Quelques notions de vendanges!

CHRONIQUE/ La semaine dernière, je participais au Tour 2018 du vignoble québécois. La fébrilité était palpable chez les vignerons: les vendanges allaient commencer d’un jour à l’autre, et plus tôt que prévu, dû à notre été chaud et ensoleillé.

La vendange, soit le moment de la récolte des raisins, s’effectue lorsque les baies sont à leur maturité optimale. C’est-à-dire, quand la migration du sucre des feuilles vers les raisins s’est arrêtée. Le but ultime est d’atteindre l’équilibre entre l’acidité et le sucre. Une récolte trop hâtive apportera une verdeur au vin alors qu’à l’inverse, si elle est trop tardive, il perdra en acidité.

Si à cela on ajoute les risques de maladies, la faune qui convoite ces baies appétissantes et les aléas météorologiques, le choix de la date est crucial. En quelques heures, tout peut basculer.

Comment déterminer cette fameuse date?

D’abord, il faut savoir qu’elle ne sera pas la même pour toutes les variétés. Règle générale, on récoltera les blancs avant les rouges, mais encore là, tout dépend de ce que le vigneron souhaite comme style de vin au final. En prélevant quelques grappes à plusieurs endroits dans le vignoble, on en évalue la teneur en sucre à l’aide d’un réfractomètre. À partir d’une goutte du raisin, cet outil indique en degré Brix, le potentiel alcoolique que le vin aura à la fin du processus de fermentation. Le degré Brix est l’unité de mesure de la concentration en sucre dans un liquide. S’il est autour de 30°, le vin devrait atteindre environ 16,6% d’alcool. Au goût, la peau du raisin doit être tendre, la pulpe juteuse et le pépin ne doit pas être trop âpre.

Le moment venu, deux méthodes de récolte sont possibles: la vendange manuelle et la vendange mécanique. Cette dernière est moins coûteuse et plus rapide, mais elle n’effectue pas le tri des baies et peut les abimer au passage. La vendange manuelle demande plus de temps, certes, mais elle permet une meilleure sélection des raisins et ajoute une dimension humaine et plaisante au processus. D’ailleurs, si vous souhaitez participer à la récolte du fruit d’une année de travail avec les vignerons, téléphonez dans un vignoble près de chez vous et faites-en la demande. Plusieurs offrent l’expérience de la vendange au public. Voilà une belle occasion de célébrer en famille, entre collègues ou entre amis!

En attendant les résultats de 2018, voici un excellent 2017 en dégustation:

Chardonnay 2017, La Plage, Coteau Rougemont (code SAQ: 13730310, 19,95 $.)

Le lieu où sont plantées les vignes de ce chardonnay était autrefois enseveli par la mer de Champlain, d’où il tire son nom, La Plage. Voilà une belle expression de ce cépage en sol québécois. Contrairement à plusieurs chardonnays qui subissent un passage en fût de chêne, celui-ci n’a pas visité le bois, mais plutôt la cuve de béton et d’acier inoxydable. Le nez invite par ses accents de fruits blancs, de fruits exotiques, de pâtisserie et de craie. Frais, sec et soyeux, il est accompagné d’une pointe de salinité qui étire les saveurs en finale. À prendre à la table, avec un plateau de fromages ou une salade mangue et avocat.

Une belle réussite!