La coordonnatrice du CAL de Brome-Missisquoi, Sylvie Auclair (la troisième) était accompagnée de nombreux acteurs de Brome-Missisquoi et du monde de la santé afin de lancer la campagne d'appui au travail de proximité récemment.

Au front pour les travailleuses de proximité

Leur travail est largement méconnu du grand public, mais sur le terrain, elles changent des vies. Après presque dix ans d’interventions, les travailleuses de proximité de Brome-Missiquoi sortent de l’ombre pour parler de ce service qui risque de disparaître, faute de financement.

Difficile d’expliquer exactement c’est qu’est une travailleuse de proximité. Elles ne sont que deux présentement sur le territoire et n’ont ni horaire précis ni lieu de travail déterminé. Et elles ont encore moins de quotas de patients à respecter.

« Leur rôle, c’est d’être présentes où sont les familles et de bâtir des liens de confiance avec les personnes qui en ont besoin », explique Diane Lapointe, organisatrice communautaire au CIUSSS, basé au CLSC de Cowansville.

Elles deviennent ainsi des personnes-ressources pour orienter ceux et celles qui en ont besoin vers les organismes présents dans la région. « Il peut s’agir d’aider une personne à trouver du dépannage alimentaire », explique, par exemple, Marilyne Bernatchez-Girard, travailleuse de proximité de Bedford.

Mais des cas beaucoup plus lourds se présentent à l’occasion. « Nos oreilles saignent avec ce qu’on entend parfois », témoigne Mélanie Tétreault, travailleuse de Cowansville. Elle se souvient d’un cas précis d’un homme au passé criminel vivant un moment particulièrement difficile à la suite d’une séparation douloureuse. « Il avait des tendances colériques, raconte-t-elle. Il pouvait, par exemple, s’emporter contre l’avocate. J’étais là pour le ramener à l’ordre et pour l’aider à comprendre les démarches. »

Grâce au soutien et à l’écoute de la travailleuse de proximité, la situation s’est beaucoup améliorée, dit-elle. « Il va beaucoup mieux, il va être papa pour une deuxième fois et c’est moi qui les a accompagnés, lui et sa blonde, à l’échographie », se réjouit Mme Tétreault.

L’enveloppe budgétaire permettant au service d’exister n’était prévue que pour dix ans. Selon les estimations des trois responsables, les services pourront être maintenus jusqu’à la fin de 2019. Elles viennent d’ailleurs de lancer une campagne d’appui au travail de proximité afin de pérenniser le service. « On aimerait avoir du financement ministériel récurrent », explique la directrice de la Maison des Familles des Frontières, Annie Boulanger. D’ici là, les responsables souhaitent continuer à conscientiser les élus, mais également les gens du milieu des affaires, sur l’importance de leur présence sur le territoire. Selon elles, le programme coûterait environ 225 000 $ à faire fonctionner annuellement.