Le contrôle éjaculatoire

CHRONIQUE / Du contrôle éjaculatoire, en avez-vous? Je parle certes de cette capacité à décider quand, comment et dans quel contexte vous éjaculez, messieurs. Fréquentes sont ces questions gravitant autour de l’éjaculation proprement dite. Trop vite, trop lente, pas à propos, spontanément ou encore nécessitant un décorum à ne plus finir, l’éjaculat et son tempo, ce sujet ô combien interpellant. Qu’en est-il réellement?

L’ABC de l’éjaculation

Sans tomber dans ces fondements trop mécaniques, c’est sans trompettes ni tambours que l’organisme Alloprof définit simplement cette évacuation comme étant « le procédé par lequel le sperme est expulsé du pénis par des spasmes (jets successifs). Pendant l’excitation, les glandes de Cowper produisent le liquide prééjaculatoire qui lubrifie l’urètre et y neutralise l’acidité provenant des traces d’urine. Les mêmes influx nerveux qui ont permis le déclenchement de l’érection continuent d’augmenter en intensité jusqu’à un certain seuil critique qui mènera à l’éjaculation et à l’orgasme. »

Voilà tout!

Réflexe

Lorsqu’il le faut, il le faut! À un certain point critique, où les sensations tant physiques que sensorielles deviennent trop grandes, inutile de se prétendre «chef d’orchestre» de l’éjaculation en tentant de maîtriser un réflexe incontrôlable.

Sans crier gare, le corps agit un peu au même titre qu’une main fuyant le rond rouge de la cuisinière. Il éjacule, point final!

Trop vite

De ce fait, pour exercer un certain contrôle éjaculatoire dans un contexte de précocité, c’est bien avant que le corps parte en vrille qu’il faut intervenir. Mais comment?

D’abord, relativiser la situation, la voici cette première piste à suivre. Combien ai-je vu de ces hommes crier à l’éjaculation précoce après 5, 8, 15 minutes de va-et-vient. Du réalisme, svp!

Choisissez vos batailles. La pénétration étant pour quelques-uns la voie du plaisir optimal, élargissez votre répertoire sexuel à d’autres pratiques moins stimulantes et reconnaissez votre point de non-retour. Prenez une pause!

Travailler votre psyché. Vous les connaissez, ces petites pensées grivoises, ces fantasmes euphorisants, ces images qui vous propulsent au septième ciel, maîtrisez-les, voire évitez-les de temps en temps.

Dévissez les boulons! Souvenez-vous que vous faites l’amour et non le marathon de Boston. Détendez vos muscles de la mâchoire, des épaules, des hanches et surtout de la région génitale qui n’est pas en reste dans cette course contre la montre.

Trop long…

Trop long... ou quand ça ne finit plus de finir. Toujours à minuit moins dix d’arriver à vos fins, vous voilà encore sur le qui-vive. Celui d’éjaculer, ou pas. Parce qu’à l’antipode de l’éjaculation précoce, la tardive, dite aussi retardée pour ne pas dire absente, est aussi une possibilité.

Puisqu’il n’existe pas qu’une simple finalité, un focus axé sur un seul et même but suffit pour empêcher un déroulement espéré. Lâcher prise et laisser les choses aller consiste aussi à se réapproprier du contrôle éjaculatoire.

Stress de performance

Dans une situation comme dans l’autre, comme dans divers autres maux à caractère sexologique, l’anticipation négative justifie souvent les situations défavorables. À l’instar de cette peur d’avoir peur, s’imaginer éjaculer au mauvais moment, ou encore pas du tout, est rarement de bon augure.

Quand s’installe le stress de faire ça comme ci, d’agir comme cela, de tenir l’aiguille du chrono ou de présenter une finale à la Ron Jeremy, pas étonnant que la folle du logis prenne le dessus sur le corps.

Contrôler ses éjaculations, possible dans diverses circonstances. Commettre un faux pas éjaculatoire, s’il en est un, envisageable également dans d’autres occasions. Ne reste qu’à mettre les choses en perspective et à prendre le tout avec un grain de sel avant qu’une problématique réelle s’installe.