.

Bien sûr, Marie-Ève et Émilie chanteront, entre autres lors d’un moment « avec leur frère », dévoile Johanne Lussier. Un segment qui risque d’être fort en émotions. « On ne va toutefois pas pleurer tout le long, tient à préciser la directrice de Musicophonie. La troupe sera fidèle à ce qu’elle fait d’habitude. On présentera un spectacle axé sur la joie de vivre en abordant la famille avec tout ce que ça implique comme émotions. On chante la vie ! Et il y aura des moments forts, comme ce clin d’œil des filles à leur frère Louis-Philippe. »

Ainsi, la chef de chœur promet un voyage dans l’univers de Jean-Jacques Goldman, du groupe Queen, de Jérôme Couture et d’Enrique Iglesias, pour ne nommer que ceux-là. Dans une mise en scène signée Francis Grégoire s’imbriqueront des chorégraphies pensées par Stéphanie Hébert, des chants a capella et beaucoup d’humour. Le vendredi 10 novembre, les 2 frères viendront offrir trois chansons. Le lendemain, toujours dans l’esprit familial du spectacle, Jean-François Breau s’amènera sur scène. Tous pourront compter sur l’appui de vrais musiciens, ce qui apporte « une belle énergie sur scène », souligne Mme Lussier.

Tous les profits de la soirée seront remis à la Chaire de recherche Louis-Philippe Janvier sur le cancer des jeunes adultes. À ceux qui ne possèdent pas encore de billets, faites vite. Il ne reste que quelques places au balcon pour les deux soirs. Laissant présager à la grande famille de Musicophonie que son vœu sera exaucé, soit celui de faire salle comble.

Les soeurs Émilie et Marie-Ève Janvier assureront l’animation du 30e spectacle annuel de la Troupe Musicophonie.

Une année record à prévoir

Quand il parle de la Fondation Louis-Philippe Janvier, son président aime employer l’image d’un « arbre de vie » pour la définir.

« Comme un arbre, elle a beaucoup de branches », illustre Benoit Janvier. 

Ses fameuses branches, ce sont la Troupe Musicophonie, le tournoi de golf organisé depuis 20 ans au club Le Rocher de Roxton Pond par Marthe Janvier, Claude et Marcel Lussier, les sorties en vélo Rouler pour la vie de Michel Lussier et l’événement annuel orchestré par Lucie Vallières des Écuries Bienvenue de Roxton Pond. 

« Tous ces partenaires travaillent pour la Fondation », explique M. Janvier. Et à la lumière du dévouement de chacun cette année, le président s’attend à remettre, le 10 novembre prochain, un montant global oscillant entre 90 000 et 95 000 $ à la Chaire de recherche nommée en l’honneur de son fils et chapeautée par la Fondation Nez pour vivre. « On va dépasser les 83 000 $ amassés il y a deux ans, dit-il. J’ai confiance ! »

Ainsi, Benoit Janvier espère permettre à la Chaire de recherche de se pencher sur le type de cancer qui a frappé Louis-Philippe, alors qu’il n’avait que neuf mois, et qui l’a emporté, à l’âge de 26 ans, en février 2013.

« C’est un type de cancer agressif dont les risques de récidive, une fois adulte, sont très élevés et les chances de s’en sortir, presque nulles, regrette-t-il. Il faut donner la chance aux chercheurs de s’y pencher. »

Continuité

Que Louis-Philippe ne soit pas des célébrations du 30e anniversaire de la Troupe Musicophonie fera « bizarre », ne cache pas M. Janvier.

« Je suis habitué d’y voir mon p’tit gars à l’animation, mais le fait que ses sœurs, mes deux filles, prennent la relève, ça va mettre un baume (sur sa tristesse), dit-il. Ce n’est pas facile pour elles. Elles savent qu’elles remplacent leur frère, mais je suis content de voir que nous allons tous de l’avant. »

Longtemps pompier à Roxton Pond, Benoit Janvier a assisté à de nombreuses scènes et situations déplorables lui faisant vivre toute la gamme des émotions au fil des ans.

« Mais perdre un enfant, je pense que c’est la pire chose qu’on puisse vivre, souligne-t-il. Mais la vie continue et Louis-Philippe est toujours présent. Il était un petit clown, alors je ne garde que de bons souvenirs de lui. Pour lui, on ne peut pas baisser les bras. Il faut aller de l’avant. »