Francine Talbot vient de réaliser un grand rêve, celui de voir son nom sur la couverture d’un livre, ce qui fait d’elle une auteure. À fleur de P’O’ sera lancé ce vendredi en compagnie de parents et d’amis.

À fleur de P'O': quand un ruisseau croise l’océan

Enfant, Francine Talbot jouait constamment «à l’école». Elle rêvait de devenir enseignante. Amoureuse des mots, de la poésie et de la langue française, elle souhaitait aussi de devenir écrivaine. Aujourd’hui, la grand-mère de cinq petits mousses peut se réjouir de voir un de ses rêves se réaliser. En toute intimité, elle lancera cette semaine À fleur de P’O’, un manuscrit poétique né d’une douce correspondance.

«J’ai lu un texte un jour et c’était empreint d’un grand romantisme, raconte Francine, attablée chez C’est Belge, à Granby, restaurant où elle travaille comme serveuse depuis des années. C’était tout moi! Il y avait les mots, l’amour de l’eau, celle de la langue. C’est venu me chercher.» Et c’est ainsi qu’est née une correspondance toute en poésie entre elle et cet inconnu à la belle plume. L’échange de courriels a duré un an. «Il y a deux ans, j’ai décidé de tout imprimer, raconte Francine, originaire de la Guadeloupe, en Beauce. En nous relisant, j’ai été charmée. C’était tellement beau. C’était un manuscrit poétique!» Mais pas question pour elle de faire les choses à la hâte. Pour la femme de 61 ans, «un livre, c’est un cadeau».

Et que dire des mots. D’ailleurs, toutes ses journées commencent par la réalisation de mots croisés. «Les livres, eux, j’ai besoin de les savoir autour de moi, raconte celle qui disait en avoir six d’entamés le jour de la rencontre. Ils sont nécessaires à mon équilibre.»

Tant qu’à se lancer, elle allait bien le faire. Aidée de son frère Gilles, elle a d’abord mis de l’ordre dans ses correspondances pour les regrouper et les élaguer. Comme les maisons d’édition sont frileuses à soutenir des projets touchant à la poésie, elle a décidé de créer les Éditions Otodidate. «J’ai fait tous mes devoirs seule, lance-t-elle, non sans fierté. Ça a été ardu, car les lois de l’écriture, c’est délicat. J’ai tout fait en bonne et due forme.»

Quand elle a reçu sa confirmation pour ses droits d’auteure, elle dit en avoir eu les jambes coupées. «Quand j’ai tenu mon manuscrit dans mes mains la première fois, je n’avais plus de jambes, lance-t-elle en riant. De cinq pieds, je suis passée à 4 pieds, cinq pouces!»

Un accomplissement qu’elle dit avoir réussi, également, grâce à l’aide de sa réviseure, Katia Bélanger, et l’entreprise en graphisme que gère un de ses cousins, LMG Audace et Créativité.

«Je réalise un rêve! C’est difficile à croire», lance celle qui se définit comme une grande romantique et une tout aussi grande rêveuse. C’est d’ailleurs pour inciter les gens à foncer qu’elle a tenu à partager son histoire. «Vivez vos rêves!», insiste-t-elle. «Moi, je l’ai fait, poursuit-elle. C’est tellement enrichissant. J’ai tellement appris.»

Lancement intime

Ce vendredi 30 novembre, grâce au grand cœur et au côté entrepreneur de ses jeunes patrons, Francine lancera son manuscrit, entourée de ceux qu’elle aime. En toute intimité. L’événement n’est pas ouvert au public. Que celui-ci ait lieu chez C’est Belge allait de soi, a d’ailleurs tenu à préciser un des proprios de l’endroit, Joffré Bousquet.

«C’était l’évidence même!», a-t-il souligné en ajoutant que dès janvier, des exemplaires d’À fleur de P’O’ seront disponibles directement au resto du 102, rue Principale. Toute une équipe se trouve derrière ce livre, mentionne Francine. «Si j’ai réussi, c’est parce que je suis bien entourée, souligne la nouvelle auteure. Les p’tits gars, (ses patrons), sont exceptionnels. C’est de l’art qu’on sert. Que le lancement se déroule ici, ça vient simplement boucler la boucle.»

Lors de cette soirée, une artiste de la région sera présente et dévoilera l’étendue de son talent… Impossible d’en dire plus pour le moment. Chose certaine, elle a accepté de participer à l’événement pour montrer aux gens qu’il est important d’oser dans la vie. «Francine est une bonne amie et j’ai accepté son invitation pour la féliciter d’avoir réalisé son rêve, a avoué ‘‘l’invitée mystère’’. C’est important d’avoir des rêves, de s’investir. La réalisation de soi, c’est beau!»