Rachel Lauzière, 43 ans, se bat contre le cancer du sein.

Déserter le cancer

Inscrite avec sa sœur Marie-Hèlène et son amie d’enfance Lyne Bessette au tout nouveau trek Rose Trip, Rachel Lauzière sait qu’une fois dans le désert marocain, la boussole deviendra sa meilleure amie. L’outil guidera ses pas, mais pas son cœur. Lui sait exactement quelle est sa mission. Là-bas, entre deux dunes, il souhaite «enterrer le cancer». Le sien et celui de toutes ces femmes dont la vie s’est retrouvée sur pause à cause du cancer du sein.

«J’envoie promener le cancer dans le désert!», lance Rachel, 43 ans. Cette phrase, la représentante pharmaceutique en a d’ailleurs fait le slogan de l’équipe qu’elle formera avec sa grande sœur et son amie, L2B7 contre le cancer (deux Lauzière et une Bessette!), en vue de l’aventure pédestre qui aura lieu dans la région de Merzouga, pendant quatre jours, en octobre.

Rachel a de nombreuses raisons de vouloir envoyer paître cette maladie. En novembre 2017, elle recevait un diagnostic de cancer du sein. Le même qui a emporté sa mère à l’âge de 42 ans. Son père aussi a vécu son lot d’opérations, lui qui a dû se battre contre quatre cancers différents.

«Me semble qu’on a assez donné!», fait remarquer Marie-Hélène, qui soutient sa petite sœur dans sa bataille.

«Ma mère, pendant sa maladie, m’a dit qu’un jour, le cancer allait se guérir comme un rhume», se souvient Rachel.

«Notre père, lui, dit souvent que depuis le cancer de notre mère, ils ont inventé la roue!», ajoute pour sa part Marie-Hélène pour illustrer l’évolution en ce qui concerne les traitements du cancer du sein au fil du temps.

Mais tout n’est pas encore gagné. Beaucoup de chemin reste à faire, reconnaissent les deux femmes.

Sportive dans l’âme
Rachel a toujours été sportive. Sur sa feuille de route figurent d’ailleurs des triathlons et un Ironman. «Du sport, j’en fais pour le plaisir. Pour le dépassement de soi, dit-elle. Je suis une fille qui carbure aux défis.»

Une bonne alimentation jumelée à son côté sportif et une bonne hygiène de vie ne pouvaient laisser présager la présence d’un cancer. Surtout qu’elle et Marie-Hèlene doivent se plier à une mammographie et une échographie des seins chaque année depuis le départ de leur mère, il y a 32 ans.

Mais les derniers examens n’ont pas décelé la bosse présente dans le sein droit de Rachel. «J’avais passé les tests et tout était beau, raconte-t-elle. Même si je sentais une bosse, je me disais donc que c’était impossible d’avoir le cancer. Ça ne pouvait qu’être un kyste...»

Lyne Bessette, Rachel et Marie-Hélène Lauzière forment l’équipe L2B7.

Victime d’une grande fatigue, elle n’a eu d’autres choix que de repasser une série d’examens. Une biopsie est venue confirmer le pire. «C’est la brique qui tombe et la folie qui commence, ne cache pas Rachel. J’étais sous le choc.»

Sur le coup, elle a pensé à sa mère. «Je me suis dit ‘ça y est, l’histoire se répète’, se souvient-elle. Mais je me suis reprise et j’ai dit ‘Non! je ne suis pas ma mère et je n’ai pas la même histoire’ et tout a changé.»

Censée recevoir ce qu’elle appelle «le gros kit», côté traitements, Rachel a eu la chance de pouvoir emprunter une autre avenue en subissant le test Oncotype.

Donnant un résultat sur 100, l’Oncotype conclut si la chimiothérapie est nécessaire ou non à une personne atteinte d’un cancer. Un résultat de 25 et plus confirme le besoin imminent de chimiothérapie. Entre 15 et 24, c’est à discuter avec son médecin, car on se trouve alors dans une zone grise, et entre 0 et 14, le traitement peut être évité.

« J’espérais un 10 pour que ce soit clair. Sans ambiguïté, explique Rachel. J’ai eu un 6! C’était extraordinaire. Je ne fais pas de chimio et le pronostic est très bon.»

Après une chirurgie en vue de retirer la tumeur maligne et les ganglions atteints et à la suite de traitements de radiothérapie, Rachel subit maintenant des traitements d’hormonothérapie. Ce qui fera partie de sa vie pour les dix prochaines années.

«Ça aurait pu être pire», se console Rachel, en ayant une douce pensée pour la comédienne Anick Lemay qui vient de subir l’ablation des deux seins et qui raconte son parcours avec une grande générosité sur Urbania.

Mais c’est «lourd» avoir le cancer, ne cache pas Rachel. Rien n’est simple dans le milieu de la santé, regrette-t-elle.

Pour aider les autres femmes présentement dans le même bateau qu’elle, elle voulait donc faire sa part. «Je veux aider les autres et le plus que je peux», insiste-t-elle.

Ainsi, en plus de donner à l’Association Enfants du Désert et à la recherche sur le cancer du sein par sa participation au trek Rose Trip, L2B7 entend aussi être généreuse avec des organismes d’ici qui œuvrent pour la cause du cancer du sein.

