L'évidence du goût bouchonné

« Si un vin est bouchonné, vous allez vous en apercevoir tout de suite. C'est impossible à manquer ! » Cette phrase, je l'ai entendue souvent en restauration. Avant de travailler en sommellerie, je n'avais encore jamais senti de vin bouchonné. J'imaginais donc que lorsque j'ouvrirais pour la première fois un vin bouchonné, l'odeur se répandrait dans toute la pièce. Nuance ! Ce n'est pas aussi évident que ça en a l'air.
« Si un vin est bouchonné, vous allez vous en apercevoir tout de suite. C'est impossible à manquer ! » Cette phrase, je l'ai entendue souvent en restauration. Avant de travailler en sommellerie, je n'avais encore jamais senti de vin bouchonné. J'imaginais donc que lorsque j'ouvrirais pour la première fois un vin bouchonné, l'odeur se répandrait dans toute la pièce. Nuance ! Ce n'est pas aussi évident que ça en a l'air.
Le liège utilisé dans la confection des bouchons provient d'un arbre que l'on nomme, en latin, le Quercus Suber. Le Portugal, grâce à son climat humide et la fertilité de ses sols, en est le principal producteur. Au 16e siècle, on servait le vin tiré directement des fûts, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que le vin mis en bouteille se bonifiait avec le temps. Depuis le début du 17e siècle, on a donc recours au liège pour fermer les bouteilles. 
Ce matériau offre plusieurs avantages : il possède une élasticité et une souplesse lui permettant de se compresser et d'épouser la forme du goulot de la bouteille. Ayant une faible densité, il est d'une grande légèreté. Il présente également une imperméabilité élevée et il est d'une grande durabilité, puisqu'il ne pourrit pas facilement.
Cependant, comme il y a toujours deux côtés à la médaille, il peut aussi laisser un goût de bouchon dans le vin. Le côté bouchonné est souvent dû à une molécule chimique, soit le 2,4,6-trichloroanisole (TCA). Cette molécule apparaîtrait lors du nettoyage du liège alors qu'elle est en contact avec des produits désinfectants. Le TCA peut aussi s'attaquer au bois. Bien sûr, au cours des dernières années, d'autres solutions ont été mises sur pied pour contrer cette problématique. Nous pourrons explorer ces alternatives dans une prochaine chronique.
Comment savoir si votre vin est bouchonné ? Au nez, le vin aura des odeurs de moisissure, de champignon, de poussière et, bien sûr, de liège ! 
Une fois en bouche, il ne sera pas très goûteux et le fruit sera moins prononcé. Bref, au goût le vin sera fade. Est-ce aussi facile à détecter ? Pas toujours. 
L'intensité varie d'une bouteille à l'autre. 
En effet, parfois il est possible de le sentir de la coupe de votre voisin, mais dans d'autres cas, c'est plus subtil. J'ai déjà fait l'expérience d'apporter un vin bouchonné dans un groupe d'étudiants en restauration et peu d'entre eux avaient décelé le défaut. 
De ce fait, il se peut que vous ayez même déjà bu une bouteille complète d'un vin bouchonné sans le savoir. Si toutefois, vous vous en apercevez, sachez que la SAQ a une politique de retour à cet effet. 
En terminant, je vous suggère un vin doté d'un bouchon de liège et qui se bonifiera d'ici quelques années, soit le Penedès, Mas la Plana, Miguel Torres (Code SAQ : 12663282 ; 61,75 $). Ce vin d'Espagne à base de cabernet sauvignon fait la renommée de la maison Torres depuis longtemps. Structuré, racé, complexe et puissant, il est bien connu des amateurs de vin, qui en achètent en plusieurs exemplaires pour leur cave à vin. 
Santé !