Cohabitation sur la route: dégagez!

CHRONIQUE/ À tout bout de champ, quand revient le printemps, de grosses et de petites bêtes réapparaissent sur nos routes. La folie atteint chaque conducteur alors que tracteurs et vélos s’ajoutent à l’auto. Tous doivent maintenant cohabiter.

Sachez qu’un tracteur sur la route est en transit vers un champ. Il tournera possiblement très prochainement.

Pour bien se faire voir, et obligatoirement lorsqu’il est d’une largeur excessive, c’est-à-dire de 2,6 m (rappelons que la route a, en moyenne, 3,1 m de largeur) le conducteur actionne ces « 4 flashers». Deux feux jaunes clignotants ou un seul rotatif. De cette façon, malheureusement, il ne peut, au même moment, indiquer et prévenir avec ses clignotants ceux qui le suivent. Les nouveaux tracteurs permettent toutefois cette fonction.

C’est à ce moment que les conducteurs de voiture se demandent intérieurement: puis-je le dépasser?

La réglementation prévoit que l’on peut, presque en tout temps, dépasser une machinerie agricole (ligne simple ou double continue ou ligne double formée de lignes continues et discontinues). Vous pouvez le faire UNIQUEMENT si vous êtes certains de ne mettre personne en danger.

Mais qui peut en être réellement certain? Comment juger un dépassement, alors que la vue est obstruée par la machinerie agricole?

Respirez. Visualisez la nourriture qui sera bientôt dans votre assiette grâce au travail de cette impressionnante machinerie agricole et de son chauffeur, artisan. Et patientez. Dans très peu de temps, il prendra le chemin du champ. Il pourrait aussi tenter de trouver un accotement assez large pour se tasser et vous laisser passer.

Aussi, lorsque la machinerie dépasse 5,3 m ou 7 m, elle doit être accompagnée d’un ou de deux véhicules escortes qui rouleront alors à environ 100 et 150 m de distance. C’est alors tout un train qui s’engage! Encore là, attention lors du dépassement. Mieux vaut ne pas tenter sa chance.

Tasse toé mon’onc!
Pourquoi les tracteurs ne roulent pas plus vite?

En moyenne, leur vitesse peut atteindre 30 à 50 km/h. Hormis la puissance du moteur, ce sont les pneus qui dictent la vitesse maximale de circulation sur la route. Une machinerie agricole est calibrée (pression des pneus et charge du poids) pour travailler au champ. Cette calibration permet d’optimiser son efficacité, c’est-à-dire de minimiser le glissement et donc de réduire la compaction du sol. Personne ne gagne à compacter un sol (moins d’air, moins de vie, plus d’érosion…). Un pneu « mou » augmente sa surface de contact avec le sol et réduit donc la compaction. Par contre, sur la route, ce pneu pourrait s’endommager. Les agriculteurs usent donc de stratégie et de compromis entre le nombre de kilomètres à faire sur la route et au champ pour ajuster leur pression de pneu.

Quoi? Un réservoir à fumier!

Et si en plus le tracteur traînait un épandeur à fumier (qui peut avoir jusqu’à trois essieux). Encore là, patientez.

Dites-vous que ce sont des engrais organiques et non des engrais chimiques que l’agriculteur épandra pour nourrir la plante. Il possède d’ailleurs une recommandation agronomique pour le faire. Plus l’épandeur est gros, plus il devrait idéalement être muni de pneus «haute flottaison» pour ne pas compacter. Aussi, il minimise son nombre de voyages, donc les gaz à effet de serre qu’il émet.

Et les petites bêtes à deux roues dans tout ça?

Aux cyclistes, tâchez d’éviter de circuler en trop longs pelotons ou à plusieurs coureurs de large. Les rangs de campagne ne sont pas libres comme au tour de France...

La recette gagnante sur la route: courtoisie et patience de tous les chauffeurs.

Source: site de la Société de l’assurance automobile du Québec, Machines agricoles, ce que la loi dit

Équipe du club conseil Gestrie-Sol