La fameuse barre d’effarouchement.

Un compromis pour sauver les oiseaux champêtres

CHRONIQUE/ « Pouvez-vous faire votre première coupe de foin à la mi-juillet pour sauver les oiseaux champêtres qui font leur nid au sol au printemps ? », a demandé, récemment, une biologiste aux agriculteurs du bassin versant du ruisseau Brandy de Granby.

Normalement, pour optimiser leur rendement, les fermes laitières/bovines procèdent à leur première coupe de foin à la fin de mai. Attendre à la mi-juillet était donc impossible. Pour éloigner les oiseaux des champs, pour les faire fuir, l’effarouchement est alors apparu comme un bon compromis. Une idée née de discussions avec les agronomes et agriculteurs. Mais qui veut courir devant une faucheuse ? La solution la plus simple a donc été de munir les tracteurs d’une barre d’effarouchement.

Parmi les espèces fauniques en déclin, phénomène dû à l’activité humaine, les oiseaux champêtres sont particulièrement touchés. Depuis les années 70, leur population décline d’environ 5 % par année. Parmi les espèces les plus affectées, il y a celles qui nichent au sol et qui ont besoin d’un grand espace pour vivre. Une des problématiques majeures qui limitent la survie des oiseaux champêtres est que la nidification a lieu en même temps que la première coupe de foin.

Parmi les mesures proposées par le regroupement Québec- Oiseaux pour favoriser leur survie, l’utilisation de la barre d’effarouchement, est une des plus faciles à appliquer. La technique consiste à faire fuir les oiseaux par le mouvement et le bruit de la barre avant le passage de la faux. Elle vise principalement les femelles, car celles-ci ont tendance à rester sur le nid pour le protéger. Cette méthode a déjà fait ses preuves en France. Les agriculteurs qui l’ont essayée ont été surpris par la quantité d’oiseaux effarouchés.

Le goglu.
La sturnelle des prés.

Cet été, dans le cadre du projet d’Amélioration de la biodiversité en milieu agricole du bassin versant du ruisseau Brandy, les agriculteurs ont l’opportunité de se familiariser avec cette technique grâce à deux barres, fabriquées localement, et installées au-devant de leur tracteur. Une caméra fixée sur la barre filme la scène. Le nid ainsi que les oisillons sont, la plupart du temps, détruits, mais la femelle, elle, prend la fuite, peut survivre et ainsi refaire une autre couvée, ailleurs. Les oiseaux ciblés par le projet sont principalement le goglu et la sturnelle des prés. L’inventaire a été fait par Nature-Action Québec (NAQ) en 2015.

Le projet est piloté par Gestrie-sol, en collaboration avec NAQ, grâce au financement du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, dans le cadre du programme Prime-vert.

Qu’ont répondu les agriculteurs à la biologiste ?

Ils ont voulu comprendre pourquoi il était important de tenter de sauver les oiseaux champêtres.

« Pour le service qu’ils vous rendent en se nourrissant d’insectes parfois nocifs pour vos cultures », leur ont alors répondu les conseillers.

Êtes-vous familiers avec le chant du goglu ?

C’est un magnifique concert !

Tout est dans tout.

Club conseil Gestrie-sol

Cette chronique et rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA, celle du Réseau Agriconseils Montérégie, du programme Prime-Vert du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, de la Fondation de la Faune du Québec et de Syngenta.