Les cultures de couverture protègent les sols de l’érosion due à la pluie.
Les cultures de couverture protègent les sols de l’érosion due à la pluie.

Une graine qui sera parapluie

CHRONIQUE / La saison des récoltes arrive. Les cultures seront retirées des champs. Le sol sera maintenant nu, même s’il ne devrait pas l’être. Les premières récoltes sont les légumes, mais pour de grandes superficies au Québec, ce sont les « grandes cultures » qui seront bientôt sorties des champs. Ces cultures de grandes surfaces sont les céréales, le soya et le maïs à ensilage. Certaines prendront le chemin des silos et des moulanges dès la mi-septembre. Cependant, une saison de croissance peut facilement s’étendre jusqu’en novembre. Il s’agit de juste assez de jours pour permettre la germination et la bonne croissance d’une autre culture avant la neige. On nomme celle-ci culture de couverture.

Pour germer, une semence a besoin d’être déposée au sol, couverte ou pas de terre, et de profiter d’eau et de chaleur. Bien que la recette soit simple, encore faut-il avoir le temps et les outils pour aller la placer au bon endroit. C’est ce que le groupe d’agriculteurs participants au projet collectif agricole du bassin versant du lac Boivin, à Granby, a dit aux agronomes qui les accompagnaient lors d’un atelier participatif en février dernier. Convaincus des bienfaits des cultures de couverture, les participants, comme la majorité des agriculteurs, les appellent également « engrais verts ». Des plantes qui servent à couvrir les sols et qui, souvent, ne seront pas récoltées.

Comme leur nom le décrit bien, elles seront de la nourriture verte pour les vers de terre, les micro-organismes du sol, bref, elles sont bénéfiques à la santé des sols. D’un point de vue agronomique, il est facile de convaincre pas mal tout le monde. Cependant, point de vue pratique, l’exercice de prévoir un deuxième chantier de semis dans la même saison demandait un accompagnement logistique et financier pour les producteurs.

Un semoir adapté aux cultures de couverture sera piloté en formule forfaitaire par un agriculteur expérimenté du coin, grâce notamment à l’appui de l’OBV Yamaska, de la Ville de Granby et de la MRC de La Haute-Yamaska.

La commande a été faite, et livrée. L’OBV Yamaska, coordonnateur du projet, a soutenu les démarches pour se procurer un semoir adapté à ces semis en dérobée (après une culture) ou en intercalaire (entre les rangs d’une culture principale). Ce semoir a été préparé pour la saison et sera piloté en formule forfaitaire par un agriculteur expérimenté du coin. Les coûts des semences et des travaux seront, quant à eux, soumis aux programmes d’aides financières agricoles mis en place par la ville de Granby et la MRC de La Haute-Yamaska, complémentaires au programme Prime-vert du ministère de l’Agriculture.

Tout est en place pour que plus de sols soient couverts et protégés contre l’érosion et que les semences se prennent cet hiver pour des parapluies!

Isabelle Martineau, agr.

Club conseil Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA, du Réseau Agriconseils Montérégie et d’une aide financière du programme Prime-vert du MAPAQ.