L’opportunité de pouvoir ainsi circuler dans les couloirs des deux institutions politiques au cœur de la démocratie canadienne et québécoise a quelque chose de solennel aux yeux de Daphné Poulin.

De Granby à la Chambre des communes

Après avoir brigué les suffrages pour le Parti Vert du Québec et récemment siégé à l’Assemblée nationale dans le cadre du Parlement jeunesse du Québec, Daphné Poulin prendra la route de la Chambre des communes, du 31 mars au 5 avril prochain. La Granbyenne représentera la circonscription de Shefford à la simulation parlementaire toute féminine du programme « Héritières du suffrage ».

Initiative de l’organisme À voix égales, « Héritières du suffrage » a pour objectif de promouvoir la place des femmes dans toutes les instances politiques du pays. Mis sur pied en 2017 pour marquer le centenaire du droit de vote des femmes au fédéral et le sesquicentenaire de la Confédération canadienne, le programme permet à 338 femmes de 18 à 23 ans, issues de tout autant de circonscriptions fédérales, de vivre l’expérience parlementaire tout en communiquant leur vision de l’avenir du Canada.

Au cours de la semaine d’immersion, les candidates rencontreront députés, ministres et chefs de parti fédéraux, en plus de prendre part à un forum sur des questions autochtones et de suivre plusieurs formations.

C’est par l’entremise d’une amie, qui avait pris part à la première mouture du programme en 2017, que Daphné a entendu parler d’« Héritières du suffrage ».

« J’étais curieuse, relate-t-elle. C’est un organisme qui fait la promotion de l’implication des femmes en politiques avec un lien historique, et la place des femmes est une des causes qui me rejoint le plus. C’est un peu pour cette raison que je m’étais lancée en politique l’an dernier. Parce que je trouvais qu’il n’y avait pas assez de voix féminines dans la région. »

Pour déposer sa candidature, les participantes devaient répondre à certaines questions portant sur leur implication sociale et les retombées qu’elles espéraient retirer de l’expérience. Un exercice qui a nécessité temps et réflexion, aux dires de la principale intéressée, mais qui lui a permis de mettre en perspective ses nombreux accomplissements.

Chaque Héritière du suffrage recevra également une bourse de 1000 $ pour mettre sur pied, dans sa circonscription, un projet lié à son expérience. « Il y a une tonne d’activités qu’on peut faire », indique Daphné. « J’aimerais bien en tenir une pour parler de l’implication des femmes en politique avec des jeunes de la région », pense-t-elle tout haut.

Caractère solennel
L’opportunité de pouvoir ainsi circuler dans les couloirs des deux institutions politiques au cœur de la démocratie canadienne et québécoise a quelque chose de solennel aux yeux de la jeune femme de 22 ans.

« Il y a tellement d’Histoire entre ces murs ! s’exclame-t-elle. Ça me rendait nerveuse d’aller dans une pièce où tant de gens ont parlé avant moi et ont marqué l’Histoire. J’avais le sentiment de devoir être à la hauteur. »

Le fait d’occuper le siège du député de Shefford Pierre Breton à la Chambre des communes, revêt également un caractère particulier pour Daphné Poulin. « C’est Pierre Breton qui m’a donné le goût d’aller en politique, confie-t-elle. Je suis allée à l’école avec ses enfants et mes parents suivent sa carrière politique depuis son élection comme conseiller municipal. »

« Il y a quelques années, poursuit-elle, j’ai vu les affiches de Pierre pour sa campagne électorale. Je me souviens d’avoir dit à mon père: ‘‘Un jour, ça sera moi qui serai là ! ’’ »

Celle-ci ne cache d’ailleurs pas que le pallier fédéral est celui qui l’attire le plus au point de vue politique. « Si je retourne en politique, ce sera là », indique Daphné, qui ne compte toutefois pas être sur les rangs à l’élection fédérale automnale. Un retour en campagne n’est pas exclu pour 2023, laisse-t-elle entendre...