Quand l’union fait la force!

Une cave coopérative est un regroupement de vignerons qui s’unissent pour travailler.

Ils effectuent alors, en commun, les étapes de vinification, de mise en bouteille, de stockage et de vente. Ainsi, les coûts sont divisés et le savoir-faire partagé. Les opinions sur les caves coopératives sont mitigées et la qualité des vins qui en résultent est, parfois, critiquée. Certains les perçoivent comme des vins commerciaux manquant de personnalité. Bref, du gros volume au détriment de la qualité. Bien sûr, et heureusement, ce n’est pas le cas de toutes les caves coopératives. Quelques-unes se démarquent et travaillent très bien. 

En voici deux, bien connues, qui œuvrent dans un souci de qualité. 

La Cave des Vignerons de Pfaffenheim 

Alors que le vignoble alsacien est dans un pitoyable état après la guerre, la cave de Pfaffenheim est fondée en 1957 afin de mettre en commun les ressources de chacun pour le sauver. Les caves coopératives ne sont pas rares en Alsace. Rassemblant 147 producteurs, celle de Pfaffenheim n’est pas la plus grande, mais elle est reconnue comme l’une des plus qualitatives. 

J’ai récemment eu la chance de déguster une série de riesling de cette maison, provenant de cinq décennies différentes. Allant de 1974 à 2010, les vins étaient magnifiques. Que c’est bon du riesling quand c’est bien fait ! Et ça vieillit très bien en plus : la fraîcheur était au rendez-vous dans chaque verre. 

Aujourd’hui reconnue sous le nom « Pfaff », cette cave coopérative représente 40 % des vins d’Alsace disponibles au Québec. Elle est à l’origine de l’étiquette « Black Tie » (un assemblage de pinot gris et de riesling, code SAQ : 11469621 ; 18,75 $) ainsi que de plusieurs autres vins, dont leur pinot gris (code SAQ : 456244 ; 16,55 $), très populaire auprès des Québécois. Si ce n’est pas déjà fait, essayez aussi le Alsace riesling 2016, cuvée Jupiter, Pfaff (Code SAQ : 914424 ; 15,95 $). Finesse et élégance, voilà ce que le riesling offre à ce vin. Sa minéralité, ses arômes d’agrumes, de pomme verte et sa vivacité iront de pair avec une cuisine asiatique. Un petit conseil : faites quelques provisions de riesling, puisqu’il a malheureusement été touché par les intempéries de 2017 en Europe. 

La chablisienne 

Créée en 1923, elle est la seule cave coopérative du vignoble chablisien. Regroupant 250 vignerons, elle est présente sur les quatre niveaux d’appellations (Petit Chablis, Chablis, Chablis 1er Cru et Chablis Grand Cru). Elle souhaite se différencier des autres caves coopératives en travaillant davantage sur le terrain, avec une grande ouverture d’esprit et en n’ayant qu’une petite équipe responsable de la vinification. Tous les vignerons y travaillent à conserver l’authenticité de Chablis. Leur objectif est d’utiliser leurs moyens afin de promouvoir l’ensemble de la région, aider leurs collègues vignerons et offrir de la formation. 

Ils élaborent donc plusieurs petites cuvées aux styles différents, plutôt que de produire un grand volume d’une seule cuvée. Parmi tous ceux présents à la SAQ, je vous propose le Chablis 2014, La Sereine, La Chablisienne (Code SAQ : 565598 ; 22,15 $). Le millésime 2014, en Bourgogne, a été une année assez fraîche et c’est ce qui ressort de ce vin. Le nez est aromatique et assez complexe, développant des notes minérales et fruitées. La bouche est vive et se termine sur une finale saline très agréable accompagnée d’un plateau de fruits de mer. 


Santé !