L’orgasme, c’est quand le bon moment ?

CHRONIQUE / Maintenant, avant, après, pendant, en même temps… L’orgasme, c’est quand le bon moment ?

Légitime que ce questionnement à savoir quel est le momentum idéal pour jouir en duo. En premier, en dernier, synchronisé, il y a tant de possibilités, comment convenir de l’instant désiré?  Puisqu’il n’existe pas de chronologie en soi dans l’art de prendre son pied, déboulonnons cette quête idéalisée qu’est la séquence orgasmique parfaite !

Les femmes d’abord !

Quasi une croyance populaire, nombreux sont ceux persuadés que l’ordre des « choses » suppose que « ladies » jouissent les premières. Par souci de bienséance uniquement ? Permettez-moi d’en douter ! J’irai davantage dans le sens qu’il s’agit là d’un modèle plus qu’incrusté.

Toujours premières à beugler leur plaisir, à se défigurer à force de satisfaction, à en demander encore et toujours plus film après film, téléroman après téléroman, publicité après publicité, facile de déduire que la tête du peloton leur revient ! Par devoir, obligation, nécessité, conviction ou pourquoi pas altruisme, pas étonnant que l’on tende à garder l’homme en dernier ou que la relation sexuelle s’achève une fois que ce dernier a vu l’ours. Fausse croyance…

À votre tour gentlemen

Justement messieurs ! Puisque vous êtes nombreux à miser seulement et uniquement sur une érection d’Apollon pour faire jouir ces dames, combien d’entre vous ménagent leurs va-et-vient de peur de n’être plus bon à rien une fois l’apogée venu. La période de latence, soit celle se rapportant à la durée entre l’éjaculation et la prochaine érection étant souvent perçue comme toute finalité explique possiblement ce phénomène. Pourtant…

Grand bien vous fera alors de comprendre que vos capacités à donner du plaisir vont au-delà d’un pénis en érection. Les mains, la bouche, les accessoires, l’imagination restent tous en fonction après l’explosion ! Pourquoi alors ne pas faire diversion à la sacrosainte pénétration ? À vous aussi d’être les premiers !

1, 2, 3, go !

Parce qu’il y a aussi de ceux qui font tout à deux et qui recherchent à vivre l’orgasme au même instant, voire symbiotiquement. Amusant de temps en temps. Éreintant quand il faut que ce soit tout le temps !

Adios spontanéité, il y a de quoi se modérer, être attentif à la fois à son crescendo, mais aussi à celui de l’autre, se tempérer, se limiter, bref se gérer. Qui sait, à force de retarder un plaisir imminent, de ralentir une cadence bouillante ou, au contraire, de tenter le tout pour tout histoire de rattraper l’autre, n’y a-t-il pas risque de carrément rater son propre tempo ? J’en ai bien peur.

Prêt, pas prêt, j’y vais !

Puisque la réponse sexuelle comporte sa montée vers l’acmé, de vouloir la contrôler pour une question d’ordre logique m’apparaît un possible « turn-off» révélant à la fois une quête de routine, mais aussi une éventuelle résistance au changement.

« L’occasion fait le larron », dit-on. Alors, pourquoi ne pas simplement saisir l’opportunité lorsqu’elle se présente ? 

Vous le sentez ? Vous en avez envie ? C’est pour maintenant ? Alors, jouissez comme si vous étiez le dernier ! À votre tour ensuite d’accompagner l’autre vers cette requête si tel est son désir. 

Maintenant, avant, après, pendant, en même temps, en premier, en dernier, synchronisé…

Peu importe ! Le bon moment pour jouir en duo, c’est certainement n’importe quand. Quand on parle de plaisir réciproque, rien ne sert d’établir des plans. Il suffit de se laisser aller au gré du vent. 

À votre tour maintenant…