Club conseil Gestrie-Sol

Actions 2019 du Bassin versant du lac Boivin

CHRONIQUE / Le projet collectif agricole du bassin versant du lac Boivin termine sa deuxième année. Après la caractérisation, le temps était venu de passer à l’action ! Certaines actions sont déjà bien implantées dans plusieurs fermes du territoire. Elles reçoivent d’ailleurs annuellement de l’accompagnement en agroenvironnement d’agronomes non liés, par exemple, par 334 heures de Gestrie-sol. Voici quelques témoignages d’entreprises agricoles prêtes à protéger le sol pour l’hiver !

Substituer le maïs par une autre culture

Ferme Frédéric Ménard 

Ferme laitière et grandes cultures, 7e rang, Saint-Joachim-de-Shefford

« Le printemps 2019 n’est jamais arrivé. La fin de l’automne non plus ! Comme les conditions idéales de semis n’arrivaient pas, j’ai décidé de changer le maïs pour de l’herbe de soudan. Même si ce choix a exigé des modifications dans mes recettes à l’étable, ç’a été la meilleure décision pour mes sols et mon portefeuille. En plus de terminer la récolte tôt, j’ai laissé le sol non travaillé, ce qui le protégera contre l’érosion. »

Toujours couvrir le sol de cultures vivantes

Ferme Mojogui 

Joël Ostiguy

Ferme laitière et grandes cultures, rang Ostiguy, Shefford

« La fin des récoltes de maïs ensilage et de céréales n’est pas la fin de l’ouvrage ! Vite, on applique du fumier, de la chaux et on nivelle et finalise le tout en semant un engrais vert. Cette culture capte les engrais et les garde pour la prochaine saison. Cela agit comme une culture de couverture pour protéger le sol. Ça devient également un excellent repas pour nos vers de terre et ça améliore la santé de nos sols. »

Protéger le ruisseau Bouchard

Ferme Julio inc 

Jean Delorme

Ferme laitière, boulevard 

David Bouchard, Granby

« J’ai, dans ma cours, un ruisseau dont l’eau est parfois stagnante, avec parfois un courant... à contre-courant ! Il passe en plus au travers de mes terres noires. Tout pour lui donner une allure d’eau brune peu inspirante. Pourtant, ce ruisseau est bordé, à sa fin, d’une bande riveraine d’herbacées (en plus du champ de foin), idéale pour maintenir la terre noire en place. Plus haut, au travers le maïs (que je n’ai pas labouré pour l’hiver), la bande riveraine est composée d’arbustes fruitiers pour le plaisir des oiseaux et des cueilleurs. »

Laisser le sol couvert de résidus

Ferme Parent Beauregard 

Louis Beauregard

Ferme porcine et grandes cultures, 8e rang, Saint-Joachim-de-Shefford

« Pour nourrir mon troupeau, je cultive du maïs et du soya. Mes terres sont en pente et orientées vers le parc de la Yamaska (SEPAQ). Le maïs étant une culture annuelle, après la récolte, je laisse une grande quantité de résidus au sol, sans labourer. Au printemps, je dois par contre tolérer que le sol se réchauffe de quelques degrés moins vite qu’un sol labouré pour semer. »

Limiter le ruissellement de surface

Ferme Explosive 

Yvan Savaria

Ferme laitière et acéricole, 1er rang, Saint-Joachim-de-Shefford

« L’eau, on en a besoin, mais pas trop. Quand elle reste à la surface du sol et quitte vers le cours d’eau, elle traîne des engrais, des pesticides, etc. En installant des avaloirs dans mes champs, je dirige alors l’eau de surface vers un drain et limite ainsi l’érosion de surface par le ruissellement. En plus, le sol s’assèche plus rapidement après une pluie et ma machinerie compacte moins le sol. »

Textes : Isabelle Martineau, agronome Club conseil Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA, celui du Réseau Agriconseils Montérégie et d’une aide financière du programme Prime-vert du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.