Le rosé a le vent dans les voiles. Une bouteille de vin ouverte sur 10 dans le monde est un rosé.

Quels rosés pour demain?

CHRONIQUE / Le rosé a le vent dans les voiles. Une bouteille de vin ouverte sur 10 dans le monde est un rosé. La demande ne cesse d’augmenter — de 30 % depuis les 15 dernières années plus précisément —, mais est-ce que l’offre suivra? Est-ce que les conditions climatiques permettront encore de produire un Provence style dans 10 ans?

Ils n’ont pas attendu les chauds rayons du soleil pour lancer la 5e édition des Rencontres internationales du Rosé, organisée par le Conseil interprofessionnel des Vins de Provence et le Centre du Rosé, le 22 janvier dernier au Mucem de Marseille. Quelque 400 chercheurs, vignerons, journalistes et professionnels de toute la filière vin y ont mis en commun leurs recherches et solutions pour répondre au double défi de l’adaptation au changement climatique et de la transition écologique.

Quand vous songez aux grandes victimes du changement climatique, le rosé ne vous vient peut-être pas d’emblée à l’esprit. Et pourtant, si rien ne change — si le niveau actuel d’émissions de gaz à effet de serre (GES) ne diminue pas —, la diversité des vins rosés risque bien d’être bouleversée. 

Et ça ne s’arrête pas là. Il y aura inévitablement une perte d’acidité, une augmentation des polyphénols (davantage de pigmentation), un écrasement des arômes fruités et une augmentation de l’alcool — pénalisant du même coup cette fraîcheur et cette buvabilité si chères aux rosés. Sans parler d’une baisse de rendement à la vigne dans un contexte où la demande est en hausse. Bref, cet avenir n’est pas bien rose.

Sur le vignoble français, on constate déjà une élévation des températures de 1,4 °C depuis le début du 20e siècle, avec conséquemment une maturation des baies qui se déroule en conditions de plus en plus chaudes. La pluviométrie joue dans les extrêmes, avec une augmentation des précipitations dans le nord et des sécheresses plus marquées dans le sud. Le vin fraîcheur par excellence serait-il dans l’eau chaude?

« Il faut penser à des solutions nobles. Pas réagir à grand renfort de produits chimiques », affirme Mario de la Fuente, directeur général de la Plataforma Tecnológica del Vino en Espagne. L’adaptation passera donc par la sélection d’un matériel végétal approprié (cépages d’hier, d’ailleurs et de demain, ainsi que de porte-greffes), le changement de la localisation du vignoble et le développement de nouvelles pratiques au vignoble et à la cave.

Le projet EDGARR vise justement à croiser des variétés résistantes avec des cépages emblématiques de la Provence, afin de créer des descendants possédant des airs de famille, à la fois résistants à la maladie et adaptés à la sécheresse. Nathalie Ollat, ingénieure de recherche à l’INRA de l’Université de Bordeaux insiste quant à elle sur l’importance de créer de nouveaux porte-greffes adaptés à la sécheresse et à la salinité — laquelle pourrait devenir un enjeu important avec l’irrigation. Parmi toutes les solutions proposées, un filon était clair : cette transition sera écologique avec l’intention de produire des rosés plus respectueux de l’environnement.

La semaine prochaine : les tendances de consommation en matière de rosés.

Cava, Bio Brut, Pata Negra
14,75 $ • 13483339 • 11,5 %
• 8,1 g/l 

Ouvrir un mousseux sans raison apparente, pour le simple plaisir d’en boire? Nul besoin d’être riche et célèbre pour faire de même grâce à ce cava brut bio à moins de 15 $. Au nez, on a des arômes invitants de biscuits sablés et de poires pochées. Le macabeo, qui fait ici cavalier seul, porte une acidité presque vive. La bouche foisonnante de bulles termine sur une jolie finale briochée. Un des mousseux au meilleur rapport qualité-prix-plaisir du moment. Chouette à l’heure du brunch ou avec des acras de champignons. 

Manchuela 2016, Garnacha Milhistorias, Alto Landon
17,85 $ • 13794111
• 14 % • 1,9 g/l 

Comme c’est joli! Cette nouveauté fait un tabac depuis sa sortie. Bien qu’il en reste peu, je passe le mot aux chanceux qui auront la chance de mettre la main sur cette garnacha bio issue d’un des plus hauts vignobles d’Espagne, de la toute discrète DO manchuela. Hautement sympathique que ce rouge pimpant, juteux et souple aux notes de thym et de petits fruits rouges. C’est beaucoup de plaisir pour 17 $!

Mendocino 2017, Viognier, Bonterra
20,35 $ • 898767
• 13,6 % • 2,5 g/l 

Nom d’une pêche juteuse, d’une gousse de vanille et d’un abricot! Bonterra réussit à bien contenir la fougue du viognier pour en extirper un nectar sec, équilibré et volumineux. C’est exotique, empreint de caractère et doté d’une grande persistance aromatique. Un cari de tofu et ça sera au top. Un vrai blanc d’hiver!