Source de déplaisir

Allô Myriam, Je ne pensais jamais dire ça, mais je fréquente un nouvel homme, et son pénis est trop gros! Quand nous faisons l’amour, je ressens plus de douleur que de plaisir. Plus nous essayons, plus il y a de stress, et plus ça fait mal...

C’est un peu la même douleur que lors de mes premières relations sexuelles. Aussi, dans certaines positions, son pénis entre trop profondément, et j’ai mal. Mais le plus problématique, c’est vraiment le frottement à l’entrée. Je t’en prie, j’ai besoin d’aide! As-tu des trucs?

Bonjour à vous, chère dame, 

Quelle confidence que cette douleur vaginale lors de la pénétration ! Merci pour la confiance. Pour connaître un tant soit peu votre pedigree sexologique, de par quelques questionnements antérieurs, je comprends que ce phénomène est une première pour vous. Jamais, auparavant, vous n’aviez connu ce type d’inconfort avec d’autres partenaires masculins. 

Bien que visuellement indéniable, avant de crier à l’hypothèse du «Trop gros pénis, source de déplaisir», je ferai cette parenthèse afin d’éradiquer toute pathologie. Les douleurs gynécologiques, comme discuté dans une autre chronique, peuvent être à l’origine de votre situation. Vestibulite, dyspareunie, voire même un début de vaginisme. Rien n’est impossible. À cet égard, je vous recommande donc, à vous et à toutes celles dans un bateau similaire, une visite médicale histoire d’avoir un examen physique complet et de ne pas échapper le diagnostic à la base d’un bon traitement. 

Ceci dit, passons au second dossier! Un pénis suffisamment gros pour occasionner des douleurs à la pénétration, c’est rare, mais tout de même envisageable! En fait, le terme «inaccoutumé» serait de mise puisque cet organe génital masculin, une fois bien bandé, devient semblable en termes de dimension d’un monsieur à l’autre.

Alors, que faire de cet oiseau rare au membre remarquable? Permettez-moi d’abord de vous demander, si vous êtes bien prête à l’accueillir. Recevoir un géant, versus un rikiki, nécessite un minimum de préparation, pour ne pas dire un petit coup de main. 

Outre l’envie, l’excitation, le lâcher-prise, je parle ici de cette réponse physique qu’est la lubrification qui, soit dit en passant, se voit fortement incompatible avec la peur, l’angoisse, l’anxiété de performance. Madame, êtes-vous suffisamment lubrifiée? 

Question légitime puisque techniquement parlant, un bon lubrifiant pourra certainement aider à adoucir la venue de ce phallus, mais aussi les redoutables va-et-vient. 

Pour votre esprit, il faudra bien sûr vous détendre un tant soit peu! Pas si facile de ne pas anticiper la douleur, penserez-vous, peut-être par expérience. Ce à quoi je conviendrai parfaitement. Par contre, il vous faut réfuter la peur avant qu’elle ne devienne un pattern difficile à déprogrammer. Une collaboration sexologique peut s’avérer nécessaire. 

Parlons pénétration. « Wô les moteurs!» Bien sûr que la lenteur est de mise. Les muscles vaginaux présents à l’entrée du vagin ne sont pas nécessairement toujours friands des «grandes arrivées»! Pourquoi, alors, ne pas les préparer, pour ne pas dire les dilater, de par des touchers d’abord digitaux. Caresses, insertions d’un ou deux doigts, d’un vibrateur, pourquoi pas, et ensuite, dudit pénis. En voilà des préalables prenant des airs de préliminaires.

Et les positions dans tout ça? Comme tout le monde vit de bonheur, mais aussi, ici et là, de contraintes sexuelles, la vôtre consiste à être restreinte de certaines positions plus invasives. Celles où vous êtes prise par l’arrière ou encore grimpée sur votre chéri risquent d’être source de souffrance.

Pour conclure, étant donné que la pénétration vaginale ne représente pas la finalité suprême, gardez en tête qu’une relation sexuelle comporte aussi autre chose. Lorsque du déplaisir survient, à vous de rectifier le tir en changeant la séquence des choses. Rien ne sert d’insister!