Louis Robert en action.

L’héritage de Louis Robert

CHRONIQUE/ Ces jours-ci, à tout bout de champ dans plusieurs médias, on entend parler de l’histoire de Louis Robert, cet agronome fonctionnaire au ministère de l’Agriculture (MAPAQ), congédié pour avoir dénoncé l’ingérence de compagnies d’intrants agricoles dans la recherche publique sur les pesticides. Des enquêtes ont lieu et des changements seront sûrement apportés au sein des organisations concernées. Nous attendrons les impacts que cette histoire aura sur la pratique agronomique. En attendant, sur une note positive, il serait bien que nous nous rappelions des enseignements que nous avons reçus de lui.

La scène se passe au champ, le nez dans un trou aménagé pour donner une formation et une pelle à la main, pour analyser et discuter des bonnes pratiques agricoles autour d’un profil de sol.

Quand nous travaillons moins le sol avec nos charrues ou, qu’encore, nous arrêtons de les « revirer » et semons directement notre maïs, notre soya et nos céréales, ce sont les vers de terre qui en profitent. Ils peuvent profiter plus longtemps des tunnels qu’ils ont creusés et de la terre qu’ils « délayent » avec ce travail. Nous dire que nous avions beaucoup de vers de terre au pied carré, c’est tout un honneur que pouvait nous faire Louis !

La présence de vers de terre est l’indicateur du sol en santé. C,est qu’il y a de la vie au sol. Qui dit vie, dit aussi que le sol est à son meilleur. Il minéralise ou rend disponible plein de minéraux pour les cultures provenant des réserves ou des fumiers. Tout cela, c’est des engrais de moins à appliquer ! C’est aussi de l’argent sous nos pieds et dans nos poches ! Ces trous de vers de terre font également office de drains agricoles. L’eau de pluie ou de fonte des neiges peut ainsi s’infiltrer au lieu de ruisseler sur un terrain et amener avec lui le sol et les pesticides et engrais qui y sont accrochés. Pour bien y creuser, il faut aussi que le sol ne soit pas trop compacté. Un sol compacté étouffe. Il manque d’air. Le passage répété de machineries, parfois dans des conditions humides pas toujours idéales (eh oui, il ne pleut pas toujours quand on veut au Québec !), écrase le sol. Hormis le drainage, les cultures de couverture et le chaulage améliorent la structure du sol, rendant optimales les conditions du sol pour la culture. « Il y a une carence d’air dans nos sols ». « Il y a aurait de l’argent à faire à vendre de l’air ! », disait parfois M. Robert.

Les propos et conseils de Louis Robert provenaient d’expériences en sol québécois ou d’analyses et de recherches scientifiques fiables pour faire avancer la science agronomique. Grâce à la Caravane des sols, avec ses collègues, il arpentait les campagnes et creusait un profil de sol devant des dizaines d’agriculteurs et leurs conseillers, et les discussions partaient ! Curiosité, expérience, objectivité, rigueur, protection des ressources et agriculture durable sont des qualificatifs forts enviables en agronomie et M. Robert peut se vanter de les posséder.

Son héritage, c’est l’environnement, et c’est nous tous qui en profitons !

Merci Louis !

* Allez visionner Le blues de l’agronome sur YouTube au https ://youtu.be/xJftoani2_A

Club conseil Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA.