Frances Champigny, présidente de l’Association des personnes handicapées physiques de Brome-Missisquoi, Éric Tremblay, membre du conseil d’administration, et Réjean Trottier, propriétaire du Canadian Tire de Cowansville, ont présenté la toute nouvelle campagne pour l’accessibilité universelle.

APHPBM: une nouvelle campagne frappante

Des escaliers, une marche de quelques centimètres ou une porte qui ne s’ouvre pas automatiquement sont autant d’obstacles auxquelles doivent faire face les personnes handicapées physiques ou à mobilité réduite lorsqu’elles veulent, comme tout le monde, visiter des lieux touristiques, de loisir ou encore commerciaux.

Depuis dix ans, l’Association des personnes handicapées physiques de Brome-Missisquoi (APHPBM) fait campagne pour que les commerçants adaptent leurs installations. Pour souligner cet anniversaire, une nouvelle campagne publicitaire vient d’être lancée.

Sur la publicité, imaginée par des étudiants en publicité de Richard Leclerc, on voit une personne en fauteuil roulant faisant face à quelques marches qui le séparent d’un commerce. Dans les fenêtres, on y lit « Vous voyez ouvert. Nous voyons fermé. Ouvrez-vous à l’accessibilité universelle ».

La photo a été prise à Cowansville devant un commerce toujours inaccessible pour les gens comme Éric Tremblay, membre du conseil d’administration de l’organisme et mannequin le temps de la publicité.

M. Tremblay a été victime d’un accident de travail, il y a un peu plus de sept ans, qui l’a laissé paralysé du bas du corps. Au-delà de la réadaptation physique, il a dû tout changer dans sa vie, à commencer par sa maison qu’il a dû adapter à sa réalité. Il s’est aussi buté à l’inaccessibilité de certains endroits clés.

« Quand on est debout, on ne se rend pas compte qu’un seuil de porte, une porte qui ouvre du mauvais bord ou une marche peut être un problème pour certaines personnes. Moi-même, je n’en étais pas conscient avant. L’accident a changé ma vie, mais ça a changé ma vie de ma famille aussi. Je ne peux plus aller où je veux. Je suis limité dans mes activités avec mes quatre enfants. » Par exemple, il ne peut plus les accompagner dans certains loisirs, notamment.

Progrès

Devant ce constat, il a réorienté sa carrière. « J’avais une entreprise d’entretien paysager et, évidemment, je n’avais plus les capacités physiques pour faire ce travail. Après un long processus de réadaptation, j’ai essayé de trouver un côté positif à tout ça. J’ai décidé de développer une entreprise de consultation pour des projets d’adaptation au niveau résidentiel et commercial, explique-t-il. J’accompagne les gens dans leurs démarches. »

Ces étapes ne sont pas évidentes pour une personne qui vient de vivre un tel traumatisme.

Au fil des dernières années, il trouve toutefois qu’un grand progrès a été fait dans Brome-Missisquoi pour rendre accessibles les édifices pour les personnes handicapées physiques ou à mobilité réduite, qui composent 15 % de la population.

Au-delà de l’accessibilité à l’immeuble, il y a l’aménagement de l’espace qui est aussi important, souligne M. Tremblay. « Il faut comprendre qu’accessibilité et adaptation, sont deux mots complètement différents, dans le sens où un commerce peut être accessible, mais est-ce qu’il est adapté? Est-ce qu’il est fonctionnel une fois à l’intérieur? En théorie, si on est capable de rentrer, on devrait être capable d’aller aux toilettes et de se déplacer. J’ai tout le temps de l’aide, mais on a envie d’être autonome et de ne pas toujours dépendre des autres. »

Loisirs et tourisme
Par exemple, les édifices patrimoniaux et certains bâtiments plus âgés, comme les écoles, ne sont toujours pas accessibles aux personnes handicapées physiques. « C’est pour ça que le programme de subvention pour adapter les entrées de commerces, géré par la MRC, va être très utile pour ces commerces-là, qui n’ont pas mauvaise volonté, précise de son côté Louise Gagnon-Lessard, coordonnatrice en accessibilité universelle à l’APHPBM. Il y a aussi les lieux d’hébergement, de loisirs et de tourisme qui sont de plus en plus en phase de s’adapter. À partir du moment où un vignoble décide de rafraîchir son infrastructure, il va la rendre accessible, parce que les touristes aussi vieillissent et ont besoin d’endroits du genre, mais adaptés. »

Elle donne aussi en exemple les arénas, les salles de spectacles ou les sentiers qui, pour être accessibles à la clientèle de l’association, doivent être bien tapés pour permettre aux fauteuils d’y rouler.

« C’est une question de santé publique de permettre aux gens de sortir de chez eux, de circuler, de se mêler à la société », souligne Mme Gagnon-Lessard.

Concours

Plus de 31 400 cartes postales ont été envoyées partout dans Brome-Missisquoi. En plus d’y voir la nouvelle image publicitaire de l’APHPBM, l’organisme propose un concours.

Les répondants courent ainsi la chance de gagner 500 $ s’ils répondent aux trois questions et déposent ensuite leur carte postale dans une des pharmacies participantes — les pharmacies ont été les premiers commerces à adapter leurs installations —, au Canadian Tire de Cowansville et aux locaux de l’APHPBM.

Le concours sert à frapper l’imaginaire et à intéresser les gens à cette nouvelle campagne, indique Louise Gagnon-Lessard.