Myriam Bouchard

Répondre aux questions d’enfants

CHRONIQUE / « Maman, comment on fait des bébés ? »

« Papa, ma blonde peut-elle venir coucher demain ? »

« Maman, quand est-ce que mes seins vont pousser ? »

« Papa, est-ce normal que mon pénis chatouille quand je le lave ? »

« Maman, est-ce que je peux raser les gros poils dans mes bobettes ? »

« Papa, penses-tu qu’un jour quelqu’un m’aimera ? »

Des questions sur la sexualité, en voulez-vous, en voilà ! Vos petits comme vos plus grands sont curieux, se questionnent, veulent savoir et comprendre le « pourquoi du comment de la chose ». À leur niveau, eux aussi vivent une réalité qui leur est propre, exempte de leurs parents et de leur vision d’adulte. Une sexualité, ils en ont une !

Accompagner et répondre à leurs interrogations, voici l’un des rôles venant avec le privilège d’être parent. Facile pour autant ? Aucunement ! Vous êtes nombreux à nommer votre malaise, votre ambiguïté, votre incertitude à savoir s’il est normal ou pas de traiter de tels ou tels sujets. Plusieurs félicitent l’attribution de cette patate chaude aux enseignants qui doivent faire une grande partie du boulot en termes d’éducation à la sexualité depuis l’an passé.

Cela dit, puisque vous êtes la meilleure personne pour faire ce mandat auprès de votre progéniture, je vous propose quatre trucs et astuces pour déployer vos enseignements. Les parents, au travail !

Commencez tôt

Pas juste une histoire de génitalité, la sexualité ! Le Petit guide à l’usage des parents pour discuter de sexualité avec leur adolescent, offert par le ministère de la Santé et des Services sociaux, est formel à cet égard.

« C’est au sein de la famille que l’enfant prend conscience de l’expression des rôles sexuels féminins et masculins et des valeurs familiales reliées à la sexualité (respect, amour, égalité, protection, etc.) [...] »

Facile de traiter de ces notions, même avec des bébés. En teintant les apprentissages à travers les activités quotidiennes, la compréhension se fait, mine de rien, et trace la proximité nécessaire pour traiter d’éventuels sujets que je qualifierais de « crunchés ». Go, go, go !

Égal-Égal

Louables, ces inconforts, par rapport aux propos de votre descendance. Oubliez un certain temps toutes vos perceptions dignes de l’érudit de la sexualité qu’est l’adulte. Remettez-vous à l’âge de votre enfant en lui transmettant seulement et uniquement l’information qu’un enfant de 5, 10 ou 15 ans a besoin de savoir. Inutile d’aller si loin. Revoyez-vous il n’y a pas si longtemps.

Un travail d’équipe !

Avant même de sombrer dans ce cours magistral qu’impose une réponse un peu trop exhaustive, questionnez votre enfant afin de connaître ses connaissances déjà acquises sur le sujet.

« Qu’en sais-tu ? » « Qu’en penses-tu ? » « Selon toi ? »

Trois grandes questions vous permettant d’orienter votre réponse en fonction de ses besoins réels. De plus, en cas de mauvaises informations récoltées ici et là de sa part, vous serez en mesure de rectifier le tir et d’apporter les bonnes données.

Fournissez des outils

Un beau livre, une brochure, un vidéoclip, une publicité, un message Facebook, une websérie, des outils sexologiques, ce n’est pas ce qui manque. Plutôt faciles à repérer, ils peuvent être ce prétexte introductif à votre réponse. Dans un autre ordre d’idées, ils peuvent aussi représenter ce boni aux renseignements que vous aurez préalablement divulgués.

Et en cas de manque d’inspiration ou de panne sèche par rapport aux connaissances requises, servez-vous de ces outils pour faire une pierre deux coups. Soit celle de répondre à votre devoir de parent tout en vous renseignant. Bonne chance !