Mythe et réalité autour des vins de table

CHRONIQUE / Dans la législation européenne, les vins sont classés selon un système d’appellation garantissant l’authenticité d’un terroir. Cette façon de faire a été mise sur pied afin d’assurer l’origine géographique d’un vin et d’appliquer un savoir-faire particulier.

Les produits vendus sous une appellation d’origine contrôlée (A.O.C.) doivent donc répondre à un cahier de charges validé par l’Institut national des appellations d’origine (I.N.A.O.). 

Les équivalents de l’A.O.C. en France sont les DOCG (Dénomination d’origine contrôlée et garantie) et DOC (Dénomination d’origine contrôlée) en Italie, les DOC et DO (Dénomination d’origine) en Espagne et les DOC au Portugal. 

Sous cette classification, il existe une autre catégorie : les vins de table. 

Celle-ci englobe les vins de pays (ou IGP : avec indication géographique protégée) en France, l’IGT (indice géographique typique) en Italie, le Vino de la Tierra en Espagne et le Vinho Regional au Portugal. Et pourquoi faire simple quand on peut faire ça compliqué ( !) ? Cette catégorie comprend aussi les vins sans indication géographique (France), les Vino da Tavola (Italie) et les Vino de Mesa (Espagne et Portugal). 

Il est certain qu’un vin élaboré sous une A.O.C. est gage d’un niveau qualitatif, mais est-ce qu’un vin qui ne possède pas la certification correspond à de la piquette pour autant ? 

Pas nécessairement. En fait, plusieurs producteurs décident volontairement de ne pas identifier leurs vins sous une appellation, parce qu’ils souhaitent garder une certaine liberté dans leur travail. Pour d’autres, c’est une façon de s’opposer à l’approche peut-être trop restrictive de l’AOC. Finalement, c’est aussi une façon d’améliorer la compétitivité des vins européens face aux produits du Nouveau Monde. 

Si j’ai toujours votre attention, je tiens à dire que les vins de table n’ont rien à voir avec les fameux « vins maison » que l’on retrouve au Québec en restauration. Il est important de bien faire la différence, puisque les vins maison au restaurant correspondent, quant à eux, à des vins à prix moindre et dont la qualité laisse parfois à désirer. 

Je reviens donc aux vins de table qu’il ne faut pas sous-estimer. Plusieurs vignerons y signent des vins innovateurs, arborant des nouveaux cépages et de nouvelles méthodes de production. Ce sont des vins proposant une belle expression du terroir et avec lesquels les producteurs se font plaisir. 

Et le prix n’en est pas forcément moins dispendieux. C’est d’ailleurs le cas de ce vin de grande renommée : Domaine La Grange des Pères (Code SAQ : 13075360 ; 117,75 $). Laurent Vaillé, le vigneron du domaine, est considéré comme l’un des plus talentueux du Languedoc. Toutefois, son choix d’ajouter du cabernet sauvignon à l’assemblage de syrah et de mourvèdre n’entrant pas dans la composition permise par le cahier de charges de l’AOC, il a donc dû le commercialiser sous vin de pays de l’Hérault. Il offre puissance, richesse, complexité et longueur. Son grand potentiel de garde en fait un vin très convoité des amateurs et des collectionneurs. Bien qu’il soit rare et très en demande, il en reste encore quelques bouteilles dans le réseau si vous souhaitez faire des provisions pour vos cadeaux des Fêtes.

Ne manquez pas, la semaine prochaine, d’autres suggestions de vins de table qualitatifs et plus abordables. 

Santé !