Cadrat de cartographie de mauvaises herbes (dépistage)

Recommandations et actions

CHRONIQUE / La commission sur les pesticides est terminée. Elle avait été déclenchée à la suite de « l’affaire Louis Robert » qui avait dénoncé l’ingérence de l’industrie privée dans la recherche publique. 

Un rapport de 33 pages dans lequel 700 recommandations ont été proposées sous forme de témoignages, rapports et observations. Une trentaine ont finalement été retenues par le gouvernement de la CAQ.

Décevant ou encourageant pour les agronomes de terrain et les agriculteurs ? Je crois que nous devons laisser les gens concernés (politique, syndicat, ordre professionnel) faire leur travail et continuer de bien faire le nôtre.

Les chercheurs auraient voulu s’assurer qu’aucune compagnie privée ne s’ingère dans leurs résultats de recherche. Le public, censé être protégé par l’Ordre des agronomes (OAQ) aurait,de son côté, souhaité que celui-ci s’assure qu’aucune apparence de conflit d’intérêts liée à la vente de pesticides ne soit notée chez les agronomes. Ce même public aurait aimé plus d’informations, de recherches ou de transparence sur les effets sur la santé des pesticides, comme la reconnaissance du Parkinson comme maladie professionnelle. Aucun pesticide n’a également été formellement interdit. Plusieurs recommandations touchent clairement le rôle d’un conseiller agricole. Un de ceux-là est le respect des réglementations en place. Les pesticides sont réglementés par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Or, nous accompagnons les agriculteurs lorsqu’ils complètent leur registre de pesticides. Quand ils déterminent les distances de pulvérisation des zones sensibles (puits, cours d’eau). Lorsqu’un ravageur détecté nécessite un pesticide réglementé ou lors d’un besoin de formation pour renouveler leur permis ou pour se procurer un équipement de protection approprié.

La CAQ souhaite que les agriculteurs puissent opter pour des pratiques culturales innovantes. C’est dans ce contexte que se fait notre travail d’accompagnement à la transition biologique de certaines fermes. Si elles ne vont pas jusqu’à la transition, l’adoption de plusieurs pratiques dont l’utilisation d’engrais verts, les rotations de cultures et l’amélioration de la santé des sols finissent tout de même par se solder par la réduction de pesticides. Nous appelons cela de la lutte intégrée. Les administrateurs de Gestrie-sol ont d’ailleurs invité un agriculteur en production bio à venir témoigner à leur assemblée générale le 13 mars prochain. Signe des temps.

Les agriculteurs peuvent avoir jusqu’à 85 % de leurs frais de conseils agronomiques remboursés par le MAPAQ. Le programme Prime-vert prévoit un plafond annuel d’aide financière qui ne reflète pas la réalité du travail à faire et la dimension des fermes à accompagner. Aussi, ils doivent payer 15 % pour se faire sensibiliser face à un besoin qu’ils n’ont pas tous encore. C’est là que, parfois, le bât blesse.

La CAQ propose également aux municipalités de faire respecter leur règlement sur les bandes riveraines pour que ce qui est appliqué dans le champ reste dans le champ. Nous y travaillons depuis des années et avec entrain. En Haute-Yamaska, 80 % de nos bandes riveraines sont respectées. La Fédération de l’UPA de la Montérégie a mis l’épaule à la roue cet hiver et elle souhaite que d’autres MRC obtiennent un aussi bon rendement.

Finalement, en attendant que les gens concernés fassent leur travail de représentation, les conseillers en agroenvironnement et leurs valeureux clients se préparent pour une prochaine saison et cherchent des étudiants dépisteurs !

Isabelle Martineau, agronome

Conseil Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA, celle du Réseau Agriconseils Montérégie et d’une aide financière du programme Prime-vert du MAPAQ.