L’influence de la bouteille

CHRONIQUE/ De piccolo à melchior, en passant par jéroboam ou balthazar, le vin est embouteillé sous plusieurs formats. Certes, la grandeur la plus commune est de 750 ml, mais autour, une vaste gamme de possibilités est offerte. La taille de la bouteille a une influence sur le vieillissement du vin. Chacune porte un nom particulier et selon les régions, la désignation peut changer.

Petit format
Plus le format est petit, plus le vin évoluera rapidement. La demi-bouteille n’est donc pas conçue pour la garde. Toutefois, elle propose quelques avantages. Bien pratique pour une personne seule, on l’appréciera aussi en version effervescente – puisque la bulle se préserve moins longtemps au réfrigérateur, la demi-bouteille nous permettra de rassasier nos envies de prendre un verre ou deux à l’apéro – ou en vin de dessert, dont il est plus rare de passer à travers une grande bouteille en une seule soirée. Le petit format nous permet également de goûter à certaines cuvées moins abordables. Par exemple, le Brunello di Montalcino 2013 de la maison Caparzo se vend 21,65 $ (code SAQ : 11617840) en 375 ml, alors qu’il se détaille à 50,25 $ (code SAQ : 10270178) en 750 ml.

Grand format
Le vin se bonifie mieux en grand format. Sans entrer dans les détails de la chimie du vin, lorsque les particules en suspension se rencontrent et s’accrochent, la composition du vin change. Ainsi, plus il y a d’espace, plus c’est long avant que les molécules fusionnent entre elles. L’évolution du vin se fait donc plus lentement.

En plus d’être unique et rare, de nombreux collectionneurs sont prêts à payer cher pour embellir leur réserve de grandes bouteilles. Il n’est pas rare, dans les grands millésimes, que les vignerons conservent en cave davantage de magnums, jéroboams et autres.

Sauf erreur, la plus grosse bouteille du monde se retrouverait dans la cave d’un restaurant en Suisse. Cet exemplaire unique est un contenant de 480 litres (l’équivalent de 640 bouteilles!) et pèse 630 kilos. Le sommelier qui devra en faire le service a toute mon admiration!

Pour ceux qui auraient envie de garnir leur cave de magnums, voici deux suggestions intéressantes:

Rioja Reserva 2013, Ijalba (code SAQ : 13660403; 45,25 $)

L’Espagne est reconnue pour offrir des vins aptes au vieillissement. La maison Ijalba assure une production qualitative d’année en année. Ce Reserva propose des arômes de cèdre, de cerise et des notes herbacées. Soutenu par un élevage en fût, doté d’une bonne vigueur tannique, d’une acidité croquante et d’une belle maturité du fruit, ce vin a tout pour passer à travers quelques années encore.

Teroldego 2016, Vigneti delle Dolomiti, Foradori (code SAQ : 12098746; 70 $)

Le teroldego, cépage moins connu, est à l’origine de ce vin élaboré dans le Trentin-Haut-Adige au nord de l’Italie. Cultivé sous les principes de la biodynamie, il est déjà excellent, mais encore tout jeune. Éclatant et vibrant, il offre une bouche riche en saveurs, une texture veloutée et une belle longueur soutenue par des notes poivrées et animales. Parce qu’une bouteille n’est pas suffisante, on se réjouira qu’il y en ait l’équivalent de deux dans ce magnum. Délicieux et élégant!

Santé!