Comment la canicule affecte l’agriculture

À tout bout de champ, au mois de juillet, des canicules tombent sur le Québec. La dernière que nous avons eue fut longue et éprouvante pour bien des personnes, mais qu’en est-il dans le monde agricole ?

Dans le domaine des productions animales, les canicules ne sont généralement pas une bonne nouvelle. Que ce soit des animaux à quatre pattes ou à deux pattes, aucun n’apprécie les grandes chaleurs. Généralement, ça peut entraîner une perte de rendement qui peut être notable dépendamment des situations. L’important dans les grosses chaleurs, c’est la ventilation ! Plus il y en a, moins les animaux vont souffrir. Évidemment, il faut qu’il y ait aussi de l’eau à volonté et un endroit ombragé pour que les animaux puissent se reposer et se rafraîchir. L’air climatisé n’est pas une option dans de gros bâtiments d’élevage. Si nous on cuit au soleil, imagez une grosse bête pleine de poils ! Il y a malheureusement eu des décès dans des troupeaux dus à ces grosses chaleurs, surtout chez les monogastriques comme la volaille ou les porcs, malgré toute la volonté des producteurs. Au plan de la production laitière par exemple, ce fut une baisse de lait considérable par endroit qui a eu lieu. C’est un coup direct au portefeuille des entreprises québécoises et parfois la remontée est lente. Reconstruire un troupeau peut être dispendieux et difficile. Pendant ce temps, le manque d’animaux creuse un trou dans l’année financière…

Pour ce qui est du domaine des productions végétales, la canicule s’est aussi bien fait sentir. Si ce n’était que de la chaleur, certaines plantes seraient aux anges. Le maïs par exemple, qui est une plante tropicale, adore les températures chaudes ! Mais les températures extrêmes et prolongées ont tout de même stressé le maïs. Toutefois, le plus gros enjeu a été le manque d’eau. La plupart des cultures ont souffert de déshydratation ! Les signes de stress dans les champs sont flagrants par endroit. Les plus grosses pertes financières ont eu lieu dans les cultures maraîchères, où les plantes sont souvent plus sensibles et ont généralement besoin de beaucoup d’eau. Un champ complet peut être perdu à cause d’une canicule ! Beaucoup d’argent perdu, pour quelque chose que l’on peut malheureusement difficilement contrôler. Le foin, quant à lui, a beaucoup jauni, comme nos gazons par endroit ! La repousse est difficile, ce qui veut dire que le rendement sera nécessairement affecté, que ce soit par une baisse de volume ou un retardement de la coupe. Un champ peut même être détruit si le manque d’eau est prolongé.

Pas facile pour personne cette canicule !

Laurianne Levert-Gauthier, agronome

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA