Synthia Harnois, mère de deux jeunes garçons, se bat actuellement contre un cancer du foie.

Accompagnée d'une armée pour affronter le cancer

Synthia Harnois devra une fois de plus faire preuve de grand courage et de résilience. La Roxtonnaise a reçu un diagnostic très difficile à encaisser. Son foie est attaqué par de nombreuses tumeurs. Malgré les faibles chances de survie, la jeune mère de famille a décidé de tout donner dans cet ultime combat dans l’espoir de faire mentir des pronostics. Elle combattra avec l’aide précieuse de ses proches.

Travailleuse autonome dans le domaine de la massothérapie, Synthia Harnois cumule les contrats depuis son premier cancer à l’œil droit pour réussir à payer ses factures. Avec cette autre tuile, elle a pris la décision de déménager chez ses parents pour réussir à se concentrer sur l’essentiel : sa santé et celle de ses enfants.

Peu avant les Fêtes, elle a commencé à avoir des problèmes de santé qui se sont d’abord présentés comme un virus qui refusait de partir. Elle s’est mise à dormir beaucoup. Mais son état ne s’est pas amélioré.

Le 22 février, le diagnostic est tombé. Et il n’était pas reluisant. Synthia a une récidive de son premier cancer qui s’était attaqué à son œil droit. Après la maladie, elle avait dû recommencer à travailler rapidement pour réussir à boucler les fins de mois. Ce rythme de vie ne lui a toutefois pas permis de retrouver toutes ses forces. Elle croit qu’en raison de cette fatigue, le cancer en a profité pour revenir avec une force inouïe. Son œil était guéri, mais les médecins ne surveillaient pas son foie, pourtant relié aux yeux. Elle donne en exemple les yeux jaunis par la jaunisse... Maintenant qu’il est trop tard pour prévenir, elle préfère se concentrer sur le présent et l’avenir.

Traitement agressif
Synthia a bien l’intention de faire partie des rares personnes qui survivent à ce type de cancer très agressif. En peu de temps, elle s’est ressaisie et a décidé de se lancer vers la seule solution qui s’offrait à elle. Elle a commencé par un traitement-choc combinant deux types de chimiothérapie. « L’immunothérapie, c’est le traitement que je reçois. J’ai deux médicaments en même temps pour stimuler le système immunitaire. C’est assez nouveau. On tente quelque chose, puisqu’il n’y a pas grand-chose à faire. Les organes qui sont bons reçoivent ça aussi, donc ça peut venir provoquer une grande toxicité dans le corps. C’est là qu’il peut y avoir des pneumonies qui embarquent et ça devient difficile à gérer... C’est ça les grands risques en fait. »

Une seule personne dans le monde aurait bien répondu au traitement jusqu’à présent. Mme Harnois compte bien être la deuxième.

Elle a reçu son premier traitement au début du mois. Les trois autres seront échelonnés aux trois semaines. Ensuite, il y aura un suivi aux deux semaines.

Combat de championnat
Son premier combat contre le mélanome qui s’était attaqué à son œil, en 2016, lui a servi de préparation pour cette récidive brutale, estime la massothérapeute de profession.

« Il y a plein de deuils, ou de peurs, que je n’ai pas parce que j’ai déjà passé à travers ça, dit-elle. Aussi, je suis allée vers le domaine naturel avant de faire de la radiothérapie pour mon œil. Je me disais que j’avais ainsi plus d’un tour dans mon sac. Je sais que les statistiques ne sont pas favorables, mais c’est une maladie assez rare et des personnes atteintes de mon âge qui sont outillées comme moi, il n’y en a pas beaucoup, alors... »

Synthia peut compter sur une bonne équipe de soutien. Ses garçons, William et Édouard, savent que leur mère a un nouveau combat à mener, mais n’en connaissent pas la gravité. Ils sont là pour la supporter. Ses parents aussi sont bien présents. Ils l’ont d’ailleurs accueillie avec ses enfants. Dès qu’elle a reçu le diagnostic, elle a vendu ses meubles et libéré son appartement pour vivre le moins de stress financier possible.

Une armée de cœur
Il y a aussi ses amis qui l’appuient avec, à leur tête, Jean-Guy Gagné, le partenaire d’affaires de la combattante. « La force de Jean-Guy, c’est qu’il est capable d’aller chercher la Terre entière et de tout brasser pour que ça se passe. »

Synthia Harnois peut compter sur son partenaire d’affaires, Jean-Guy Gagné, pour l’aider financièrement grâce à diverses activités de financement.

Synthia et Jean-Guy ont véçu un coup de foudre professionnel il y a moins d’un an. Ensemble, ils ont développé une plateforme pour aider les massothérapeutes.

Les assurances de Mme Harnois ne lui donnent qu’un petit montant par semaine, bien insuffisant pour les dépenses courantes. M. Gagné n’a donc pas hésité avant de mettre en place un solide plan d’action pour amasser des fonds et ainsi aider sa protégée, qu’il surnomme « Synthia la guerrière ». Il l’aide à se concentrer sur sa santé sans se soucier de son portefeuille.

Il a monté une armée, son équipe de cœur, prête à tout faire pour leur chef, comme il l’illustre.

Collecte de fonds
Une campagne Gofundme a été lancée, de même qu’un site web (synthia-la-guerriere.com) et une page Facebook où des nouvelles seront données régulièrement. En date de lundi midi, plus de 3 700 $ avaient été amassés par la campagne de sociofinancement.

Une soirée « Viva la vida » sera aussi organisée, histoire de faire la fête, indique Mme Harnois.

Jean-Guy Gagné refuse de parler d’objectifs financiers, mais aimerait amasser au moins 50 000 $. « Cette fille-là ne travaillera plus et elle a de jeunes enfants, souligne-t-il. The sky is the limit. Espérons. »

Le compositeur de musique méditative Yves Ruhlmann composera de la musique basée sur la vie de Mme Harnois. Ces pièces seront imprimées sur CD et remises à toutes les personnes qui auront fait un don d’une valeur minimale encore à déterminer.

Un spectacle-bénéfice est aussi prévu sous peu.

« Pour faire un miracle, ça prend tout un monde ! », a conclu Synthia Harnois, visiblement prête à se battre.