Le Roquemont, c’est très souvent le point de rencontre de cyclistes ou motoneigistes qui ne boivent pas forcément des bières de microbrasseries. On s’y retrouve devant une bière, auparavant d’une grande marque connue, aujourd’hui d’un brasseur sur place.

Temps d’arrêt au Roquemont

CHRONIQUE / Sur le bord de la 367, un peu à la sortie du village de Saint-Raymond dans Portneuf, se tient l’hôtel Le Roquemont. Depuis plus de 30 ans, l’hôtel propose une trentaine de chambres pour le plus grand plaisir des cyclistes l’été et des motoneigistes l’hiver. Trente ans que l’hôtel est judicieusement placé entre les circuits de vélo et les pistes de motoneige. Trois ans toutefois que celui-ci propose une sélection de bières brassées sur place.

La première fois que j’ai posé mes valises à l’hôtel Roquemont, c’était pour y goûter la bière nouvellement brassée. On m’avait parlé d’un jeune brasseur qui prenait plaisir à brasser différents styles de bières pour une clientèle locale. Une clientèle habituée à boire de la bière « blonde », aimait-il me rappeler. On y brassait donc des bières qui valsaient entre arômes légers de céréales et amertume contrôlée. Une décision judicieuse, l’avenir lui donnera raison.

Je me souviens d’une séance de dégustation agréable et d’un hôte fort accueillant. Les bières manquaient alors un peu de finesse, c’est chose courante chez les jeunes brasseurs professionnels. Je n’avais pas été complaisant, on en discutait ouvertement. La culture bière au Québec est ainsi faite qu’il y a de la place pour toute brasserie qui partage les mêmes valeurs que l’ensemble des microbrasseries du Québec. Un goût du travail bien fait et des recettes qui mettent en valeur des matières premières nobles et saines. Chaque brasseur décidera du caractère de sa bière. Au Roquemont, les bières s’adressaient à une clientèle principalement habituée à boire des bières douces. Ce sont les bières les plus difficiles à brasser, car le brasseur doit prendre le temps de s’ajuster. Voilà pourquoi je donne toujours six mois à une brasserie avant d’avoir une opinion tranchée.

Une belle évolution
En trois ans, la carte des bières du Roquemont a évolué aussi rapidement que le palais de la clientèle et le savoir-faire du brasseur. D’agréables surprises m’attendaient à ma dernière visite. Des bières « douces » bien équilibrées, qui mettent l’accent sur les matières premières. Des bières houblonnées offrant différents degrés d’amertume et des arômes bien prononcés. La brasserie a réussi, en trois ans, à devenir une alternative sérieuse pour une très grande majorité de la clientèle. Le défi était de taille. Ne croyez pas que tous sont prêts à boire la dernière IPA à la mode, bien au contraire.

Une destination touristique
Car le Roquemont, c’est très souvent le point de rencontre de cyclistes ou motoneigistes qui ne boivent pas forcément des bières de microbrasseries. On s’y retrouve devant une bière, auparavant d’une grande marque connue, aujourd’hui d’un brasseur sur place. La marche était haute.

La brasserie a pu compter sur l’aide de la cuisine. Derrière une carte classique, se sont glissées quelques spécialités maison mettant en valeur les accords bières et mets. Un travail de persévérance pour changer doucement les habitudes des clients, une bouchée et une gorgée à la fois. L’accueil a également été revu afin d’offrir une expérience intimement liée à la gastronomie, au repos et au confort.

Aujourd’hui, le Roquemont continue d’accueillir sa clientèle d’habitués, mais offre une expérience qui plaît à de plus en plus de monde grâce à la bière artisanale. Je lève mon verre à tous ces entrepreneurs qui ont le courage de faire vivre la culture bière à leur manière, en tenant compte de leur clientèle et qui offrent une belle raison d’aller visiter les régions.

Et si vous avez envie de jaser avec le brasseur, demandez à parler à Carl.