Les excuses au masculin

CHRONIQUE / « Pas ce soir, mon trésor, j’ai mal à la tête… »

Ce prétexte pour ne pas faire l’amour n’est pas seulement l’alibi des femmes. Des hommes qui n’ont pas envie de la « chose », qui fuient les yeux couleur de désir, qui espacent les rendez-vous doux, qui limitent les marques d’affection de peur de décoller la machine, il y en a aussi. Le saviez-vous ?

La baisse de libido au masculin, voire le trouble de l’excitation chez messieurs, une réalité trop souvent laissée pour compte. Pourtant…

Normalisation

D’entrée de jeu, puisque la méconnaissance prime à cet égard, le déclin du désir sexuel chez les garçons n’a rien d’exceptionnel. Qu’on se le dise ! Effectivement, comme toutes filles d’Ève, il est normal – pour ne pas dire probable –, au cours d’une vie sexuée, qu’il y ait panne sèche.

Ceci dit, cette croyance populaire voulant que l’homme bande au vent, soit sans cesse au garde-à-vous, insatiable sexuellement, avenant comme le printemps ou aussi prêt que le scout, ne laisse présager aucune avenue en ce sens. Stéréotypes sexuels maudits.

Anormaux. Voici comme peuvent se sentir certains bougres. Encore pire s’ils en ont la confirmation par un ou une partenaire plus ou moins empathique.

Et c’est ici que débutent les machinations. Effectivement, ne pas « avoir le goût » décolle le hamster cérébral, histoire de créer, pour lui pis l’autre, une estime ébréchée, une virilité ébranlée, du stress, du stress, du stress, de l’anxiété de performance, diverses dysfonctions sexuelles secondaires, des discordes conjugales, alouette.

Pourquoi ?

Exit continuum linéaire sans vague ou courant. En dents de scie; voici comment je qualifie tout ce qui se rapporte au lit. La sexualité est fort souvent le reflet du quotidien. Tantôt explosive lors de grandes festivités, tantôt le symptôme de maux plus grands…

Bien que justifiable physiologiquement et/ou psychologiquement, il va de soi qu’un train-train un peu lourd, une besogne gargantuesque, des soucis financiers, des fonctions professionnelles un peu trop prenantes, des divergences relationnelles, un couple tirant de la patte – et j’en passe – viennent court-circuiter le désir sexuel. Au diable le focus, à la grâce du docteur, mais encore plus du sexologue !

Plan de match

« Qu’est-ce qui cloche au point de perturber ma sexualité? »

Trouver la cause de la baisse de libido, le principal défi pour bien des sujets. Se poser cette question est déjà un grand pas vers la guérison, s’il s’agit d’un problème en soi. Se mobiliser ensuite pour corriger le tir; la voilà l’étape numéro deux. Un travail sur soi nécessitant introspection, mais aussi un minimum de bon vouloir. Plus de libido, en voulez-vous vraiment, messieurs ?

Prise en charge

À vous, de vous, pour vous… que faites-vous pour vous ? Aussi cucul la praline que puisse paraître ce conseil, prendre soin de soi aide aussi à retrouver cette libido exilée. Du bon temps, une diminution de la charge mentale, une hygiène de vie « quasi » impeccable, des moments de solitude; tous des ingrédients souvent aussi bénéfiques que bien des pilules magiques.

Idem pour le couple ! Parce que les miracles du Bon Dieu sont habituellement réservés à des causes plus nobles, entretenir la flamme charnelle, c’est un mandat nécessitant un brin d’efforts des deux bords.

À vous de jouer…