Bien dans la tête, bien dans le lit

Le diagnostic est tombé. Épuisement, trouble d’adaptation, anxiété, dépression, etc. Vous avez entre les mains cette prescription d’antidépresseurs. Quoi en faire? Pour certains, il n’y a rien de plus clair : direction pharmacie. D’autres, par contre, se voient minés par le doute. En plus de devoir faire face aux nombreux tabous entourant cette classe de médicament, qu’adviendra-t-il de leur sexualité? En voici une question qui accompagne souvent ce bout de papier.

Mythe ou réalité, ces difficultés sexuelles entourant le traitement pharmacologique qu’imposent ces maux? Pour différencier le vrai du faux, je m’associe aujourd’hui à mon amie, Marie-Pier Larouche, pharmacienne, histoire de savoir si antidépresseurs et sexe peuvent faire bon ménage...

Un bien pour un mal?
À cette question, j’ai bien envie de vous répondre par l’affirmative. Effectivement, avant d’en venir à bien comprendre les enjeux sexuels entourant les antidépresseurs, je reste persuadée que rien n’est aussi restreignant, sexuellement parlant, que la maladie mentale. Au-delà d’une question des pilules, ne pas se sentir bien rime rarement avec une sexualité idyllique. Qu’on se le dise!

D’emblée, la bonne santé sexuelle est souvent la conséquence d’une condition physique et mentale optimale. De ce fait, comme pour toutes les maladies, je vous indiquerai donc de vous soigner. Et que ça saute! Si votre docteur a jugé bon de vous prescrire ce support médicamenteux, prenez-le. Pour le reste, on s’arrangera!

Et le reste?
Effectivement, il y a des molécules contenues dans la classe des antidépresseurs qui agissent malencontreusement sur la réponse sexuelle, tant sur le plan de l’excitation, du plateau que de l’orgasme. Parlons ainsi d’effets secondaires.

La baisse de libido est flagrante pour plus d’un, bien qu’elle demeure tout de même laborieuse à diagnostiquer. Le principe de l’oeuf ou de la poule s’impose. Tel que mentionné précédemment, le désir de sexualité est souvent inhibé par votre état. Il devient donc difficile d’établir si la prescription est réellement la seule et unique cause de la problématique. Une évaluation multifactorielle est de mise. Le temps, précurseur de meilleurs jours, se voit aussi un allier.

Et le corps?
Je ne vous mentirai pas, il y a des pénis qui réagissent. Il est possible que l’érection prenne le bord. Le pendant féminin s’expliquerait par la diminution de lubrification, voire son absence.

L’orgasme
Viendra-t-il? Ne viendra-t-il pas? Quand? Comment? Dans combien de temps? L’orgasme, aussi, peut être perturbé par ce remède. À vous l’heure des Maritimes et la patience qui vient avec. L’orgasme peut arriver en retard... et ça, c’est quand il arrive!

Ad vitam aeternam?
Comme dans tout, il y a des antidépresseurs qui présentent moins d’effets secondaires. Mais s’agit-il de ceux nécessaires à votre traitement? Reste à savoir...

Les inconvénients ne disparaîtront pas comme par magie. Une communication avec un professionnel de la santé est donc essentielle. Une hygiène de vie impeccable, une psychothérapie, une simple modification de la dose, un changement complet de votre médication ou un support pharmacologique peut être envisageable.

Vous l’aurez compris, rien n’est simple en termes de médicament, mais aussi de traitement. Il est déconseillé de vous improviser spécialiste en prenant les rênes de votre dosette, sous prétexte que vous avez passé une bonne journée. Une posologie ne s’arrête pas et ne se modifie pas de son propre chef.

La sexualité est elle aussi une entité propre à la santé générale. C’est louable de s’en soucier. Par contre, y aller par priorité reste élémentaire.

Je vous souhaite d’être bien dans votre tête!