Myriam Bouchard

Blocage et baisse de libido

CHRONIQUE / Salut Mimi! J’ai une mini question pour toi. J’ai une baisse de libido assez frappante. J’ai aussi un blocage avec mon chéri. Je ne vais jamais vers lui. Et je ne prends plus plaisir aux préliminaires. Existe-t-il des pistes pour m’aider à débloquer ? Ça fait 15 ans que je suis avec. Je l’aime toujours, mais il manque peut-être de variété dans nos ébats ? Je ne sais pas. Je suis comme gênée, ce que je trouve vraiment ridicule. Je ne voudrais que me coller. Par contre, un coup commencé, j’adore ça. Il me satisfait durant l’acte bien que je ne sois plus capable de m’évader. Quand j’étais jeune, la sexualité était très taboue dans ma famille. Pas question de parler de ça et de prononcer les mots s’y rattachant. Je ne sais pas si c’est relié. J’aimerais être bien avec le sexe. Mon chum est parfait. Il patiente, mais je le comprends d’être un peu tanné d’être repoussé, en quelque sorte. Merci.

CHRONIQUE / Salutation à vous madame et chère lectrice de ma chronique,

De prime abord, sachez qu’il n’y a pas mini question, mais rien que des valables, peu importe leur nature. J’applaudis votre courage.

La baisse de libido chez la femme, chez l’amante des quinze dernières années ou voire même possiblement chez la mère, est une réalité qui a été largement documentée dans cette chronique, mais aussi dans de nombreuses autres.

Vous comprendrez alors que je me concentrerai davantage sur le volet blocage rapporté dans votre lettre. Celui même que vous précisez ressentir à l’égard de votre chéri et, forcément, l’homme avec qui vous avez des comportements sexuels. Un bon dossier.

Blocage sexuel

Aussi simple que cela puisse paraître, le blocage se définit par le dictionnaire Larousse comme étant un comportement caractérisé par un refus, une incapacité apparente et provisoire de poursuivre un apprentissage ou un comportement.

Dans un contexte sexuel, comme vous le décrivez si bien, il s’agit de cette incapacité, totale ou partielle, à s’impliquer. Oui, vous êtes en mesure de faire l’amour, comme vous pouvez manger sans faim. Ceci dit, votre « impéritie » nuit possiblement à votre disponibilité et, surtout, à votre implication. Tel le robot, vous procédez, sans plus.

Cause

Allons maintenant, savoir ce qui vous bloque, mais qui ne vous bloquait pas avant. Sans crier gare, le passé, souvent chef d’orchestre du présent et du futur, peut s’immiscer n’importe quand. Êtes-vous en mesure de répertorier un élément déclencheur justifiant votre « ankylosement » sexuel à l’égard de votre partenaire ? Une chicane, un adultère, un imprévu, une conjoncture, une naissance, un aléa de la vie, quoi donc ? Dites-moi !

Et si c’était autre chose ? Au-delà de votre amant, il pourrait s’agir d’une croyance, d’un fait, d’une source éducative, d’une expérience traumatique, d’une simple remarque, d’un événement remontant à l’époque où vous étiez jeune, pouvant encore aujourd’hui nuire à votre épanouissement sexuel. Je ne sais trop et possiblement vous non plus.

Quoi faire?

Tel l’écoulement nasal appartient au rhume, votre corps réagit hypothétiquement à un mal plus grand en vous privant de désir sexuel envers votre partenaire. Conséquemment, « débloquer » un blocage s’avère un chantier nécessitant aide, mais aussi soutien.

La consultation est certainement de mise. Travailleur social, psychologue ou sexologue s’avèrent certes des alliés. Le conjoint, de par sa patience, mais aussi sa compréhension, est également indispensable au processus de cheminement. Le mettre minimalement au parfum, sans pour autant vous mettre à nue, demeure une avenue gagnante pour un accompagnement opportun. À vous maintenant de jouer. Bonne chance !