Détresse dans le rang

CHRONIQUE/ Février n’est pas un mois facile en agriculture. En fait, février est dans quelle saison?

C’est connu, les entre-deux saisons laissent les agriculteurs seuls avec eux-mêmes, avec un peu moins d’ouvrage… et plus de temps pour penser. Penser seul, c’est aussi ruminer. De beaux projets peuvent naître ou le désespoir prendre racine. En fait, lorsque l’ouvrage coule à flots, rien n’a le temps de mal aller!

Selon une intervenante en milieu agricole, «une travailleuse de rang», les entre-deux saisons sont des périodes où elle reçoit plusieurs appels à l’aide. Au cœur des familles agricoles (450-768-6995) est au bout du fil pour écouter. Au terme de la Semaine de prévention du suicide, couper l’isolement et être à l’écoute peut sauver des vies. Au lendemain de la Saint-Valentin, les consultations peuvent également sauver des couples. En agriculture, les entreprises familiales sont bâties autour du couple. Chacun doit accomplir ses précieuses tâches. Quand une ferme ne va plus, le couple en sort rarement gagnant. Une garde partagée en milieu agricole, c’est souvent un homme qui se retrouve seul à la ferme… et à la maison.

Le mot d’ordre: ne pas attendre que la situation s’aggrave.

Prendre vite contact avec des ressources d’aide. Quand il le faut, nous ne négligeons pas les efforts pour assurer une bonne croissance à un veau ou une plante. Pourquoi alors ne pas s’offrir ce que l’on a besoin en tant qu’être humain?

Couper l’isolement est une formule qui donne de bons rendements.

Les agriculteurs/entrepreneurs trouvent le moyen de le faire. Selon leur disponibilité et leur intérêt, ils trouvent leur réseau grâce à des implications souvent bénévoles. Les comités de l’UPA, les conseils d’administration d’organismes locaux, les conseils de consultations municipales, les comités de bassins versants, les clubs sportifs, les comités de parents, les organismes comme Fierté agricole, les blogues comme Agrimom sont tous des occasions à ne pas rater pour passer à travers un moment peut-être plus difficile.

Isabelle Martineau, agronome

Club conseil Gestrie-sol

La série de chroniques en agroenvironnement est rendue possible, notamment, en vertu du sous-volet 4 du programme Prime-vert 2013-2018 du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).