Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

Le mystère de la longévité

CHRONIQUE / Perdurer dans le temps : voilà l’un des plus grands défis des couples contemporains. À l’ère où les amoureux se marient de moins en moins et divorcent de plus en plus, il est louable de chercher la clé du succès de la longévité conjugale ! Endurer, faire des compromis, communiquer, pardonner. Nous aimerions tous connaître la recette pour nous assurer une vie à deux ad vitam aeternam.

En constante évolution, le couple se doit de vivre des étapes déterminantes pour cheminer et persister. Jacques Salomé, imminent psychologue et spécialiste du couple, les regroupe en quatre grandes catégories. Les voici !

Lune de miel et fusion

Tout est beau, tout est bon ! Les premiers moments d’union sont perçus comme de grands feux d’artifice. Les partenaires ne faisant qu’un, le pronom « on » éclipse le « nous », ne laissant présager qu’une seule entité. Alléluia !

Le sentiment amoureux se manifeste à la puissance mille. Ainsi, les papillons d’estomac apportent leur lot d’idéalisations. Si beau, si fin, si merveilleux : l’être aimé devient pratiquement suprême. Et que dire du sexe ! Une, deux, cinq ou dix fois, les relations sexuelles sont à l’ordre du jour. Intensité et passion !

La belle affaire que ce monde sans conflits ni prises de bec. Mais les lunettes roses du monde des licornes définissent une réalité qui peut être tout autre.

Individualisation et différenciation

Toi étant toi et moi étant moi, voilà qu’après un certain temps, l’heure de redevenir un être à part entière, distinct et singulier a sonné. Effectivement, après l’euphorie, les partenaires se déposent, histoire de redevenir eux-mêmes, qualités et défauts inclus !

Les tourtereaux se présentent alors sous un nouveau jour. Non seulement des surprises peuvent émaner, mais aussi des conflits !

Le besoin de se retrouver, individuellement, en tant que personne propre, peut souvent être perçu comme une marque d’éloignement ou de rejet, voire comme le présage d’une éventuelle séparation.

Pourtant, cette marque de différenciation constitue l’un des fondements de l’attachement à l’autre. « Pouvoir être à soi pour ensuite être à toi », dit-on.

Confrontation

Toutes ces altercations, mésententes et chamailleries sont constructrices. Synonymes de discussion, de négociation et de compromis, elles permettent de définir la dichotomie des partenaires, qui se doivent d’être à la fois un individu et le résultat d’une fusion avec l’être adoré.

L’adaptation est requise afin de laisser une juste place autant à l’affirmation de soi et de ses besoins qu’à l’écoute de ceux de l’autre.

Voilà d’ailleurs souvent où le bât blesse. L’équilibre entre le « moi », le « toi » et le « nous » étant difficile, les conflits, la limitation des contacts et l’écart entre les partenaires peuvent devenir insurmontables – du moins sans aide.

Respect

Puisqu’après la pluie vient le beau temps, l’intimité est envisageable une fois les tempêtes derrière vous. La définition du couple prend maintenant trois tangentes, soit le « je », le « tu » et le « nous ».

Le respect représente les fondements de la communication conjugale, afin que l’affirmation soit envisageable sans de constantes contestations. L’amour véritable et l’engagement sincère se voient accessibles, tout comme la possibilité de grandir ensemble.

Perdurer dans le temps en tant que couple, ce n’est pas une aventure sans remous. Cela dit, avec de l’investissement, du travail sur soi et une certaine maturité affective, il est bel et bien possible d’arracher une après l’autre les pages du calendrier.

À vous de jouer !