Faites comme je dis ou comme j’aimerais faire

CHRONIQUE / Les personnages de cette chronique sont fictifs. Toutes ressemblances avec la réalité ne sont qu’un pur hasard. Je vous raconterai dans cette chronique l’histoire de Roberto, Paulo, Pascalo, Juan-Francisco, Sébastio et Enrike, des hommes de passion et qui ne lésinent pas à la partager. Ils ont un point en commun : ils sont agriculteurs, innovateurs, « expérimenteux », n’ont pas l’orgueil de leur erreur et qui surtout souhaitent qu’en partageant leurs pratiques, ils fassent des petits.

Autre point commun : leurs pratiques à partager sont de nature à améliorer la santé de leur sol donc la productivité de leur entreprise. Pour vous, lecteurs, qui dit améliorer la santé de leur sol rime avec améliorer l’impact de leur pratique sur l’environnement.

L’agriculture au quotidien se passe en solo, dans l’étable, dans le tracteur ou une pioche à la main dans un rang de légumes ou de fleurs. Ils observent, prennent des notes, recommencent où ils se sont trompés… un an avant lors des semis ou d’une pratique quelconque. Là où leur matière grise mise en ébullition est intéressante c’est quand ils partagent leur expérience.

Heureusement, en agriculture, la formule de groupe de partage existe. Sous forme humaine, dans les clubs-conseils en agroenvironnement depuis plus de 25 ans, dans les syndicats spécialisés de l’UPA ou récemment sous forme numérique, dans les groupes formés sur les réseaux sociaux. C’est impressionnant de voir ou d’y lire la quantité d’information privilégiée qui y est partagée. Ces agriculteurs donnent sans compter leur truc. Honorablement, la force du réseau fait qu’ils reçoivent également, même si comme leader, ils vont jusqu’à des plateformes américaines ou européennes pour se nourrir de nouvelles pratiques. Le gouvernement n’encourage malheureusement plus la formule de groupe. Il serait souhaitable que celui-ci y voit un tremplin au changement et contribué à sa pérennité.

À cette période hivernale de l’année, les réunions de toutes sortes remplissent les calendriers des agriculteurs. À y lire les invitations aux AGA, journées techniques ou colloques, ont y retrouvent presqu’incontournement nos Paulo, Pascalo, Juan-Francisco ou Sébastio des hommes de passion volontaires à venir partager leurs bons et mauvais coups. Les sujets de l’heure : engrais verts, cultures du maïs aux 60 po d’interligne au lieu du 30po, culture biologique, réduction de pesticides, biodiversité et bandes riveraines.

Par exemple, le 13 mars 13 h 00 au Castel de l’Estrie, suite à l’AGA du club-conseil Gestrie-sol, les administrateurs du club invitent tous agriculteurs intéressés à venir partager avec un certain Pascalo, producteur bio. Je parie que le soir venu, dans l’étable, plusieurs agriculteurs présents jongleront avec de nouvelles idées…