Lorraine St-Pierre prend soin de son mari Paul, atteint de la maladie d’Alzheimer.

Des services qui font la différence

Lorraine St-Pierre ne s’en cache pas, elle est mère poule. Même auprès de son mari Paul, atteint d’Alzheimer. Heureusement, les formations offertes à la Maison soutien aux Aidants lui ont permis de réaliser à quel point le répit lui permet de mieux jouer son rôle d’aidante.

« Si je n’avais pas suivi ces formations, je trouverais ça difficile de partir, raconte Lorraine St-Pierre, du haut de ses 77 ans. Dans notre temps, on était élevées dans l’esprit qu’on gâtait nos enfants et notre mari. On se devait d’être charitable et de vivre pour les autres. Mais à un moment donné, il faut aussi prendre soin de soi. »

Prendre soin de soi pour mieux prendre soin de l’autre, voilà ce que Mme St-Pierre a appris en côtoyant les intervenants et accompagnateurs de la Maison soutien aux Aidants. « Et on nous le répète ! », dit-elle en riant. 

Par divers ateliers et formations, l’organisme accompagne et éduque les aidants naturels dans le but d’éviter, chez eux, l’épuisement physique ou psychologique. La Maison offre aussi différents services de répit. Une approche qui plaît à Mme St-Pierre, comme à son mari.

« Paul aime faire son comique, raconte Mme St-Pierre. Venir ici, ça l’aide. Il aime divertir le monde ! Il trouve les madames tellement gentilles. Aussi, c’est clair, c’est vitré et c’est joyeux. »

Mme St-Pierre n’a aussi que de bons mots pour celui qu’elle surnomme « l’ange Michaël », (Michaël Charest) l’un des accompagnateurs-répit (avec Danielle Constantineau et Sophie Desjardins). Dans le cadre de ce service, un accompagnateur peut rester avec la personne aidée entre 48 et 72 heures d’affilée, le temps que l’aidant naturel puisse recharger ses batteries.

Mme St-Pierre a profité de ce service le temps d’une courte convalescence à la suite d’une intervention chirurgicale. « Il s’adapte à tout ce que la personne veut faire, dit-elle, reconnaissante. L’autre jour, Michaël avait prévu amener mon mari à la piscine, mais Paul, lui, voulait écouter tel album en particulier. Michaël a finalement écouté de la musique avec Paul ! »

Deux fois par semaine, les lundis et vendredis, Mme St-Pierre profite également de répit à domicile. De 13 h à 17 h, la dame en profite donc pour faire des courses ou, tout simplement, pour lire ou recevoir un massage de détente. 

« Ça fait tellement de bien », insiste-t-elle.

D’ailleurs, Mme St-Pierre invite les gens à ne pas attendre qu’une maladie s’enracine avant de demander de l’aide. « Ça fait toute une différence, dit-elle. Et ce n’est pas juste pour l’Alzheimer. Il faut que plus de gens en profitent. »

Marie-Pierre Hébert est directrice générale de la Maison soutien aux Aidants.

Du 5 au 11 novembre se tiendra la Semaine nationale des proches aidants. Une occasion de mettre en valeur ce rôle joué par des milliers de personnes au Québec chaque année. Afin de leur permettre de se ressourcer et de se divertir, une soirée de rire, en compagnie de l’humoriste et imitateur Steeve Diamond, aura lieu le mercredi 8 novembre. Du coup, la Maison soutien aux Aidants et la Société Alzheimer de Granby et région en profiteront pour exposer leurs services à la population, aussi conviée à l’événement.

« Cette soirée vise à faire sortir les aidants de leur réalité et à nous faire connaître auprès d’un large public », explique Marie-Pierre Hébert, directrice générale de la Maison soutien aux Aidants. Pour une deuxième année, la Maison s’associe à la Société Alzheimer Granby et région pour proposer un spectacle à saveur humoristique, les deux organismes travaillant en étroite collaboration dans la prévention de l’épuisement du proche aidant. « C’est ouvert au public, car nous voulons que les gens se reconnaissent comme proches aidants », poursuit Mme Hébert.

Rappelons que ce spectacle, qui n’est pas une activité de financement pour les deux organismes, est financé par l’APPUI Montérégie. Lors de cette soirée, du répit sera offert aux aidants qui souhaitent assister au spectacle présenté à l’auditorium Desjardins du cégep de Granby situé au 235, rue Saint-Jacques.

Du répit, la Maison soutien aux Aidants en offre sous différentes formes dans ses locaux et à domicile. À la maison, celui-ci peut être ponctuel où s’étendre sur des périodes allant jusqu’à 72 heures.

« Nous offrons du répit pour toutes les formes d’atteintes cognitives, mais aussi pour tout autre type de besoins, souligne la directrice générale de la Maison soutien aux Aidants. On ratisse large, par exemple, en aidant la maman d’un enfant malade. »

Aussi, l’organisme travaille à offrir une stabilité dans son bassin d’accompagnateurs-répit — lequel est appelé à grossir sous peu (voir autre texte) —, le tout dans un souci de sécurité pour la personne aidée et de quiétude pour l’aidant. « Si un aidant vit de l’inquiétude, son répit ne sera pas bénéfique », fait remarquer Mme Hébert.

Lors du spectacle de Steeve Diamond, qui aura lieu à 19 h, l’exposition photographique Solidaires sera également présentée. Elle mettra en image et en lumière des proches aidants, qui chaque jour, prennent soin d’un aîné. Les billets pour la soirée sont en vente au coût de 10 $. Ils sont disponibles à la Société Alzheimer de Granby et région située au 356, rue Principale, local 3, Granby (450-777-3363) ou à la Maison soutien aux Aidants au 197, rue Paré, à Granby (450-375-9115, poste 226). 

Accompagnateurs recherchés

Grâce à une belle collaboration avec le CIUSS de l’Estrie CHUS, la Maison soutien soutien aux Aidants a vu sa clientèle monter en flèche au cours des derniers mois. Les relais-répit dans les locaux de l’organisme attirent chaque semaine une cinquantaine de participants. Actuellement, 56 personnes bénéficient de répits à domicile, un chiffre appelé à augmenter.

Un heureux problème qui pousse l’organisme à garnir son bassin d’accompagnateurs-répit. «La demande est grande, élevée, confirme Marie-Pierre Hébert, directrice générale de l’organisme. Cela vient d’un partenariat plus large avec le CIUSS. On recherche donc activement des accompagnateurs pour, par exemple, le répit à domicile, un projet qui fonctionne super bien.»

L’organisme invite donc les gens ayant une expérience pertinente et un secondaire V complété à se manifester. Après avoir vérifié les antécédents judiciaires des personnes intéressées, il veillera à leur offrir la formation nécessaire leur permettant d’intervenir auprès d’une clientèle malade, vieillissante, en perte d’autonomie ou en fin de vie.

Pour ceux et celles que ce poste intéresse, communiquez avec Geneviève Dessureault, coordonnatrice des services, au 450-375-9115 poste 219. Isabelle Gaboriault