Dormir avec son chum à 14 ans

CHRONIQUE / Allô Myriam, ma fille de 14 ans et demi m’a demandé dernièrement si son chum pouvait dormir à la maison. Ça fait au moins un mois qu’ils sont ensemble. Je n’ai jamais été déboussolée comme ça et je ne sais pas quoi répondre. J’ai d’abord dit oui à condition qu’ils fassent chambre à part. Mais, c’est quoi la limite ? Quand pourrais-je dire oui pour le même lit ? Je ne sais tellement pas comment gérer ça, mais je dois me rendre à l’évidence, ils feront bientôt l’amour, si ce n’est pas déjà fait !

Son père, lui, de qui je suis séparée, n’accepte pas pantoute que son chum passe la nuit chez lui. Quand c’est sa semaine, il lui permet de rester jusqu’à minuit et de revenir le lendemain, mais pas avant 7 h. Aide-moi ! 

Chère maman, l’histoire des petites blondes, des petits chums et du découchage, en voilà une raison pour se faire du sang d’encre chez pratiquement tous les parents !

Accepter de recevoir le partenaire de son enfant dans son lit implique nécessairement un lâcher-prise à la fois sur la sexualité de ce dernier, mais aussi sur l’accessibilité de sa maisonnée, qu’on se le dise ! 

« Je suis conscient que tu fais l’amour » 

Effectivement, certains parents me disent qu’en approuvant la présence nocturne de l’amoureux ou de l’amoureuse en question, c’est en fait un peu comme s’ils autorisent le fait que leur jeune soit actif sexuellement parlant. « Attention », ai-je envie de vous dire, père et mère. 

Votre adolescent fera l’amour quand il sera prêt, avec ou sans votre bénédiction. Il ne s’agit pas de vous quand on parle de la sexualité d’autrui, mais bien de celle du principal intéressé, même si c’est de votre bébé d’amour dont il est question. 

Prêt, pas prêt, la vraie préoccupation reste plutôt à savoir si vous accepter d’en être témoin, plus ou moins. 

Et si la maison devient la place pour faire l’amour ?

Bien que chez vous ou ailleurs, sexe il y aura, il y a moyen, en tant que parent, mais aussi propriétaire du logis, de poser vos limites sur ce qui est acceptable ou non sous votre propre toit. 

Puisque la nuit, tous les chats sont gris, les rapprochements sous une même couette semblent plus probables. Libre à vous alors de refuser cette supposition.

Loin du motel, malaisant pour les autres enfants, bris de sa propre intimité, refus de vivre avec un autre couple, en voilà des arguments justifiant le refus de quelques-uns. À vous de percevoir vos inconforts, s’il y a lieu.

Contrôle parental ? 

« J’aime mieux que ça se passe chez moi ! Je saurai avec qui, quand et quasi comment. En plus, en cas de problème, je serai là ! » Absolument, un lieu supervisé peut apporter un certain contrôle parental.

Ceci dit, des valeurs initiales prônant le respect de soi et d’autrui, l’affirmation de soi, la confiance, le bien-être personnel – et j’en passe – permettront davantage cette protection.

Des abus sexuels dans le fond d’une chambre, alors que papa et maman jouaient aux cartes en haut, j’ai déjà vu ça.

Idem pour une première fois merveilleuse dans la caravane du paternel ! C’est plus qu’une histoire de locaux et de supervision, vous pigez ?

Et papa dans tout ça ?

Je terminerai en pensant à ce dernier et à vous tous, séparés de l’autre parent de votre enfant. Comme pour tout, l’accueil des activités sexuelles chez ce dernier nécessite également consensus.

Ce qui est applicable chez papa devrait l’être également chez maman, en sachant qu’il est possible de faire l’amour à 23 h 45 et de recommencer à 7 h 05.

Cette bonne entente permettra un meilleur encadrement, croyez-moi. Pour le reste, bonne chance !