Saint-Valentin et sexe

Maintenant que j’ai votre attention…

À tout bout de champ, lorsque vient le temps de la Saint-Valentin, me semble que les âmes se réchauffent et que les couples se rapprochent. À en croire ce que l’on voit dans les publicités et les réseaux sociaux, beaucoup d’effort sont mis pour faire de ce mois d’hiver, un moment où cupidon lance sa flèche. Curieuse, j’ai consulté l’Institut de la statistique du Québec pour y apprendre qu’il n’y a pas plus de naissances en novembre (faites vos calculs !) qu’à tout autre mois de l’année. En fait, les naissances sont stables d’un mois à l’autre (+/-8-9 %/mois). La période de septembre à novembre, qui est le trimestre des engagements où +/-50 % des mariages sont célébrés, ne semble pas non plus avoir d’effet sur la natalité. Quelles petites bêtes que nous sommes.

Moi qui ai enfanté à deux reprises en mai (eh oui, un agronome en grandes cultures prend des vacances en août, un autre calcul à faire !), je pensais reproduire la nature, où au printemps, le temps plus clément et l’accès aux ressources semblent donner une chance à la progéniture. Qu’en est-il des principaux animaux de ferme ?

La réalité étant que nous mangeons de la viande et buvons du lait à l’année, les principales productions animales se sont ajustées et ont reproduit en quelque sorte des formules gagnantes de la nature. Lumière, lune, odeur et son sont des trucs pour avoir des effets sur les chaleurs.

En production laitière, pour pouvoir donner du lait à l’année, les vaches doivent vêler et donner naissance à un veau annuellement. La vache, 60 jours avant son vêlage, est préparée pour la grande aventure avec une mise au repos et une alimentation surveillée. Après son vêlage, on continue à la surveiller ! Elle commence sa lactation sous les yeux attentifs des producteurs. Les chaleurs arrivent environ deux mois après et l’insémination se fait par la suite. Ainsi, par insémination, le plus beau et le plus fort des géniteurs est sélectionné pour assurer une descendance de productrices remarquables de lait. La gestion par quota permet d’avoir du lait de façon régulière toute l’année, en minimisant les surplus sur le marché.

Pour les cochons, la production est un peu différente. La truie a en moyenne 2,5 portées de porcelets par année. Le tout commence par une insémination alors que le verrat rôde autour pour stimuler les chaleurs. La gestation est de 115 jours. Quand la truie met bas (on dit aussi « cochonner »), elle reste et nourrit ses porcelets pendant 18 à 21 jours. Une bonne portée peut aller jusqu’à 18 porcelets ! Par la suite, les porcelets sont sevrés et la truie retombe en chaleur 3 à 5 jours plus tard. La roue recommence !

Pour les moutons, la brebis peut mettre bas 1,5/fois l’an avec jusqu’à quatre agneaux par portée. Les chaleurs peuvent être induites de plusieurs façons, mais en général c’est par photopériode (changement de luminosité induisant une chaleur). Sinon, il y a toujours la bonne vieille méthode par le bélier, ou par les éponges d’hormones. Tout cela pour induire des chaleurs et ensuite inséminer. Les agneaux restent en général avec leur mère une longue période de temps !

Et, finalement, à ceux qui se reconnaîtraient parmi les coqs, sachez qu’en production avicole, nous pourrions nous demander par où l’on commence : l’œuf ou la poule ? La production étant différente pour les œufs de consommation et les œufs d’incubation pour les poulets à chair, sachez qu’une poulette est prête à se reproduire après 26 semaines de vie et donnera environs 150 œufs dans sa période de ponte de 35 à 45 semaines. Seules les poulettes pour les œufs d’incubation ont la chance de fréquenter les coqs. Les œufs de consommation sont donc assurément stériles. Pauvres poulettes !

En cette période de fête de l’amour, laissez-moi vous rappeler qu’un célibataire de Granby tente sa chance à rencontrer une conjointe pour son beau projet de vie qu’est le métier d’agriculteur. Suivez son histoire à l’émission l’Amour est dans le pré.

Parce que l’amour n’est pas qu’à tout bout de champ dans le pré… Bonne Saint-Valentin !

La série de chroniques en agro- environnement est rendue possible, notamment, en vertu du sous-volet 4 du programme Prime-vert 2013-2018 du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).