«J’aimerais bien que L2B7 perdure dans le temps», ne cache pas Rachel, radieuse malgré l’épreuve. À l’aube de la première aventure du trio, elle pense déjà à la deuxième. Le Trail de la Grande Muraille de Chine, ça vous dit quelque chose?

Mesurez-vous à Lyne Bessette!


Contrairement aux autres aventures 100 % féminines organisées ici et là dans le désert du Maroc, le trek Rose Trip exclut toute notion de vitesse et utilisation de 4X4 qui s’enlisent. Mais comme chacune, c’est une aventure dite « solidaire ». Ainsi, L2B7 contre le cancer entend amasser les 10 000 $ nécessaires à sa participation à l’aventure. Pour ce faire, l’équipe vend divers produits et, comme elle compte une cycliste médaillée dans ses rangs, propose deux activités à saveur sportive.


En collaboration avec les cosmétiques Rose Citron, L2B7 contre le cancer propose des savons et des baumes à lèvres faits à la main. L’équipe vend également des billets (20 $) pour courir la chance de remporter divers prix (d’une valeur totale de 7 500 $) et elle ramasse les canettes et bouteilles consignées. Le mardi 17 juillet, à 17 h 30, grâce à un partenariat avec la boutique Course et Cie. située au 27, rue Principale à Granby, le trio invite les gens à l’événement Course et marche L2B7. Ainsi, il sera possible d’y courir ou d’y marcher une distance de 1 ou de 5 km. Ce soir-là, Lyne Bessette courra le 5 km. Et pour ajouter un peu au défi, les participants sont invités à miser sur l’écart de temps (à la hausse ou à la baisse), qui les séparera du chrono enregistré par l’athlète dans le cadre du jeu Prédiction B7.


Les trois personnes qui auront les prédictions les plus précises recevront une carte-cadeau à la boutique Course et Cie. : 75 $ pour le plus précis, 50 $ pour le deuxième,
25 $ pour le troisième. En s’inscrivant, les gens auront aussi la chance de faire leur échauffement en compagnie de Lyne avant la course. Le rendez-vous a lieu dans le stationnement du Bureau d’accueil touristique situé rue Denison Est, à Granby, près de la piste cyclable qui longe le lac Boivin. Les dossards seront remis dès 16 h par Audrey Larroquette à la boutique Course et Cie. Cet événement est accessible à tous.


Le samedi 15 septembre, Lyne Bessette donne une fois de plus rendez-vous aux sportifs, mais cette fois à Sutton, pour une randonnée pédestre en montagne.
« C’est pour les intermédiaires, insiste la cycliste. On fait de la marche, mais d’un bon pas. Il faut être capable de manger et de boire en marchant. Mais ça ne sera pas extrême ! Rachel sera capable de le faire. » La rencontre a lieu à 10 h, directement au pied du mont Sutton.


Pour tout savoir sur les diverses activités de financement mises sur pied par les trois femmes, il suffit de se rendre sur la page Facebook L2B7 contre le cancer.
Il est aussi possible d’écrire directement à Rachel Lauzière et ses coéquipières à L2B7@hotmail.com
D’ailleurs, Rachel lance l’invitation aux gens qui aimeraient s’impliquer pour la cause comme bénévoles à lui faire signe. Isabelle Gaboriault

Impossible de refuser

Avec la notoriété acquise au fil des années, Lyne Bessette est souvent sollicitée pour embrasser une cause. Avec le temps, elle a toutefois appris à dire non. Trois lettres qui ne lui ont cependant pas effleuré l’esprit quand Rachel, une amie d’enfance de Knowlton, lui a proposé d’aller jouer dans le sable avec elle et sa grande sœur.
«Je ne peux pas être partout, alors je choisis maintenant mes causes, souligne une Lyne Bessette en pleine forme. Je suis plus restreinte dans mes choix, mais avec Rachel, ça a été oui tout de suite. Je ne me suis pas posé de questions.» C’est que l’athlète sentait qu’elle pouvait aider les sœurs Lauzière dans ce défi.


«Je vais traîner leur stock!, lance-t-elle en riant. Je pense que ma présence peut être sécurisante pour elles. Je suis allée un peu partout dans le monde et j’ai de l’expérience avec une boussole. C’était facile pour moi de dire oui.»


«Ce trek, c’est vraiment de joindre l’utile à l’agréable, explique Rachel. Et je voulais le faire avec ces deux belles demoiselles: Lyne et ma sœur, de qui je suis super proche, mais qui n’est pas très sportive...»


«Genre ‘pas sportive’ pas juste un peu!, de confirmer la principale intéressée, en jetant un regard complice à sa cadette. Et comme si les astres étaient alignés, autant les activités de financement que l’aventure elle-même prévue en octobre se sont bien intégrées à l’horaire de fou de Lyne Bessette.


«Moi, tout est booké un an d’avance!, dévoile-t-elle. Une chance, c’est souvent plus lousse avant l’hiver.»


Juste avant de partir pour le Maroc, plus précisément le dimanche 30 septembre, Lyne Bessette invitera d’ailleurs les cyclistes à son quatrième événement Les 100 à B7. Une joyeuse façon de découvrir ses parcours d’entraînement dans la magnifique région de Brome-Missisquoi. (100b7.com). Isabelle Gaboriault