Parler de sexualité avec son enfant

CHRONIQUE / Parce que ceci vient également avec le mandat de père et mère, je vous le demande : offrez-vous de l’éducation à la sexualité à votre progéniture ? La grande question ! Bien que « monsieur-madame-les-enseignants-infirmiers-travailleurs-sociaux » assurent depuis l’automne 2018 des contenus dans le cadre scolaire, vous restez certainement les premiers concernés. De ce fait, remplissez-vous, chers parents, le rôle qui vous est attribué, soit d’apprendre à vos enfants les notions relatives à ce sujet ô combien anguleux pour plus d’un ? Quoi dire ? Comment s’y prendre ? Quel sujet aborder ? Quand commencer ? Toutes des interrogations louables pour le commun des mortels qui ne sont pas sexologues. Ceci dit, puisque je vous déclare aujourd’hui principal « pédagogue sexologique » pour vos petits et grands, voici quelques pistes à suivre.

Un bon modèle

Aussi simple que cela puisse paraître, voici la fonction minimale que je vous attribue. Être un bon modèle, c’est plus difficile que vous pourriez le croire. La sexualité étant davantage ce que l’individu est, et non ce qu’il fait le samedi soir dans sa chambre à coucher, soyez une référence positive. Vos faits et gestes, attitudes, propos, valeurs, croyances et convictions indiquent, consciemment ou non, les normes que votre enfant emmagasine tel un gage de vérité absolue.

Dénigrer son collègue, voisin, frère ou ami, en utilisant des propos homophobes, s’autodénigrer, chanter des bêtises à son « supposé » amour, accepter l’intolérable, laisser tourner en boucle ces téléréalités hypersexualisées dont je tairai le nom, collectionner les dulcinées, préparer son corps pour l’été, accumuler les pauses de couple, user 23 heures sur 24 de son portable, en voilà de malheureuses prémisses pouvant mener à une sexualité future cahoteuse. La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre, dit-on. Faites attention.

Quand commencer

À l’action ! « Il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour aborder la sexualité avec son enfant ! » indique le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Plus vous briserez la glace rapidement, plus l’enseignement sera fluide et accessible à votre vie de tous les jours.

Pour vos minis, inutile de planifier le cours magistral. Son quotidien est rempli d’un paquet d’événements vous ouvrant la porte vers l’intervention. Le changement de couche, l’heure du bain, la mise au lit, l’arrivée du nouveau bébé, les bisous non désirés pour Tati, les jouets de fille ou de garçon – puisque l’occasion fait le larron – à vous de sauter sur l’opportunité. Une graine est si vite semée. L’important reste de s’adapter à l’âge de votre mignon.

En retard

Et si c’est aujourd’hui que vous allumez ? Jamais trop tard pour bien faire. Ne suffit que de prendre enfin les devants et d’initier le tout en demandant simplement au principal concerné ce qu’il aimerait savoir.

D’abord possiblement gêné, gageons qu’il vous reviendra assez rapidement avec une ou deux questions, des faits vécus d’un ami fort éloigné ou pourquoi pas, un témoignage personnel.

Malaise en vue !

Bien sûr, il peut être gênant de parler de sexualité. Coup de pression, joues colorées, fous rires, oreilles bouchées, dédain exprimé, tout est envisageable quand surviennent les grandes discussions ! Ces expressions de malaise sont saines et acceptables.

À ce titre, le contraire serait même surprenant, à moins que vous ne soyez sexologue ! Chers parents, à vous d’évaluer ce qui vous semble plus facile. Entre parler de relations gars-filles versus des risques attribuables à la fellation, il y a certainement un monde. Choisissez vos sujets, histoire de les aborder progressivement.

Nommer votre tourment peut aussi être une éventualité, qui pourrait désamorcer le malaise. L’humour peut vous servir d’allié, tout comme les multitudes de ressources offertes à vous via les lectures, sites Web, organismes communautaires, CLSC, milieux scolaires et autres.

S’impliquer dans la vie de son enfant, c’est aussi l’éduquer à la sexualité. Puisque vous êtes les meilleurs pour établir le plan de match, faites-vous confiance !