La famille Lemay-Gervais, où tous se passionnent pour le karaté.

De Cowansville à Tokyo

Présentement, 18 résidants de Cowansville et des environs foulent le sol japonais. Ils y ont rejoint pas moins de 3 000 karatékas provenant de partout à travers le monde pour y représenter l’école de karaté Alain Veilleux dans le cadre des compétitions du Karate Dream Festival 2018 qui se tiendront à Tokyo ce week-end.

«Notre école de Cowansville va mettre les pieds au Japon pour une compétition: c’est vraiment extraordinaire!», s’exclame avec émerveillement Alain Veilleux, maître de karaté de style Kyokushin.

Celui qui pratique cet art martial depuis l’âge de 11 ans a fondé son école familiale de karaté en 2002, pour pouvoir l’enseigner à ses propres enfants.

Comme il parle du Japon presque chaque cours, il se réjouit que ses élèves aient la chance de visiter le pays d’origine de leur style de karaté. Mais ce voyage revêt également une importance toute particulière à ses yeux.

Selon lui, M. Gilbert, qui a rapporté le style Kyokushin au Canada, est un homme extraordinaire et plein d’anecdotes. « Quand il raconte quelque chose, tout le monde l’écoute avec passion… Mais là, on ne va pas juste écouter des histoires, on va marcher dans ses pas – aller où il marchait avec Sosai Masutatsu Oyama, dans les montagnes et tout!»

«Ce qui me touche le plus dans tout ça, c’est de faire le voyage avec mon maître, le Shihan André Gilbert, qui s’est entraîné avec le grand maître Sosai Masutatsu Oyama [fondateur du style Kyokushin] maintenant décédé, mais qui est une légende. C’était le karatéka le plus fort au monde, qu’ils disaient à l’époque », rapporte M. Veilleux.

Ici, Alain Veilleux, à gauche complètement, est accompagné de quelques élèves qui fréquentent son école de karaté, à Cowansville.

Une compétition amicale
Mais si l’école de karaté de Cowansville se déplace au Japon, ce n’est pas seulement pour faire le plein d’histoires, c’est aussi pour mesurer sa technique à celle d’autres concurrents. Sur les 18 personnes qui font le voyage, dix prendront part aux compétitions.

«Ce n’est pas une compétition élite, alors ça donne la chance à tout le monde de pouvoir participer. De pouvoir faire quelque chose de spécial», explique M. Veilleux.

Il ne se fait donc pas d’attentes. De toute façon, ses élèves seront déjà gagnants par l’expérience qu’ils vivront là-bas. Il admet toutefois que certains de ses élèves sont «élites» dans leur école, et qu’il est donc possible qu’ils ramènent un prix.

Ses élèves gardent aussi la tête froide. Par exemple, Émile Lemay-Gervais, 12 ans, s’en est tenu à un objectif plutôt réaliste, soit de dépasser, au moins, la première ronde. Le jeune homme pourra d’ailleurs compter sur les encouragements de ses parents, car pratiquement toute la famille pratique le karaté à l’école de M. Veilleux (à l’exception du plus jeune), et la bande au complet — les parents et leurs quatre enfants — est actuellement au Japon pour le Karate Dream Festival 2018.

Un défi familial
Émile compétitionnera dans la catégorie des katas, tout comme sa sœur, Florence Lemay-Gervais, qui a neuf ans.

Leur père, le Dr François Lemay-Gervais, a plutôt choisi de se mesurer aux autres karatékas en combat.

Et bien que leur mère, Catherine Lafleur, suive également des cours à l’école d’Alain Veilleux, elle a opté pour un tout autre genre de combat : s’occuper des deux plus jeunes, qui ont 2 et 6 ans et qui débordent d’énergie!

D’ailleurs, Émile est pratiquement plus nerveux à l’idée du voyage qu’à celle de la compétition.

« Je sais qu’à Tokyo, il y a tout le temps plein de monde, donc il ne faut pas que les deux petits se perdent!», a confié l’aîné.

Un souci qui habite bien sûr ses parents, mais selon eux, le jeu en vaut la chandelle.

« [Voyager] était un projet qu’on avait pour peut-être plus tard, mais avec la compétition, l’occasion était bonne », indique M. Lemay-Gervais. Sa conjointe ajoute qu’elle avait aussi très envie de visiter le Japon, et que si tout se passe bien, ce sera le prélude à de prochains voyages.

Après la compétition à Tokyo, la famille prolongera son séjour afin de visiter d’autres villes comme Kyoto, Hiroshima et Osaka. Car comme le dit si bien Mme Lafleur, «tant qu’à le faire, on va bien le faire!»