Annie Bellavance, co-propriétaire de l'Académie équestre la Crinière d'or, et Sarah-Anne Desjardins sont fières de pouvoir offrir l'équitation thérapeutique dans l'écurie du rang René, à Granby

Au galop vers son rêve

Pour déconnecter, se recentrer sur elle-même et vivre le moment présent, Sarah-Anne Desjardins à l’habitude de monter à cheval. L’équitation l’a toujours apaisée et fait grandir. Il n’en fallait donc pas plus à la technicienne en éducation spécialisée pour se lancer dans l’équitation thérapeutique.

«L’équitation peut sauver des vies!», tranche la jeune femme de 23 ans de Cowansville. Dans la sienne, celle-ci a toujours été «magique», insiste-t-elle.

«Quand je vivais quelque chose au niveau des émotions, je venais à l’écurie», raconte celle dont les deux chevaux sont hébergés à l’Académie équestre La Crinière d’or de Granby. Un lieu où elle agit aussi comme instructrice en équitation western.

«Le cheval, plus qu’un chien par exemple, est ultra sensible à comment on se sent, poursuit-elle. L’émotion, il va te la faire sentir, te la dire. En équitation thérapeutique, c’est comme s’il te parlait et toi, tu dois décoder son langage.»

Plus jeune, Sarah-Anne dit s’être beaucoup cherchée en tant que personne. Son expérience de vie, sa formation d’éducatrice spécialisée auprès d’enfants souvent oubliés ou mis de côté et sa passion pour les chevaux l’ont donc guidée vers l’équitation thérapeutique. Aujourd’hui, elle est certifiée par l’Association canadienne de l’équitation thérapeutique (ACET).

Grâce à une précieuse collaboration avec les propriétaires de l’Académie équestre La Crinière d’or de Granby, Annie Bellavance et Philippe Meier, elle entend aider jeunes et moins jeunes à surmonter leurs peurs, leur anxiété ou leur stress. Elle veut amener les gens à mieux gérer leurs émotions, à apprendre à entrer en relation avec les autres ou, encore, à surmonter un traumatisme.

L’impact positif que peut avoir un cheval dans la vie d’un enfant ayant des besoins particuliers, par exemple, Annie Bellavance l’a vu se produire dans son écurie. Devant Mojito ou Hollywood, deux des chevaux de son école d’équitation, son neveu et sa nièce autistes se transforment, dit-elle. «Ce sont des enfants souvent plus solitaires, raconte celle qui est aussi entraîneuse. Mais dans l’écurie, ils vivent une connexion avec le cheval. Ils sont apaisés. Quand ils entrent ici, leur visage s’illumine!»

Sarah-Anne n’a donc pas eu à argumenter pour convaincre Annie d’offrir, en plus des cours d’équitation classique et western, des pensions, des camps de jour, etc., l’approche thérapeutique dans son Académie.

«Pour certains enfants, poursuit Philippe Meier, venir ici c’est le jour et la nuit.»

Travailler en relation avec un cheval est bon autant psychologiquement que physiquement, note Sarah-Anne. «Certains mouvements de physio peuvent, par exemple, être faits à cheval, dit-elle. Bientôt, je vais accueillir une petite fille qui a perdu la vue.»

Selon elle, l’équitation thérapeutique permet aussi de travailler la motricité fine ou globale, l’estime de soi et la gestion de conflits. Il est même possible d’y explorer la relation parent/enfant. «Ça permet une découverte de soi, indique-t-elle. Une forme d’introspection.»

Sarah-Anne Desjardins est éducatrice spécialisée de formation. Son amour des chevaux, jumelé à son métier, a donné lieu au lancement de l'équitation thérapeutique à l'Académie équestre la Crinière d'or de Granby.

En fait, ajoute-t-elle, l’approche s’adapte à chaque personne. Ainsi, elle souhaite accueillir une clientèle composée d’enfants, d’adultes et de jeunes et moins jeunes ayant des besoins particuliers. L’équitation thérapeutique peut se faire dans le cadre d’un cours privé ou en groupe.

«Pour les prix, c’est abordable, insiste-t-elle aussi. Je veux que ce soit accessible, car je veux que les gens viennent!»

Le tout est offert à l’Académie équestre la Crinière d’or située au 164, rue René, à Granby. Au fil des prochains mois, une deuxième écurie de 14 boxes et un nouveau manège tempéré s’ajouteront aux installations déjà présentes. «On aime relever des défis, ne cache pas Annie Bellavance. On pense toujours à s’améliorer et à répondre aux besoins et aux demandes des gens.»

«Ce qu’on veut, conclut son conjoint, c’est partager notre passion avec le monde!»