N’attendez pas pour faire partie de la bande!

CHRONIQUE / Ceinturer les champs d’une bande de végétation vivace, c’est comme d’assoir notre capital de sol fertile dans le champ. Garder le champ dans le champ !

Avec tous les efforts que plusieurs générations d’agriculteurs ont mis à tenter d’enrichir ce sol peu fertile de l’Amérique du Nord. Après l’avoir défriché et engraissé par du fumier et malgré quatre, cinq mois de froid qui gèlent la minéralisation : il ne faut surtout pas le perdre !

Là où cela nous concerne tous, c’est quand ce sol sorti du champ prend le chemin du cours d’eau. Comme ce sol ne vient jamais seul, il transporte avec lui phosphore et pesticides, ce qui ne fait pas bon ménage pour la qualité de l’eau et de la faune aquatique.

À part cela, pourquoi une bande riveraine ?

La Fédération de l’UPA de la Montérégie redouble d’efforts, cet hiver, pour répondre à cette question pour et avec ses membres. Une ressource dynamique a été engagée expressément pour cette tâche.

Pour donner le ton et peut-être même quelques réponses, cette dernière est un agronome spécialisé en agroéconomie. Bonne affaire ! Car disons que lorsque l’on demande à des agriculteurs de ne pas cultiver une partie de champ, il faut sortir nos calculatrices et faire des calculs… comme toutes les autres pratiques que la ferme exige. Trop souvent, on calcule ce qu’on ne cultive pas, ce qui n’est pas faux. Mais est-ce qu’on le calcule bien ?

Les marges renoncées ne sont pas la seule chose qu’il faudrait prendre en compte. Les plantes, elles peuvent nous rendre services et il faut tenter d’en apprécier les services. La littérature le démontre : barrières aux sédiments et stabilisation des berges. C’est d’autant plus avantageux que le fait de se protéger d’une amende ou de participer à l’effort collectif d’un milieu plus sain. Et bien qu’on puisse faire dire n’importe quoi aux chiffres, on pourra conclure qu’il y a bel et bien des gains à respecter sa bande riveraine. Pour soi et collectivement.

Vous allez nous dire que la protection de l’environnement n’a pas de prix. C’est ce que les municipalités ou les MRC se disent à coup de réglementations. Alors que le ministère de l’Environnement dicte les règles de base avec sa Politique sur la protection des rives, du littoral et des plaines inondables, le milieu municipal, chargé d’appliquer la politique, peut être créatif et exiger plus que les règles de base.

Surtout quand ces dernières semblent ne pas être prises au sérieux. Trois mètres de la ligne des hautes eaux, dont un mètre sur le replat. Voici la fameuse règle de base. Trois mètres sur le replat, voici ce qu’a fait la MRC de la Haute-Yamaska. Phénomène qui se jase partout au Québec. Les municipalités peuvent sévirent.

La table est donc mise pour une bonne mobilisation hivernale du milieu agricole. Parler réglementation et économie devrait attirer les foules. D’ici la mi-mars, plus d’une quinzaine de rencontres sont planifiées. 

En Haute-Yamaska, le syndicat de base recevra Jérémie Mercier, agronome, ce jeudi 13 février à l’Hôtel Castel de Granby.

Faites partie de la bande !

Isabelle Martineau, agronome

Conseil Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA, celle du Réseau Agriconseils Montérégie et d’une aide financière du programme Prime-vert du MAPAQ.